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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 22:37

Jean Djaha, membre du bureau politique du PDCI mis aux arrêts

Rebondissement spectaculaire dans l’affaire « préfet Edmond Ago contre des militants du PDCI de Grand Lahou ». Jean Djaha, membre du bureau politique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et deux autres militants du PDCI ont été mis aux arrêts lundi en milieu d'après midi, à l’issue d’une audition avec le juge d’instruction de la section du tribunal de Dabou qui les avaient convoqués.

Jean Djaha était à sa deuxième audition après celle du vendredi saint le 21 mars dernier. Contre toute attente, le juge d’instruction Huberson Ehouman a ordonné sa mise aux arrêts par des policiers à qui le parquet avait exceptionnellement fait appel et qui se sont rendus dans la cour de justice, en grand nombre avec des casques et des fusils à pompe. Jean Djaha a été aussitôt déféré à la prison civile de Dabou en même temps que deux autres personnes. Il s’agit de Michel N’Zi, chef du service technique du conseil général de Grand Lahou et de Yssouf Koné, chauffeur de son état.

 

La seconde mort de Usher

De source proche du tribunal, il devrait avoir une confrontation entre accusateurs et accusés. Celle-ci n’a pas eu lieu. Pourtant, le préfet qui était en compagnie de son épouse a été aperçu au tribunal où il a passé plusieurs heures. Les deux autres plaignants étaient aussi présents.

Les trois nouveaux prévenus ont rejoint quatre autres militants du PDCI convoqués et placés le même jour en détention préventive le vendredi saint. Ce sont Gaston Lago N’Drin, le coordonnateur de la Jeunesse du PDCI (JPDCI) et chef de cabinet du président (PDCI) du conseil général, Tovi N’Guessan, Paul Gnaba Avit et Philippe Guédé Gbo. Tous sont poursuivis par la justice suite à des plaintes déposées par le préfet du département de Grand Lahou Edmond Ago, du député (Front populaire ivoirien, parti présidentiel) Lakpa Amessan et depuis hier du dissident du PDCI aujourd’hui proche du camp présidentiel Antoine Ségui. L’acte d’accusation est principalement « vols en réunion, troubles à l’ordre public, incitation à la violence et destructions de biens publics ».

 

Plainte exclusive du préfet

L’affaire remonte au 14 décembre 2007 quand des populations de Grand Lahou ont décidé de marcher sur la préfecture pour obtenir une annulation d’un arrêté préfectoral expropriant le maire Arsène Usher Assouan (décédé le 13 octobre 2007) d’une parcelle de terrain. Une autre manifestation a eu lieu trois jours plus tard pour obtenir toujours l’annulation de l’arrêté préfectoral. Quelques jours après, une marche organisée par le FPI en vue de soutenir le préfet dans ses actions a dégénéré. C’est à la suite de cela que les plaintes ont été déposées dont celle exclusive du préfet dans un pays où la compétence de la plainte, dans une affaire opposant un responsable de l'administration publique à ses administrés; est dévolue à l’agent judiciaire du Trésor. 

De onze au départ, le nombre de militants du PDCI convoqués dans le cadre de cette affaire est passé ce lundi à une vingtaine. Le délégué départemental PDCI et président du conseil général de Grand Lahou Alfred Yao fait partie des accusés. Il en est de même du nouveau maire Joseph Laga Tanoh.

 

Bédié saisi

Quelques instants après le déferrement des trois hommes, le président du PDCI informé a dépêché une délégation auprès de ces derniers. Romain Porquet, directeur du protocole de Henri Konan Bédié (qui a personnellement salué lors d’un meeting à Bocanda, l’action des populations pour défendre l’héritage de son ami Usher Assouan) en compagnie du maire de Dabou Albert Kacou Tiapani (déjà présent à l’audition de certains accusés) est allé apporter le réconfort du candidat du PDCI aux prévenus. A sa sortie de l’enceinte de la prison, il a confié que tous « ont le moral ». Il a déclaré que selon l’avocat commis par le PDCI, une confrontation entre accusés et accusateurs "doit avoir lieu  le mercredi " donc demain.
Dès l’éclatement de l’affaire, le PDCI s’est saisi du dossier en envoyant sur les lieux, le secrétaire général adjoint chargé de l’organisation et de la mobilisation Maurice Kacou Guikahué et en constituant un collectif d’avocats pour les prévenus.

 

Colère à Grand Lahou

La nouvelle de l’arrestation suivie de déferrement de Jean Djaha, jeune cadre très populaire à Grand Lahou et à Dabou, s’est rapidement répandue dans les deux villes sus-citées et à Abidjan, la capitale économique. Des groupes de jeunes du PDCI mais aussi issus de milieux dits patriotiques telles la « Sorbonne » et la Fédération estudiantine et scolaire de Cote d’Ivoire (FESCI, affiliée au FPI) ont commencé à se former à l’entrée de la prison civile. Ils criaient à la libération des « prisonniers politiques ». Ils se sont dispersés après quelques minutes.

A Grand Lahou, fief natal des prévenus, sitôt la nouvelle parvenue aux milieux proches de ces derniers, des rassemblements ont été signalés à la hauteur de la mairie. Les manifestants ont aussitôt pris les rues de la ville. La foule grossissait au fur et à mesure que la marche se dirigeait vers la résidence du préfet, selon des sources concordantes. Un habitant de la ville joint au téléphone a déclaré que les manifestants « resteront dans les rues jusqu’à ce que les prisonniers du FPI soient tous libérés. Une chose est sure, demain, Grand Lahou sera une ville morte. M. Djaha n’a rien fait et nous mettons au défi ses accusateurs de prouver ce qu’ils avancent. C’est une façon d’enterrer pour une seconde fois le vieux (Usher Asouan) dont M. Djaha était un fidèle serviteur ».

 

André Silver Konan

Envoyé spécial à Dabou

 

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Published by andré silver konan - dans politique ivoirienne
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commentaires

KOBLAN 20/05/2008 19:44

joli article, malheureusement le militantisme a prevalu sur le journalisme lors de la reconstitution des faits rapportés. Pourquoi doit-on voir partout un parti politique(parti au pouvoir) lorsque des citoyens doivent repondre de leurs actes devant la justice dans ce pays. depuis l'eclatement de cette affaire aucun journaliste ivoirien fut-il du camp republicain ou opposition ne s'est impliqué de sorte à confronter les deux parties afin de situer la population sur la veracité des faits. chaque journaliste tente à sa façon d'attiser le feu. question que gagne-t-on à opposer les ivoiriens? A grand lahou avec la mort du doyen usher assouan et la destruction des vehicules du prefet et du deputé y compris une partie des biens du president conseil general, il n'y a que le peuple ivoirien qui est meurtri et des frères avikam qui s'entredechirent. Je pense franchement que tout journaliste ivoirien peu importe son appartenance doit pouvoir prendre conscience de l'importance de la paix dans notre pays après cette crise qu'a vecu notre pays.
c'est avec regret que je constate que vous continuez à mettre de l'huile sur le feu. si demain grand lahou venait à s'embraser qui en sera le responsable!
je pense qu'il est grand temps de sortir des voies succidaires. aujourd'hui tout journaliste conscient de son rôle doit jouer les equilibristes en donnant des informations justes après avoir confronté les parties en conflits.
est ce que ce charismatique leader du pdci serait incarceré sans cause? si tel est le cas alors pourquoi ne pas avoir incarceré l'épouse du defunt et tous les militants pdci de grand lahou si tel est que le pouvoir fpi veut eteindre le pdci à grand lahou!
arrêtons de faire insulte à l'intelligence des ivoiriens.