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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 23:27

Que réserve 2009 aux Ivoiriens ? Tentons un petit exercice de charlatanisme certes mais basé sur une analyse profonde de la situation sociale, économique et politique de notre pays.

Chaque année, les prévisions de toutes sortes, faites par de nombreuses personnes issues de divers horizons (chrétiens, mystiques, astrologues, numérologues, etc) inondent la presse ivoirienne. Certaines de ces prévisions s’avèrent quand d’autres entrent dans le domaine du mensonge.
Un véritable charlatanisme auquel nous allons nous essayer dès cette année (et que nous renouvellerons en chaque début d’année), en nous fondant sur notre propre analyse des différentes situations pour en sortir divers schémas.
A la fin de l’année, nous ferons notre propre bilan pour voir ce qui a été et ce qui n’a pas été.

 

Pas d’élection présidentielle

D’ores et déjà, nous pouvons affirmer qu’il n’y aura pas d’élection présidentielle cette année. Laurent Gbagbo est convaincu d’une chose : il ne peut jamais gagner une élection à laquelle participent les deux principaux leaders de l’opposition. A savoir Henri Konan Bédié, candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et Alassane Dramane Ouattara, candidat du Rassemblement des républicains (RDR). Et tant que ces deux personnalités ne mettront pas la pression sur le chef de l’Etat afin que la Commission électorale indépendante (CEI) soit dotée de moyens financiers pour accomplir sa tâche, il n’y aura rien.

Quant à ces deux personnalités, la première devra manoeuvrer ferme cette année pour maintenir la cohésion au sein des structures de son parti, notamment la Jeunesse du PDCI (JPDCI). Pour sûr, l’activisme de certains cadres de ce parti qui ont décidé de soutenir ouvertement Laurent Gbagbo va agacer davantage les militants. Puisque les élections seront une nouvelle fois reportées, l’agacement des militants du PDCI va se tourner vers la direction de leur parti que nombreux n’hésiteront pas à accuser d’immobilisme.

Alassane Dramane Ouattara, quant à lui, n’aura pas assez de soucis à se faire. Des deux principaux candidats de l’opposition, il est celui que les reports successifs de la date de l’élection arrangent le plus.

 

Quitte ou double

Pour sûr, la rébellion interne aux Forces nouvelles va se poursuivre. Les proches de Ibrahim Coulibaly (IB) en exil au Ghana n’ont pas encore dit leurs derniers mots. Ils se feront entendre, tout comme ceux de Zakaria Koné. Les nuits aux longs couteaux initiées par Issiaka Ouattara dit Watao, qui a fini de se forger une terrible réputation vont se poursuivre pour mettre au pas les rebelles à l’accord de Ouagadougou. Evidemment, le désarmement ne sera pas total et cela va exacerber la crise entre le camp présidentiel et les Forces nouvelles.
Laurent Gbagbo, on le sait, n’a jamais abandonné son idée belliciste. Il pourrait profiter d’une déstabilisation prolongée dans les zones FN pour lancer ses troupes à la reconquête du nord. Pendant qu’au sud, ses escadrons de la mort feront le reste du travail de réduction au silence des opposants et leaders d’opinion bien ciblés. Ce serait alors quitte ou double aussi bien pour Laurent Gbagbo que pour Guillaume Soro.

 

Soulèvements populaires

L’année 2009 sera très mouvementée en termes de tensions sociales. Les syndicats du secteur de l’éducation à qui le gouvernement a fait des promesses relatives à la revalorisation des salaires de leurs membres, se mettront en branle pour exiger le respect des engagements pris. Ces agitations vont perturber durablement l’école. Dès ce premier trimestre déjà, les couleurs seront annoncées.

La crise sociale va s’accentuer. Les masses populaires vont certainement descendre dans les rues, à la suite d’une quelconque décision pour protester contre la cherté de la vie. Ces mouvements populaires pourraient déboucher sur des revendications d’ordre politique qui, elles mêmes, pourraient conduire à une révolution dans le cas de figure où le pouvoir du Front populaire ivoirien (FPI), comme à son habitude, chercherait à l’étouffer dans le sang.

La sécheresse des ressources financières de l’Etat va entraîner de graves dysfonctionnements dans les institutions et entreprises publiques et para publiques. Les grèves vont être déclenchées dans ces institutions et rien ne les arrêtera. Puisque la situation financière ne va pas s’améliorer et que les dirigeants vont continuer à afficher leur train de vie ostentatoire.

2009 en définitive ne sera pas plus heureuse pour les Ivoiriens que 2008. Pour sûr, l’éclairci viendra cette année après le « big bang » qui sonnera comme une catharsis.

André Silver Konan

Journaliste écrivain

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Published by andré silver konan - dans politique ivoirienne
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