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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 13:18

Billet d’humeur n°33 d’André Silver Konan: “Dirigeants africains, allez à l’école de Tsipras le Grec, assumez !”

Alexis Tsipras, 41 ans, Premier ministre grec depuis janvier 2015. Ecce homo, voici l’homme. Voici le modèle de leader politique courageux que je veux pour mon Afrique. Parce qu’il assume...

Rien à voir avec nos néo-anti-colons d’Afrique, forts en gueule le jour, faibles en compromissions la nuit, avec ceux qu’ils pourfendent, souvent, sans raison apparente, si ce n’est pour se donner une contenance personnelle.

Parce qu’il assume, Tsipras a dit “Non” au plan de remboursement de la dette de son pays, concocté par les créanciers de l’Union européenne, la toute puissante Allemagne de la non moins puissante chancelière Angela Merkel, en tête.

Parce qu’il assume, Tsipras ne s’est pas contenté d’enflammer ses concitoyens avec des discours lénifiants aux accents nationalistes. Il est passé à l’acte, avec un référendum populaire, où il a clairement affiché (d’autres se seraient contentés de dire que le choix appartient au peuple, n’auraient pas appelé publiquement à voter Non, mais auraient ameuté, dans l’ombre, leurs troupes, à aller dans ce sens) sa position. Il a d'abord refusé de se plier aux ultimatums des créanciers et a appelé à voter “Non” au plan de l’Europe, et son peuple l’a suivi à plus de 60%, parce qu’il assume.

Aujourd’hui, parce qu’il assume, il demande un abandon pur et simple d’une bonne partie de cette dette astronomique (il faut toutefois faire remarquer que la dette grecque n’a pas été imposée aux Grecs par les créanciers, elle est le fruit amère d’une longue période de gestion hasardeuse de certains dirigeants grecs) qui étouffe sans discontinuer, son peuple. Et je suis convaincu qu’il obtiendra gain de cause, au moins partiellement, parce qu’il assume.

Parce qu’il assume ses choix, Tsipras ne rejette pas la responsabilité sur les autres. Suivez mon regard... En Afrique, les coupables désignés sont connus: la France, les États-Unis, l’impérialisme et le colon.

Dans son gouvernement de douze membres, aucune femme (je ne suis pas d’accord avec ce machisme) et il l’assume. Pour arriver à la “Primature”, il a refusé de prêter serment sur la Bible et devant le Pape, une coutume vieille comme la démocratie grecque et il l’assume.

Parce qu’il assume, Tsipras ne clame pas à longueur de journée qu’on veut l’assassiner, qu’un plan ourdi de l’intérieur, avec des soutiens de l’étranger (le classique de la théorie du complot) vise à le destituer. Il fait son job. Le job de la bête politique, du politicien courageux qui assume.

Dirigeants africains, allez à l’école de Tsipras le Grec, assumez !

André Silver Konan

Journaliste-écrivain

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 20:22
Y’en a marre des abus sexuels de soldats français en Afrique !

Billet d’humeur n°32 d’André Silver Konan : « Y’en a marre des abus sexuels de soldats français en Afrique !»

En moins de quatre mois, c'est la deuxième affaire qui implique des soldats français en Afrique. En Centrafrique, en avril dernier, quatorze soldats français étaient accusés d'abus sexuels sur mineurs. Depuis avant-hier, c'est au Burkina Faso où deux soldats français sont accusés d'attouchements sexuels sur des petites filles.

Alors je m'interroge. Pourquoi n'entend-on jamais que des soldats français ont été accusés d'abus sexuels sur mineur(e)s en France, pays de base de toute l'armée française estimée à environ 300 000 hommes et femmes ?

Pourquoi alors est-ce qu’en Afrique, principalement en Centrafrique, où ils sont 1 600 et au Burkina Faso où on ne compte que 250 soldats, qu'on entend ce genre de choses parfaitement ignobles, impliquant des soldats de l’ex-puissance coloniale ?

De deux cas, l’un. Premier cas : la hiérarchie militaire en France sélectionne cyniquement certains pervers narcissiques, en vue de les « déverser » en Afrique. Cette hypothèse me parait absolument invraisemblable.

Dans le deuxième cas, il y a encore deux cas. Soit certains soldats qui viennent en Afrique, développent un sentiment d'impunité qu’ils n’auraient jamais développé, dans aucune base en France. Soit, une fois en Afrique, ils sont animés par un complexe de supériorité, qu’ils n’auraient jamais eu face à des enfants en France.

Je penche pour la deuxième hypothèse. Et cela me révolte doublement. Y'en a marre !

André Silver Konan

Journaliste-écrivain

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 11:01
Panel sur les médias traditionnels et les réseaux sociaux : Intervention d’André Silver Konan

Invité à prononcer une conférence sur le thème « Les médias traditionnels et les réseaux sociaux, complémentarité ou rivalité », au Forum international de la formation et de l’emploi (FIFE), le journaliste-écrivain et communicateur André Silver Konan, spécialiste des réseaux sociaux, a instruit les panélistes, à l’auditorium de la Caistab au Plateau (Abidjan), le jeudi 11 juin 2015.

J’ai été invité par les organisateurs du Forum international de la formation et de l’emploi (FIFE) à animer le panel sur le thème suivant : « Les médias traditionnels, les réseaux sociaux : rivalité ou complémentarité ».

Pour commencer, je vais vous faire partager les résultats d’un constat personnel. Il y a quelques jours, M. Essy Amara, un homme politique bien connu en Côte d’Ivoire, a accordé une interview à un média international. De larges extraits de cette interview ont été repris par les médias traditionnels, notamment les journaux et par de nouveaux médias comme des sites Internet sérieux. Comme j’aime le faire, davantage pour susciter le débat, j’ai publié un extrait de son intervention, sur ma page officielle Facebook et sur mon compte Twitter. J’ai été surpris de constater que la plupart des intervenants sur mon post, considéraient cette information comme exclusive. Explication : ils n’avaient ni lu les journaux, ni lu les sites Internet, ni écouté la radio.

Deuxième exemple : le week-end passé, des machinistes de la Sotra ont observé un arrêt de travail brutal, sur le boulevard Nangui Abrogoua d’Adjamé, au motif que l’un de leurs collègues avait été brutalisé par un élément de la garde rapprochée du commandant de la Marine. L’information a créé le buzz sur les réseaux sociaux. Grande a été cependant, ma surprise, de constater que l’information n’a pas été reprise, en tout cas, à ma connaissance, par les médias traditionnels. Explication : les journalistes de ces médias n’ont pas eu le flair de récupérer l’information ou ne l’ont pas vu passer.

Complémentarité

J’ai cité ces deux exemples pour démontrer que les médias traditionnels et les réseaux sociaux, sont absolument et nécessairement, pour le consommateur de l’information publique, deux sources complémentaires d’information. Et chaque média (traditionnel ou social) étend davantage son influence. L’exemple le plus patent, en ce qui me concerne, est l’affaire des disparitions d’enfants à Abidjan, en début d’année. Vers la fin du dernier trimestre 2014, il ne se passait pas une semaine, sans que je sois alerté par des proches d’enfants disparus, pour une campagne de mobilisation autour d’un enfant. Sur les réseaux sociaux, notre mobilisation a permis qu’un enfant à Marcory soit rapidement retrouvé, qu’un autre qui avait été pris en otage par des jeunes du quartier, en vue de rançonner ses parents, soit aussi retrouvé à Adjamé. Cependant, il manquait quelque chose. Les médias traditionnels ne s’étaient pas encore emparés de l’affaire. A la mi-janvier, j’ai publié une tribune dans le quotidien progouvernemental Fraternité Matin, où j’invitais le gouvernement à assumer ses responsabilités régaliennes. La tribune a été abondamment relayée par les sites Internet et les réseaux sociaux. Deux jours après, le gouvernement prenait des mesures vigoureuses. Et sauf erreur de ma part, ces mesures ont relativement payé, puisque j’entends de moins en moins d’histoires sur des cas d’enlèvements d’enfants.

Rivalité

Mais il ne faut pas s’y méprendre. Les nouveaux médias, réseaux sociaux y compris, sont de sérieux concurrents des médias traditionnels. Il n’y a qu’à voir comment les journaux tournent la page de leur propre survie. France Soir en France est le symbole de la fin de règne continue des médias traditionnels, vaincus par l’influence croissante des réseaux sociaux.

En Côte d’Ivoire, les chiffres parlent d’eux-mêmes. En effet, bien que le taux de pénétration d’Internet est faible. En février 2014, le ministère de la Poste et des TIC indiquait qu’il y avait près de 200 000 abonnés à Internet. Pendant ce temps, Facebook dressant son tableau des pays africains utilisant sa plate-forme, indiquait en avril de la même année, que la Côte d’Ivoire avait dépassé le million d’utilisateurs, soit exactement 1 260 000 abonnés. Alors question : comment alors qu’il y a 200 000 abonnés à Internet, l’on peut être plus d’1.2 millions d’utilisateurs de Facebook ? Eh bien, l’explication est simple. Pour avoir accès à Facebook sur son téléphone portable (à la même date, le pays comptait 19.7 millions d’abonnés aux réseaux cellulaires), on n’a pas besoin de s’abonner à Internet. Il suffit d’installer une application sur son téléphone et de payer directement son accès, à partir de son numéro de téléphone.

Ceci explique pourquoi les réseaux sociaux deviennent de plus en plus puissants et dévoilent des affaires qui deviennent des affaires d’État. Exemple : affaire Awa Fadiga, du nom de cette jeune femme mannequin qui a été violemment éjectée d’un taxi par des agresseurs et qui a trouvé la mort, dans les locaux du Chu de Cocody. Exemple encore : affaire Habib Fall, du nom de ce jeune homme tué par un magistrat à Cocody. La mobilisation exceptionnelle de la toile a abouti à l’arrestation du tueur présumé, qui fait partie d’un corps jugé jusque-là intouchable, en Côte d’Ivoire.

Perspectives

En clair et en conclusion, les médias traditionnels ont tous et irrévocablement un destin commun : la transition vers le numérique. Le propriétaire d’un journal papier qui ne réfléchit pas à un nouveau modèle économique qui associerait le print (l’imprimé) à la version numérique, ne survivra pas après 2020. Évidemment, le propriétaire de ce journal n’atteindra même pas 2020, s’il n’associe pas ce journal à un site Internet dynamique et des comptes sur les réseaux sociaux, et surtout s’il ne développe pas des applications, pour avoir accès aux utilisateurs de smartphones. La télévision, même si elle reste le média d’influence, par excellence, n’échappe pas à cette perspective.

Une télé et une radio qui ne seraient pas visibles à partir d’un site Internet (personnellement, il m’est déjà difficile de m’asseoir devant un poste téléviseur, pour regarder une émission, je préfère regarder mes émissions à partir des sites Internet) court vers la perte croissante de son audimat. Les médias traditionnels ne peuvent pas et ne doivent pas mourir au profit des réseaux sociaux. Pour une raison toute simple : sur les réseaux sociaux, il y a souvent trop de rumeurs, voire de voyeurisme ; c’est un endroit où du jour au lendemain, on voit naître des journalistes d’un genre nouveau, qui ignorent tout de la déontologie du métier et qui publient les informations aussi vite qu’ils tapent sur un clavier, tout en se moquant royalement des principes de vérification de l’information, du recoupement des sources, etc. .

Merci pour votre attention. J’attends les questions pour mieux échanger.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 22:03

Chronologie des évènements

 

 

 

 

Date

Incidents

3 décembre 2010

Des jeunes patriotes appuyés par des FDS venant de Duekoué attaquent la communauté allogène de Bagohouo faisant sept morts par balle.

 

 

16 décembre 2010

Violences intercommunautaires à Fengolo à la suite d’une attaque menée par les FDS et les Jeunes patriotes. L’attaque a été repoussée par les dozos qui ont subi trois pertes en vie humaine.

Attaque et prise de Bangolo par les FAFN

Marche RHDP à Abidjan et dans les autres villes du pays.

3 au 5 janvier 2011

Affrontements entre Malinké et Guéré au quartier Kokoma.

16 janvier 2011

Les FDS-CI se sont installés à Boyapleu et y ont passé près d’un mois. C’était une équipe de 20 éléments dont la moitié (10) se relayait tous les deux jours. Ces éléments étaient composés essentiellement de Guéré, Bété et Attié.

22 février 2011

Arrivée vers 3h00 à Boyapleu de 15 cargos remplis de FDS, miliciens et mercenaires qui chantaient en français et en guéré qu’ils allaient libérer  Danané et Man « On va installer Gbagbo, on va manger Yacouba ».

23 février 2011

Attaque par les FANCI des positions FAFN à Bounta (Danané), violant ainsi le cessez-le-feu ; Cette attaque s’est soldée par la déroute des FDS et des miliciens qui les soutenaient.

 

 

24 février 2011

Prise de Teapleu par les FAFN

Attaque de Boyapleu par les FDS et miliciens, repoussée par les FAFN. Prise de Zouan Hounien par les FRCI

Les miliciens se déploient dans la ville de Toulepleu. Ils pillent les maisons et magasins. La population apeurée commence à partir de la ville.

25 février 2011

Attaque de Bin Houye. Les FAFN ont été repoussées pendant trois heures par les miliciens avant de prendre la ville.

28 février au  2 mars 2011

Combat à Goulaleu et prise de la ville

4 mars

Attaque des FDS, patriotes, miliciens et mercenaires libériens Pehe. Ils passaient de village en village, et de campement en campement pour s’en prendre aux populations allogènes. Plusieurs personnes ont été tuées à GriéI, Paobli, Baobli, Diahi, Méo, Péhé.

6 mars 2011

Affrontement entre FAFN et miliciens de 6h00 à 14h00 à Toulepleu. Les populations qui étaient encore sur place sont restées cloîtrées chez elle. Les FRCI ont ensuite entamé le  « ratissage » de maison en maison.

9 mars

Les miliciens et mercenaires libériens attaquent lfa (Blolequin) en frappant et molestant les populations. Ces dernières ont fui pour se réfugier à Blolequin.

12 mars 2011

Attaque de Toulepleu

13 mars

Hostilités entre FDS-FAFN à Doké. Rudes combats qui ont duré 10 jours. Les FDS ont repris la ville du 18 au 19 mars. Ensuite reprise par les FAFN le 21 mars.

14 mars 2011

Les membres du COJEP, érigent des barrages à Sahibly (Toulepleu), pillent et extorquent les biens des populations. Empêchent les populations allogènes et étrangères de vaquer à leur occupation et d’accéder aux champs.

17 mars 2011

Signature par M. Alassane Dramane Ouattara, Président de la République, de l’ordonnance no 2011-002 du 17 mars 2011 portant création des Forces républicaines de Côte d’Ivoire qui consacre définitivement l’unification des Forces Armées Nationales (FANCI) et des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN).

18 mars 2011

Massacre de PDI à la préfecture de Blolequin par un groupe de miliciens dirigé par un certain Bob Marley

 

Prise de la ville de Toulepleu par les FRCI

20 et 21 mars

Attaque de Ifa situé à 30 km de Blolequin par les miliciens et mercenaires libériens. Cibles, les Burkinabè, Baoulé et Malinké.

21 mars 2011

Prise de Blolequin par les FRCI

23 mars

Braquage entraînant la mort d’un jeune guéré à Niambly, près de Duekoué

 

 

 

24 mars

Trois Baoulés tués en représailles par des miliciens à Niambly.

Le 24 mars, en vue de contrer les avancées des FRCI à l’ouest et de protéger le « verrou » de la ville de Duekoué, Colombo et Bah Roland auraient reçu du ministre de l’intérieur une enveloppe de 10 millions destinés au recrutement de mercenaires et à l’enrôlement de nouveaux miliciens.

 

 

 

28 mars 2011

Attaque de Duekoué par les FANCI depuis Guessabo vers 6h00 du matin

8h00 arrivée des premiers déplacés au camp de l’ONUCI à Duekoué

Neuf ressortissants de la CEDEAO sont égorgés au quartier Nazareth par des miliciens, puis jetés dans un caniveau d’eau usagée.

30 mars

Prise de la ville de Duekoué par les FRCI

31 mars

Prise de la ville de Guiglo par les FRCI qui ont pris la ville en tenaille. Une première équipe venait de Duekoué après la prise de cette ville le 29 mars et une deuxième équipe venait de Teapleu (Danané).

 

 

2 avril 2011

Des miliciens guérés tuent une famille de 11 personnes à Bantroya dans le Département de Bakoubly.

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 14:02

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Sadi Carnot, président français de l'époque

 

10 mars 1893. Il a exactement 122 ans, jours pour jour, qu'un certain Sadi Carnot, alors président français, signait le décret créant la colonie de Côte d'Ivoire. En exclusivité, je vous livre ce décret resté longtemps méconnu (NDLR).

Article 1er

Les colonies de la Guinée Française, la Côte d’Ivoire et du Bénin constituent trois colonies distinctes qui sont classées parmi les colonies du premier groupe énumérées par l’article 4 du décret du 2 février 1890.

L’administration supérieure de chacune de ces colonies est confiée à un gouverneur assisté d’un secrétaire général.

Article 2

Les gouverneurs de la Guinée française, de la Côte d’Ivoire et du Benin exercent dans toute l’étendue de leurs colonies respectives, les pouvoirs déterminés par les décrets et règlements en vigueur, et notamment par l’ordonnance organique du 7 septembre 1840.

Article 3

Le gouverneur de la Guinée française est chargé de l’exercice du protectorat de la République sur la Fouta-Djalon et les territoires avoisinants. Le gouverneur de la Côte d’Ivoire est chargé de l’exercice du protectorat de la République sur les Etats de Kong et les autres territoires de la boucle du Niger. Toutefois les Etats de Samory et de Thiéba restent sous la juridiction du commandant supérieur du Soudan français. L’action du gouvernement du Bénin s’étendra sur tous les Etablissements compris entre la colonie anglaise de Lagos et la colonie allemande du Togo et sur les territoires de l’intérieur.

Article 4

Le service du trésor est assuré dans chacune des colonies par un trésorier-payeur.

Article 5

 Sont abrogées toutes les dispositions contraires au présent décret »

Sadi Carnot

 

NB: L’ordonnance du 7 septembre 1840 relative au Sénégal et à ses dépendances fut alors applicable à la Côte d’Ivoire. La colonie devait être administrée par un gouverneur et deux chefs d’administration assistés d’un conseil d’administration (vous avez bien lu, Lol). Ce conseil était composé du gouverneur, des deux chefs d’administration et de deux notables.


André Silver Konan

Journaliste-écrivain

 

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 10:19

 

C’est un fait. De nombreux enfants disparaissent depuis des mois à Abidjan, et cela commence à bien faire. Depuis quelques semaines, je suis personnellement certaines affaires et je suis arrivé à une conclusion implacable: il existe à Abidjan un véritable réseau de pervers et de sadiques, qui menacent la sécurité de nos enfants, mais pas seulement. Dans ces affaires de disparition, nous les parents, sommes responsables, dans de nombreux cas. Explications et propositions.


Il y a quelques semaines, j’ai été saisi du cas d’un enfant disparu à Marcory. Avec des amis, nous avons mené une campagne sur les réseaux sociaux. Très vite, cette campagne a payé. Une dame qui avait recueilli le gamin, la veille, a vu les publications et a juste appelé le numéro affiché. L’enfant qui connaissait à peine son nom, encore moins celui de ses parents et leur lieu d’habitation, a pu ainsi retrouver les siens. Des explications fournies par la mère, il ressort que la veille, celui-ci avait suivi des élèves, à la sortie de l’école. Conclusion ? Les parents de l’enfant ont manqué de vigilance, puisque celui-ci n’aurait pas suivi d’autres élèves, si un adulte l’attendait à la sortie de l’école.

 

De la responsabilité des parents

 

Les histoires de ce genre sont légion, dans le cadre des disparitions d’enfants. La rubrique créée, il y a quatre ou cinq ans par la télévision ivoirienne (Rti), sur les enfants disparus qui recherchaient leurs parents, est l’une des preuves que les parents ont une nette responsabilité dans la disparition de leurs enfants. De mémoire de défenseur des droits des enfants, je n’ai pas encore eu connaissance d’un enfant enlevé alors qu’il était accompagné par un adulte.

Les parents  doivent donc changer radicalement de comportement, et  surveiller permanemment leurs enfants, comme cela se fait en Europe, sans toutefois verser dans la paranoïa. Oublions notre bonne vieille culture africaine de respect, à la limite mystique, pour “l’étranger”, et ne donnons l’occasion à personne de s’approcher de nos enfants. Bref. N’envoyons plus nos enfants acheter seuls de l’huile à la boutique, ne les laissons plus aller seuls à l’école ou jouer dans la rue... Surveillons nos enfants tout le temps et en tout lieu.

 

De la responsabilité de l’Etat

 

Ne nous y méprenons pas. Le phénomène de disparition des enfants ne date pas d’aujourd’hui. Si nous nous en émouvons aujourd’hui, c’est parce que les nouveaux médias offrent la possibilité à de nombreuses personnes d’être alertées. Cependant, le phénomène devient de plus en plus sérieux, surtout quand on reçoit des images insoutenables d’enfants atrocement mutilés, par des criminels obscurantistes (cybercriminels ou “brouteurs”, marabouts, trafiquants d’organes humains, etc.) La responsabilité de l’Etat est donc grande. Voilà pourquoi je fais ces trois propositions.

 

Proposition 1

Le ministère de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l'Enfant pourrait initier une grande campagne de sensibilisation, à l’endroit des parents et des enfants. Cette campagne tournerait autour de la vigilance et de la responsabilité des parents, ainsi que de la prudence des enfants.

 

Proposition 2

Le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité pourrait créer une unité spéciale de police chargée d’enquêter exclusivement sur les crimes contre les enfants, y compris les crimes sexuels contre mineurs. En France, il existe un Office central pour la répression des violences aux personnes (Ocrvp), chargé, entre autres, d’enquêter sur les violences sexuelles, les séquestrations et enlèvements.

En Côte d’Ivoire, une Unité spéciale de répression des violences aux enfants, pourrait être créée. Elle serait composée de policiers, de psychologues, de sociologues et d’assistants sociaux, qui enquêteraient sur les cas de disparition d’enfants. Il n’y a que des enquêtes coordonnées par des experts, qui pourraient très vite identifier les réseaux criminels qui sévissent en toute impunité.


Proposition 3

Le ministère de la Justice, des Droits de l'homme et des Libertés publiques pourrait spécialement confier la gestion des affaires de ce genre à des juges d’instruction et des procureurs formés dans ce sens. Le rôle de ces derniers ne se limiterait pas à la poursuite des criminels, ils devraient aussi poursuivre les parents d’enfants perdus (retrouvés ou non), coupables de négligence.


Il est vraiment temps que l’Etat affronte les criminels qui enlèvent et mutilent nos enfants dans son devoir régalien, mais il est aussi temps que nous, parents d’enfants, assumions notre responsabilité sociétale. Trop c’est trop !

 

André Silver Konan

Journaliste-écrivain

Source: Fraternité Matin

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 10:36

Selon les Autorités, ce sont pas moins de 100 000 véhicules qui devraient passer, chaque jour, sur le pont Henri Konan Bédié. Avec ce chiffre, je pense que le Gouvernement pourrait faire un grand cadeau de fin d’année aux Abidjanais, en fixant des tarifs de passage, accessibles à tous. Voici donc mes propositions, et j’expliquerai pourquoi elles me paraissent judicieuses.

 

-         300 FCFA pour les véhicules personnels et les taxis ;

-         500 FCFA pour les cars de moins de 32 places (transport ou non)

-         1 000 FCFA pour les cars de plus de 32 places et les gros camions.

 

Remboursement de la dette


Avec ces tarifs, en partant d’une moyenne de 500 FCFA par jour, on a une recette quotidienne de 50 millions FCFA et 1.5 milliard FCFA par mois. Cela donne 18 milliards FCFA par an. En dix ans, sans tenir compte du nombre de véhicules qui va certainement passer du simple au double, et les frais de fonctionnement, le péage aura rapporté 180 milliards FCFA, largement suffisants pour rembourser la dette de 152 milliards FCFA, contractée par l’Etat et Bouygues (les deux associés majoritaires de l’entreprise qui gère le pont), auprès de la Banque africaine de développement (BAD). Si non et dans le pire des scénarii, étant donné que l’exploitation du pont devrait durer 30 ans (si je ne m’abuse), les partenaires au projet, ont tout le temps d’entrer dans leur fonds, avec ces tarifs.

 

Pouvoir d’achat


Je propose ces tarifs parce qu’avec 300 FCFA, les propriétaires de véhicules personnels ne perdraient rien, bien au contraire. Ils épargneront sur le prix du carburant qu’ils payaient jusque-là en passant par le pont De Gaulle au Plateau, et cette somme relativement dérisoire, n’aurait pas d’impact sur leur portefeuille. Quant aux taxis et autres wôrô wôrô, avec 500 FCFA, ils ne feront pas exploser le titre de transport, entre Riviera et Marcory. Mieux, le tarif pratiqué actuellement sur le trajet, devrait baisser et cela profiterait à leurs clients qui se rendent habituellement de Riviera à Marcory, Koumassi et Port-Bouët (et vice-versa).

 

Bénéfice politique


Etant donné que l’incidence sur le pouvoir d’achat serait importante, le pont HKB, en plus d’être devenu un lieu de tourisme intérieur, et de footing quotidien (il y a donc une incidence sur la santé), serait un véritable outil de développement dans la zone Cocody, Marcory, Koumassi, Port-Bouët (l’épargne sur les frais de transport servirait à la consommation); et serait présenté comme l’un des ponts à péage les moins chers au monde (300 FCFA, soit 0.45 euros). Tout cela sera mis au compte du Président Alassane Ouattara, au moment où la pilule du double péage sur l’autoroute du Nord passe encore difficilement.

A ceux qui disent qu’ « on ne mange pas la route », il faut bien montrer, par un péage accessible, que « la route fait manger ». Telle est ma doléance pour la nouvelle année. A bon entendeur, salut ! L’expression n’est pas de moi…

 

André Silver Konan

Journaliste-écrivain

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 08:53

La situation est de plus en plus confuse au Burkina Faso, entre autres parce que nous sommes dans un cas exceptionnel de vide constitutionnel. En effet, l’article 43 de la Loi fondamentale dans son premier alinéa stipule que « lorsque le Président du Faso est empêché de façon temporaire de remplir ses fonctions, ses pouvoirs sont provisoirement exercés par le Premier ministre ». Dans le cas présent, le gouvernement a été dissous et il n’est pas sûr que Blaise Compaoré veuille céder le pouvoir à Luc Adolphe Tiao, les manifestants encore moins.


Le deuxième alinéa de l’article 43 qui règle la question de la « vacance de la Présidence du Faso, pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement absolu ou définitif constaté par le Conseil constitutionnel saisi par le Gouvernement », stipule que « les fonctions du Président du Faso sont exercées par le Président du Sénat ». Problème : il n'y a pas de Sénat au Faso.

 

Ma proposition

Elle relève de ma volonté de voir ce pays où je compte tellement d’amis que quand je suis à Ouagadougou, j’ai l’impression d’être à Bouaké où j’ai fait mes études secondaires ; sortir pacifiquement de cette spirale de violence. On parle déjà de plusieurs dizaines de morts.


Ma proposition a le mérite de respecter la constitution et de tenir compte de la volonté des manifestants (remarquez que je n’utilise pas le terme « peuple »). A mon avis donc, Mohamed Ibn Chambas, l’envoyé spécial de l’Onu (notez que l’UA a une fois de plus manqué de prendre un leadership sérieux sur une crise sérieuse en Afrique), qui devrait être arrivé à Ouagadougou, à l’heure où j’écris ces lignes ; devra nécessairement obtenir la démission de Blaise Compaoré dans les meilleurs délais, et l’amener à s’exiler dans un pays hors de l’espace Cedeao. Auparavant, je propose qu’il parvienne à faire nommer par celui-ci, un nouveau Premier ministre.


Et qui vois-je ? Le Général Kouamé Lougué ! Ce général à la retraite, révolutionnaire des années Sankara, est populaire au sein des troupes et jouit de la confiance des manifestants (pas forcément de tous les opposants).


Après tout, la constitution ne dit-elle pas, dans son article 46, que « le Président du Faso nomme le Premier ministre au sein de la majorité à l’Assemblée nationale » ? Le Général à la retraite est après tout, issu du système Compaoré. Et justement cette disposition constitutionnelle fait qu’il apparaîtrait illégale, la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition.


Ceci évidemment, n’est qu’une proposition idéaliste dont l’objectif est d’éviter absolument une prise de pouvoir non constitutionnelle. La réalité elle, se trouve dans les rues de Ouagadougou. Les évènements pourraient se précipiter aujourd’hui vendredi, après le « jeudi noir » d’hier, survenu précisément vingt-sept ans et deux semaines après le « jeudi noir » du 15 octobre 1987 qui a vu la « mort naturelle » de Thomas Sankara.

L’histoire est un recommencement, mais elle n’enseigne jamais les esprits entêtés. Qui vivra verra !

 

André Silver Konan,

Journaliste-écrivain

Spécialiste du Burkina Faso

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 17:44

En novembre dernier, lors d’un forum sur le panafricanisme organisé à Ouagadougou où j’ai été convié, j’avais déclaré que je me méfiais de cette expression, surtout quand elle était utilisée par un politique. Je n’avais pas été bien compris par certains participants.


J’avais expliqué que le panafricanisme était devenu, en tout cas à notre temps (je ne parle pas du temps de nos pères), le refuge de politiques qui avaient un problème avec la démocratie, singulièrement l’alternance. J’avais déclaré, et cela avait suscité quelques mécontentements, que je prédisais que cette propension à brandir le panafricanisme était aux portes du Burkina Faso, que dis-je, du palais de Kosyam ; alors que je voyais se former dans le ciel ensoleillé de Ouagadougou, des soupçons de nuages de modification de la Loi fondamentale. Presqu’un an après, je note à ma grande honte, que ma prédiction est en train de se réaliser.

Au Burkina Faso, un panafricaniste de la 25è heure est en train de naître et il aura, je vous l’assure le soutien de nombreux militants « panafricanistes » d’Afrique et d’Europe. Parce que les politiciens de tous les continents ont compris qu’il est plus facile de rallier des masses à leur cause, par de grands mots, plutôt que par de petits actes.


Lisez plutôt : « Vous ne verrez pas le Burkina aller se mêler de comment on organise la vie politique en France, aux USA. Ce que nous souhaitons, c’est la liberté d’organiser la vie politique de notre pays. On ne va pas se mêler des lois américaines, françaises et autres, nous Africains. Je comprends difficilement qu’on soit toujours prompt à nous dire où il faut aller, où il ne faut pas aller, qu’est-ce qu’il faut faire. » (Blaise Compaoré, sur la BBC).


Ce langage, je l’ai déjà entendu dans bien de contrées africaines, ces dernières années, de la Côte d’Ivoire sous Laurent Gbagbo au Tchad d’Idriss Déby, en passant par la Guinée de Dadis Camara... Ainsi naissent nos panafricanistes africains du 21è siècle !

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André Silver Konan, Journaliste-écrivain

 

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 17:04

A mon avis, la stratégie de défense des avocats de Blé Goudé qui consiste à  présenter ce dernier comme un « point insignifiant » de la nébuleuse patriotique cuvée 2002, sera difficilement tenable, d’autant qu’elle contient les termes de sa propre contradiction. Je m'explique.


Quand Me Kaufman dit : "Nous démontrerons que Charles Blé Goudé n'est pas le chef de cette galaxie patriotique. Il n’est qu'un point insignifiant et nous renverrons l'accusation dans le trou noir de l'histoire", Me N'Dri dit: ‘’Si la Côte d’Ivoire a accepté Guillaume Soro, le rebelle, comme Premier ministre c’est grâce à un homme. Charles Blé Goudé. Il a entamé une caravane de la paix à travers le pays pour désarmer les cœurs et demander aux Ivoiriens d’accepter Soro dans ses nouvelles fonctions’’.


Le mérite du « premier avocat ivoirien » (l’expression est de lui-même) de l’ex-Général de la rue (cette expression n’est pas de moi), est sans doute de vouloir présenter Blé Goudé comme un homme de paix. Seulement question : un homme qui entame une caravane pour que les Ivoiriens acceptent un rebelle, est-il "un point insignifiant" ? La défense chercherait à donner des arguments à l'accusation, pour convaincre les juges que si Blé Goudé n'est pas le chef de la nébuleuse patriotique, au moins, il en est l’un des leaders ; qu'elle ne s'y prendrait pas autrement.

Et comme devant la CPI, la responsabilité est individuelle, que les autres leaders patriotiques soient en liberté ou que leurs alter-ego de l’ex-rébellion bénéficient du même air de liberté, cela ne change rien à la condition actuelle de « Zouzou wôwô » (un surnom qu’il affectionne bien).


Pour la procureure, ce sera donc comme dans un jeu d'awalé, qui consiste à jouer le plus, pour gagner le moins, en utilisant le propre jeu de l'adversaire. L'objectif restant le même: confirmer les charges contre Blé Goudé, puisqu'à cette étape de la procédure, point besoin de grand déballage, juste montrer que Blé Goudé a joué un rôle plus ou moins important dans le système Gbagbo.


Je pense et je peux me tromper, qu'à cette audience de confirmation des charges, si la défense cherche à démontrer que Blé Goudé est "un point insignifiant" (je suis sûr que même à Blé Goudé, cet incroyable déni, fait marrer), c'est bien parce qu'elle a compris que c'est la nébuleuse patriotique qui est en procès. Si vous voulez, c'est comme si on prend un mafioso et que son conseil essaye de démontrer qu'il n'est qu'un petit "antichambriste" (expression de la Fesci qui désigne un petit exécutant), parce qu'il a compris qu'au-delà du mafioso, c'est la mafia elle-même qui est en procès.

Certes, et je l'admets, cette petite comparaison-digression est douteuse, du fait de mon histoire personnelle avec Blé Goudé, un homme avec lequel j’ai entretenu des rapports souvent tendus depuis notre débat télévisé après la signature de l’accord de Ouaga. Bref...


J'avais critiqué la méthode gagne-temps de Me Altit et le temps est en train de me donner raison. Aujourd'hui encore, je critique la stratégie de défense de Me Kaufman, qui détient certainement des réponses sur les photos éventées dans la presse de Blé Goudé; lesquelles photos ont précipité le départ à La Haye, de celui-ci... Je maintiens ma position que s'il n'y avait pas eu de photos, Blé Goudé, comme Simone Gbagbo, serait sans doute encore en Côte d'Ivoire. Mais avec des "si", on referait le monde, vous en convenez...Qui vivra verra !


André Silver Konan

Journaliste-écrivain

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