Abel Séa, 26 ans, est mort. Tué d’une balle sous la tempe par un policier. Junior Kouamé, 18 ans, est
mort des suites de ses blessures causées par une bouteille de gaz lacrymogène. Pendant deux jours, des femmes et des jeunes hommes ont pris les rues et bravé les balles assassines de la police
politique.
Quatre jours après, rien. Pas un seul mot, pas une seule action, pas un seul soupçon de compassion encore moins d’encouragement de l’opposition ivoirienne.
Abel Séa n’est pas descendu dans les rues pour crier qu’il ne pouvait plus de résister à la faim suite à un appel d’un parti politique. Junior Kouamé pour sa part ne participait pas à la marche.
La mort l’a trouvé à la maison. Mais leurs familles sont en droit, après leur assassinat, d’attendre de l’opposition ne serait-ce qu’un message de compassion. Hier, à notre connaissance ni le
Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, qui ambitionne de revenir au pouvoir) ni le Rassemblement des républicains (RDR, qui espère gouverner après le Front populaire ivoirien) n’ont mené de
démarche officielle à l’endroit des familles des jeunes victimes.
Laurent Gbagbo n’a aucun respect pour la vie humaine. C’est une lapalissade. Qu’il ne verse aucune larme sur les assassinats et les exactions des policiers ne surprend guère. C’est le contraire
qui aurait surpris. Mais que les principaux partis de l’opposition et surtout leurs dirigeants brillent par leur manque de solidarité, de soutien et de compassion à l’endroit des victimes de la
machine répressive du pouvoir, voilà qui est sidérant et autant désespérant.
L'opposition ivoirienne est fondamentalement désespérante. Ses leaders totalement coupés des problèmes sinon des Ivoiriens, à tout le moins du petit peuple, ont fatalement démissionné.
Laurent Gbagbo dont l’esprit de l’opposition était certes pernicieuse, avait néanmoins le mérite quand il était opposant de savoir saisir les problèmes du petit peuple même s’il en faisait une
exploitation honteusement politicienne.
Les victimes des déchets toxiques, des bavures policières, des escadrons de la mort, des manifestations sociales ne demandent pas que l’opposition fasse une récupération politicienne malhonnête
de leurs déboires avec le régime de sang de Laurent Gbagbo. Un « yako » ne leur ferait pour autant aucun mal.
Malheureusement c’est un exercice apparemment trop difficile pour « l’opposition la plus nulle d’Afrique », qui croit béatement que le petit peuple qui rejette foncièrement Laurent
Gbagbo pour tous les crimes sous son régime et pour son manque parfait de vision, lui offrira le pouvoir par dépit ou à défaut sur un plateau d’or non mérité.
Comme le dit le comédien « Dormez seulement. A Abidjan ici, dormez ! ».
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||