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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 18:05

Quatre-vingts ans d’un rêve fou devenu la plus grande fête populaire au monde. Depuis 1930, date de la première édition de la coupe du monde de football, la belle dame ne fait que grandir en beauté et en lustre.

13 juillet 1930. Estadio Pocitos de Montevideo. Nous sommes en Uruguay. C’est la première édition de la coupe du monde de football, née de la seule volonté du Français Jules Rimet, alors président de la Fédération internationale de football association (Fifa). Treize équipes y participent. Neuf du continent américain et quatre du continent européen. Aucune sélection africaine ni asiatique. Toutes les équipes présentes sont invitées. Sur la base de leur appartenance à la Fifa. Les treize nations sont : l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, les Etats-Unis, le Paraguay, le Pérou, l’Uruguay et le Mexique représentent l’Amérique, la Belgique, la France, la Roumanie et la Yougoslavie, représentent l’Europe. Les heureuses…nommées se rendent en Uruguay en bateau. Certaines équipes mettent un mois sur la mer. Ce qui décourage de nombreuses fédérations européennes. Les deux premiers matchs opposent la France au Mexique et les Etats-Unis à la Belgique. La France bat son adversaire par 4 buts à 1. Tandis que les Etats-Unis sortent victorieux de la Belgique, avec le score de 3 buts à 0. Le premier but de la coupe du monde est français. Il est signé Lucien Laurent. Au terme d’une semaine seulement de compétition, 80 buts sont marqués au cours de 18 rencontres dont 8 de l’Argentin Guillermo Stábile, 25 ans. 434.500 spectateurs assistent à l’évènement. L’histoire de la belle dame coupe (du monde) ne fait que commencer.

 

Faits d’armes

Si la coupe du monde de football est devenue aujourd’hui, l’évènement sportif le plus médiatique et le plus populaire du monde, c’est parce qu’au cours de ces 80 ans, la compétition a su glaner des lauriers de gloire et tisser des couronnes de faits historiques qui ont fondé sa notoriété.

En 1934, l’évènement devient un phénomène médiatique : 249 journaux du monde entier représentés par des correspondants et des envoyés spéciaux, 13 stations de radios nationales sur les 16 équipes participantes, transmettent les matchs en direct.

Après douze ans de stade vide (1938-1950) du fait de la deuxième guerre mondiale (1939-1945), la compétition reprend de plus belle en 1950 au Brésil. Record d’affluence : plus d’un million de spectateurs. Le football commence à devenir  l’opium des peuples.

La campagne suisse du 16 juin au 4 juillet 1954 enregistre la participation de seize équipes. 140 buts marqués en 26 matchs.

En 1978, la campagne argentine est marquée par des appels au boycott. Ces appels visent directement le général dictateur Jorge Videla. La compétition a quand même lieu. Les dirigeants de la Fifa passent ainsi un message clair : le football est au-dessus de la politique.

En 1982, 24 pays se retrouvent en Espagne pour la 12è coupe du monde. L’Afrique a droit à deux places. Elle est représentée par l’Algérie et le Cameroun. La compétition se déroule sous forme de championnat à deux tours.

En 1994, la victoire passe de deux à trois points. Le nul reste à un point et la défaite, aucun point.

La campagne française de 1998, remportée par le pays organisateur, voit la participation de 32 équipes. L’Afrique est désormais représentée par cinq pays. Ce sont l’Afrique du sud, le Cameroun, le Maroc, le Nigeria et la Tunisie. La Fifa introduit le règlement du but en or (vite abandonnée) qualifiée de « mort subite » par des journalistes sportifs railleurs. Le principe tiré de la coupe d'Europe des nations de 1996, est simple : la première équipe qui marque pendant la prolongation gagne le match.

 

Une affaire de premiers

La première participation d’une équipe africaine à une phase finale de coupe du monde remonte à 1934. C’est l’Egypte qui est choisi par les organisateurs.

Quatre ans plus tard, l’Italie devient le premier Etat à avoir remporté la compétition, deux fois successivement. En 1934 et en 1938.

Le premier deuil national…footballistique date de 1950. Le Brésil est le premier pays organisateur qui arrive en final et qui perd la compétition devant 147.000 spectateurs réunis au stade Maracaña de Rio. Il lui suffit pourtant d’un nul face à l’Uruguay qui la bat à 2 buts à 1.

En 1954, les premières équipes asiatiques participent à la compétition. Le continent est représenté par la Corée et le Japon.

Pour la première fois depuis le lancement de la coupe du monde, la Fifa décide, en 1970, que les équipes procèdent à des remplacements. Les cartons jaunes et rouges qui n’existaient pas, font leur apparition. Les arbitres, quelque peu désarçonnés par cette nouvelle règle, sortent quelques cartons jaunes. Cependant, ils ne franchissent pas le rubicond de l’expulsion d’un joueur.

En 1974, le Zaïre (actuel République démocratique du Congo) devient le premier pays africain noir à participer à la coupe du monde. Il se fait humilier par la Yougoslavie en encaissant 9 buts en 90 minutes de jeu.

En 1978, Abdelmajid Chetali, 38 ans, sélectionneur de l’équipe de Tunisie, qualifie pour la première fois son pays en coupe du monde. Il est le premier entraîneur africain à avoir battu (3-1) une équipe (Mexique) en coupe du monde. Les premiers sélectionneurs noirs africains sont les nigérian Festus Onigbinde et sud africain Jomo Sono. Cette année en Afrique du sud, du 10 juin au 10 juillet 2010, le seul sélectionneur africain sera l’Algérien Rabah Saadane.

Lors de la 13è édition qui se tient du 31 mai au 29 juin 1986, au Mexique, le Maroc devient le premier pays africain à franchir l’étape des huitièmes de finale.

Douze ans plus tard, le Cameroun arrive en quarts de finale avec un Roger Milla étincelant qui rafle le ballon à l’iconoclaste gardien colombien René Higuita.

La compétition de 1994 voit pour la première fois, les équipes finalistes (Brésil et Italie) avoir recours à l’épreuve des tirs aux buts, pour se départager. A l’issue du temps réglementaire et des prolongations, aucune n’a pu inscrire de but. Le Brésil s’adjuge le trophée avec 3 tirs réussis contre 2.

Le Marocain Saïd Belqola est le premier arbitre africain à officier une finale de coupe du monde. C’est lui qui donne le coup de sifflet final qui confirme la victoire (3-0) en 1998 en France, de Zinedine Zidane et de ses coéquipiers français face au Brésilien Ronaldo et les siens. Quatre ans plus tard, il décède à Rabat, à l’âge de 45 ans.

En 2002, pour la première fois de son histoire, la compétition est organisée en Asie. Pour la première fois aussi, deux pays organisent conjointement la compétition qui est à sa 17è édition. Il s’agit de la Corée du sud et du Japon. Toujours pour la première fois, un pays d’Asie, la Corée du sud, est classé quatrième de la compétition. Le record était détenu par son rival du nord, qui avait atteint l’étape des quarts de finale en 1966.

En 2010, « le vainqueur est l’Afrique », selon l’exclamation ravie de Joseph Sepp Blatter, le président de la Fifa, le 15 mai 2004, à Zurich, lors de la cérémonie de désignation du pays organisateur de la 19è édition de la coupe du monde de football. Et le vainqueur fut précisément l’Afrique du sud, qui devient ainsi le premier pays africain à accueillir sur son sol, une compétition de coupe du monde de football.

 

Scandales et ratés

1938 : premier boycott. Le championnat est organisé par la France. Plusieurs Etats d’Amérique du sud estiment, en effet, que l’organisation devrait être confiée à l’Argentine, un pays d’Amérique du sud et non à un pays d’Europe. En effet, quatre ans plus tôt, c’était l’Italie qui avait organisé et remporté la compétition.

En 1950, le premier scandale éclate après le match Angleterre-États-Unis perdu par les Anglais. Trois joueurs alignés par les Américains (le Belge Joe Maca, l'Écossais Ed Mc Ilvenny et l'Haïtien Joe Gaetjens, unique buteur du match) sont accusés de ne pas être suffisamment…Américains. Ils sont en effet d’origine étrangère et l'article 21 du règlement de la Fifa indique en effet clairement qu'un joueur n'est sélectionnable qu'à la condition d'« être un sujet du pays qu'il représente». Ce qui n’est manifestement pas le cas des trois Américains ( ?). La Fifa décide d’homologuer, contre toute attente, les résultats:

Douze ans plus tard, en 1962, la violence prend le pouvoir sur les stades chiliens. Illustrations : en quatre jours de compétition, on dénombre déjà une cinquantaine de joueurs blessés, souvent gravement, parmi lesquels Pelé, victime d'une déchirure des adducteurs de la jambe droite, dès le deuxième match, contre la Tchécoslovaquie. Le match Chili-Italie (2-0), illustre la violence de ce Mondial. Devant un public surexcité, les coups s’enchaînent. Deux Italiens sont exclus et un autre finit le match avec le nez cassé.

La saison suivante de 1966, 16 équipes africaines qui devraient participer aux phases éliminatoires, boycottent la compétition. Elles protestent contre un règlement édicté deux ans plus tôt par la Fifa, qui octroie une seule place aux trois parents pauvres parmi les continents qui participent à la coupe du monde, à savoir l’Afrique, l’Asie et l’Océanie. Quatre ans plus tard, le règlement est supprimé.

La même année, la première controverse liée à un but (accordé par l’arbitre) de Geoff Hurst éclate, en marge de la victoire de l’Angleterre face à la RFA (4-2) après prolongation. La polémique enfle entre ceux qui soutiennent que la balle a franchi la ligne de but allemande et ceux qui clament le contraire. L’unique caméra qui filme le but ( ?) est placé à un endroit tel qu’il est difficile de savoir la vérité. La Fifa en tire les conséquences et multiplie les caméras pour les éditions futures.

En 1970, pour une seule place africaine en coupe du monde, raflée par le Maroc, la Fifa a fait jouer une cinquantaine de matchs lors des phases éliminatoires dans la zone Afrique. Harassant !

En 1982, en Espagne, la République fédérale d’Allemagne (RFA) et l’Autriche apportent de l’eau au moulin des tenants de la thèse du complot contre l’Afrique. En effet, la RFA et l’Autriche sont soupçonnées de collusion pour l’élimination de l’Algérie. Cette dernière avait battu la RFA (2-1) et le Chili (3-2). Il suffit que la RFA batte l’Autriche avec une différence de trois buts pour que l’Algérie passe le premier tour. L’Autriche est prenable. Cependant, le 25 juin, la RFA qui a la possibilité de pulvériser une équipe autrichienne pas à son meilleur niveau, livre un match au ralenti et réussit l’exploit de n’inscrire qu’un seul but. Le match se déroule, en effet, au lendemain du match disputé par l’Algérie. Et tout le monde a sa calculatrice en main. La collusion ne fut jamais prouvée mais, pour éviter à l’avenir, d’autres situations aussi suspectes, la Fifa décide de faire jouer les derniers matchs de poule, le même jour et à la même heure, sur des stades différents.

En 1986, la Colombie désignée pour abriter les phases finales de la compétition déclare forfait pour raisons économiques. Le Mexique la remplace en hâte. La campagne mexicaine est marquée par la fameuse « main de Dieu » de Diego Maradona : un but volé de la main qui élimine l’Angleterre.

2006 : le coup de tête de Zinedine Zidane donné au très provocateur joueur italien Marco Materazzi, constitue l’un des actes d’anti jeu, les plus médiatisés de l’histoire de la coupe du monde.

 

Records et héros

Le 20 juin 1954, le Hongrois Sandor Kocsis, surnommé « Tête d’or », marque à lui seul quatre buts contre la République fédérale d’Allemagne, pulvérisée 8 à 3.

En 1958, en Suède, Edson Arantes do Nascimento, plus connu sous le nom de Pélé, bat le premier record de jeunesse de la coupe du monde. A 17 ans et 249 jours, il fait voir de toutes les couleurs aux adversaires de la Seleçao. Ces six buts marqués après des prouesses techniques inégalées sont applaudis dans le monde entier par le biais de la télévision en plein essor.

La même année, le Français Just Fontaine bat le record du meilleur buteur d’une phase de coupe du monde. Il marque 13 buts en 6 matchs.

En 1990, le Camerounais Roger Milla, alors âgé de 38 ans et vingt jours devient le buteur le plus âgé de la compétition. Face à la Roumanie, il marque 2 buts en 19 minutes de jeu. Quatre ans plus tard, alors qu’il est âgé de 42 ans et 39 jours, il confirme son record en inscrivant un but face à la Russie aux Etats-Unis. Le « vieux Lion » confie plus tard à un journaliste français : « Mon 2e but contre la Roumanie m'a fait particulièrement plaisir, parce que je me fais la passe à moi-même. On ne voit jamais ça! ». Ce dernier est aussi celui qui révolutionne la manifestation de la joie du buteur, par ses pas de danse de « Makossa », lors de la campagne américaine (Etats-Unis). Cette année-là, 147 pays participent aux phases éliminatoires de la coupe. Un record !

En 2002, pour la cinquième fois, le Brésil brandit la coupe. Ces quatre premières coupes datent de 1958, 1962, 1970 et 1994. Le Brésil est suivi de l’Italie qui totalise 4 coupes du monde. Cette année-là, le Turc Hakan Sükür inscrit le but le plus rapide à la 11è seconde de jeu contre la Corée du sud.

Le Brésil est la seule équipe à avoir participé à toutes les 18 éditions du Mondial. Elle est encore présente en Afrique du sud, cette année.

80 ans après la première édition en terre américaine, après avoir parcouru l’Europe et fait un détour en Asie, la coupe du monde de football découvre dans trois jours la terre africaine. Placé sous les projecteurs du monde entier, l’Afrique du sud, pays porteur de l’espoir de tout un continent, saura-t-elle mériter la confiance du monde ?

 

André Silver Konan

 

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