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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 22:15

Guinée Conakry : un Etat en faillite / Voyage au cœur d'une république “malade”

 

Un sous-sol riche en minerais. Des dirigeants sans vision. Une population majoritairement pauvre qui assiste dans une résignation mal contenue, l'agonie de son président et de ce qu'a été sa fière Guinée. Reportage au pays de Sékou Touré.

 

Vendredi 30 juin. Il est 18h 10. Le bœing 737 de la compagnie nigériane Belleview pointe son nez dans le ciel de Conakry. Dans les hublots, le littoral, étonnamment beau de la basse Guinée, offre son labyrinthe d'affluents de fleuves qui se jettent dans une mer joyeuse. Aéroport prétendument international de Conakry-Gbessia. Rien à voir avec l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan. Quand l'avion qui a accusé un retard de deux heures à l'étape de Lagos (c'est une tradition bien nigériane) vomit sa vingtaine de passagers, un bus vient se placer à la hauteur de l'échelle de coupée. Les non habitués s'étonnent. Les habitués y sautent. Un groupe d'Asiatiques ignore royalement le mastodonte. Ils n'ont pas tort parce qu'ils arrivent au salon d'enregistrement avant les passagers du bus. La distance ne vaut pourtant pas 50 mètres. "C'est pour éviter que les gens marchent sur le tarmac", explique quelqu'un dans le bus. Un habitué très décontracté. Un Guinéen. Au point de contrôle des visas, des agents de police sous le regard faussement d'un "commissaire" en civil, contrôle les identités. "Carte jaune !", aboie une femme de près de 50 ans portant une blouse blanche défraîchie. Ceux qui n'ont pas la fameuse carte (jaune) de vaccination doivent payer. Le groupe d'Asiatiques semble ne pas être intéressé par ces formalités. Sur un signe du "commissaire" tout sourire, ils passent tous, leurs passeports visés en main. Extraordinaire hospitalité (intéressée) guinéenne.

 

Bienvenue au pays de la bauxite !

La première vue terrestre de Conakry, montre l'image d'une terre désolée. Terre rouge, atmosphère chaude. Le pays de la bauxite (2ème producteur mondial) s'ouvre au visiteur dans tout son pittoresque. "Change de Cfa, Dollar, Naira", lance un grand monsieur tenant un gros sachet noir en main. Il propose 45.000 francs guinéens (Gnf) pour 5000 Fcfa. Le vieux chauffeur de taxi qui nous a accosté dans le hall, nous pince discrètement. Le message est clair. Il nous souffle aussi discrètement que "quelqu'un peut changer 5000 Cfa à 50.000 Gnf". Ce quelqu'un se pointe quand nous montons à bord du taxi, un vieux véhicule poussif sans amortisseurs arrière. Il propose 49.000F Gnf pour 5000FCfa parce qu'il va "vendre ça à 50.000 Gnf pour avoir un bénéfice de 1000 Gnf". Marché conclu. La ville de Conakry avec ses cinq communes (Kaloum, Matam, Dixinn, Ratoma, Matoto) et ses 98 quartiers est une grosse bourgade de plus d'un million d'habitants. Les hommes et les femmes regagnent à pied leur domicile ou empruntent à 7 un taxi fait pour prendre 5 places ou s'engouffrent à 25 dans des "magbanan" (le "gbaka" local) de 18 places. Les bus sont rares et sont toujours bourrés. La nuit tombe mais les lampadaires tardent à s'allumer.

 

Beni soit le mondial !

Ils ne s'allumeront pas. Le courant électrique est une denrée rare en Guinée. Dans un pays où il n'existe aucun plan d'urbanisation (des quartiers entiers ne sont pas lotis mais ils ne sont pour autant pas classés dans la catégorie des bidonvilles), le courant électrique est distribué selon le bon vouloir des responsables d'Edg (Entreprise de distribution électrique de Guinée). "Depuis qu'il y a le Mondial, le courant n'est plus trop coupé", fait remarquer un jeune homme à l'hôtel où nous déposons nos bagages dans le quartier (loti) résidentiel de Minière. "C'est le quartier de Sidya Touré", ajoute, ce dernier qui rappelle que le premier Premier ministre post multipartisme de Lansana Conté est le maître d'ouvrage de l'extension du réseau électrique pendant ses trois années (1993-1996) passées à la Primature. Minière, c'est aussi le quartier de Ousmane Bah, le leader de l'opposition parlementaire. L'électricité n'est pas capricieuse ce vendredi. Ce sera ainsi pendant tout le Mondial. "L'entreprise de délestage de Guinée (allusion faite à Edg, Ndlr) a intérêt à filer doux", devrait laisser entendre dimanche un journaliste rencontré "en ville". Il raconte que le premier jour du Mondial, "au quartier Konimodouyah, dans la commune de Ratoma une foule de fieffés du football est descendue dans la rue pour protester contre les coupures intempestives du courant. Les mécontents ont brûlé sur la route des pneus et ont érigé des barrages. Ils criaient qu'ils voulaient le courant sinon ils casseraient tout. C'est la police qui les a dispersés". La menace a été prise au sérieux. Ainsi, une ou deux heures avant chaque match, le courant revient avant d'être interrompu au petit matin. Quand le Mondial finira, Edg renouera certainement avec ses premières amours de délestage chronique. Que dire de l'eau courante ? Exactement ce qu'on dirait du courant électrique. A la différence qu'ici, il n'y a pas de Mondial pour que les responsables de la Société des eaux de Guinée (Seg), fassent un effort.

 

Un pays en faillite

Edg et Seg sont les symboles achevés d'un Etat qui a cessé d'être. Un Etat malade. Au sens propre comme au figuré. Ce que le diplomate opposant Jean Marie Doré appelle le "non Etat". Le président Conté agonisant entraîne le pays dans sa lente agonie sans fin. La Guinée de Sékou Touré n'est plus qu'une banale république gérée comme un village soussou (ethnie du chef de l’Etat), où l'enterrement du chauffeur du président qui se passe en présence de tous les ministres; est présenté au journal de 20 heures et où la disparition de deux mallettes bourrées de fric sorti tout droit de la banque centrale, appartenant au président quoiqu'alimentant les conversations, passe pour être un fait normal. Pendant que les ministres et les membres du clan présidentiel roulent carrosse arrogante, multiplient mariages et baptêmes onéreux, le petit peuple crève de faim. "Notre sous-sol est riche, immensément riche mais regardez autour de vous, c'est la misère totale. Impossible d'acheter un jus de 1500 francs (150 Fcfa, ndlr) pour faire plaisir à sa fiancée". Ibrahim Diallo est amer. A côté de lui, la fiancée, une belle peulh aux dents toutes blanches, lui attrape la main et lui adresse un sourire pour marquer son assentiment. Ibrahim Diallo vient de finir ses études de médecine. A Taouyah où il vit avec ses frères et son père, un fonctionnaire polygame retraité, la famille arrive à survivre grâce à l'argent qu'expédie chaque fin de mois son aîné "allé se chercher en France". Il avait un autre frère qui s'était rendu à Abidjan "pour se chercher aussi", mais déclare-t-il avec une rage contenue dans les yeux, "les policiers l'ont tué. Il gérait la boutique d'un oncle à Yopougon. On ne sait pas ce qui s'est réellement passé".

 

Manifestations contre la vie chère

Cette famille est princesse. Pour la majorité des Guinéens, les trois repas par jour sont une utopie. Le fonctionnaire moyen touche 300.000 Gnf. Avec l'inflation, cela fait 30.000 Fcfa. Quand il achète un sac de riz de 50kg à 125.000 Gnf, il ne lui reste plus qu'à louer une maison et à acheter son thé quotidien. C'est dans ce contexte que la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (Cntg) de dame Bah Rabiatou Sérah Diallo, soutenue par l'union nationale des travailleurs de Guinée (Untg) d'Ibrahima Fofana, a lancé le 08 juin dernier une grève générale qui a ébranlé le pays et fait onze morts officiellement, dix-huit selon d'autres sources. Ce dimanche matin, dans sa villa sise à Taouyah, celle qui a bravé le régime pendant onze jours (du 08 au 19 juin 2006), explique dans son salon surchauffé (le courant à cette heure était comme d'habitude interrompu) la situation : "Le pouvoir d'achat du travailleur est très faible surtout depuis qu'on a augmenté le prix du carburant à la pompe. Ensuite il y a l'inflation de la monnaie". Sans un soupçon de peur, alors que sa maison comme celles de la plupart des leaders du pays n'est pas gardée, elle déclare que "c'est un processus qui est déclenché". En terme syndical, cela veut dire que la grève peut reprendre à tout moment. En effet, il y a eu une première grève d'"avertissement" du 27 février au 3 mars. Les engagements pris par le gouvernement du Premier ministre démis Ceillou Diallo n'ont pas été honorés. Il s'agissait pour l'Etat d'augmenter progressivement les salaires, de réviser la Retenue totale sur le salaire (Rts), de signer le statut particulier de l'enseignant, etc. Trois mois après le faux bond du gouvernement, les syndicats ont remis ça.

 

Des morts

Le 12 juin, la grève a pris une tournure dramatique. Les examens du baccalauréat étaient prévus ce jour-là. Les enseignants ont fait savoir qu'ils entendaient bien boycotter l'examen parce qu'ils étaient en grève. Le gouvernement, par la voix du ministre de l'Enseignement pré-universitaire Mamadou Bhoye Barry (le seul candidat d'un parti inconnu qui a légitimé l'élection en 2003 de Lansana Conté), déclarait la veille sur la base d'on ne sait quoi, que les examens auraient "bel et bien lieu" et que "toutes les dispositions ont été prises". C'était une mauvaise plaisanterie. Au rendez-vous du lundi 12 juin, point de surveillants. Mais des policiers partout. Les élèves désabusés se sont faits maîtres des rues et ont commencé à casser. Des pillards étaient de la partie. La police a dû charger. A balles réelles. Des morts. Le gouvernement n'a pas cédé pour autant. C'est une semaine plus tard que la délivrance est arrivée. Un protocole d'accord tripartite a été signé entre le gouvernement du presque Premier ministre Fodé Bangoura (nommé le 29 mai ministre d'Etat, ministre des Affaires présidentielles et coordonnateur de l'action gouvernementale, après le limogeage de Ceillou Diallo), les deux centrales syndicales et le patronat du tout-puissant Mamadou Sylla. Les trois parties conviennent entre autres de "relever la valeur indiciaire de 240 à 250 à compter du 1er juillet 2006, de 250 à 280 à compter du 1er janvier 2007", de donner aux travailleurs une indemnité de transport de 25.000 Gnf et "une indemnité de logement "à compter du 1er juillet 2006", de réduire dans les secteurs privé et mixte le taux d'indice de 10% sur la Rts". Sur la réduction du prix du carburant, cause de toutes les inflations, motus. Aucun accord n'a été trouvé. Concernant le prix du sac de riz, le gouvernement a fait savoir qu'il devrait être vendu à 85.000 Gnf. Du coup, la précieuse céréale a disparu des boutiques. Aucun commerçant ne veut vendre à perte. Par entraînement, la denrée devient rare et la situation prédit une prochaine hausse du prix du sac de 50kg. Au demeurant jusqu'au 4 juillet, le gouvernement n'avait pas encore fait face à ses engagements qu'il devrait honorer "à compter du 1er juillet 2006". "Le processus" pourrait reprendre là où il a été laissé le 19 juin dernier. En attendant, les Guinéens se lèvent résignés et fatalistes comme depuis le temps de Sékou Touré, le "sily" (éléphant) national, chaque matin en confiant leur journée à Allah et répètent ce qu'ils ont toujours répété : "gô, faut que ça finisse !".

André Silver Konan

Envoyé spécial à Conakry

kandresilver@yahoo.fr

 

 

 

 

Les droits de l'homme en enfer

 

Situation controversée des droits de l'homme. D'un côté, la Guinée a des normes nationales et internationales en matière des droits de l'homme et de l'autre côté, le pouvoir se donne des moyens sinueux pour ne pas les respecter. Au niveau national, il y a l'Organisation guinéenne des droits de l'homme et du citoyen (Ogdh). Au niveau international, la Guinée a ratifié presque toutes les conventions, souvent avant de nombreux pays africains. Cependant dans la pratique, les droits de l'homme sont en enfer. "La justice n'est pas indépendante", dénonce Dr. Sow Thierno Maadjou, le président de l’Ogdh. Il rappelle que "sous la première république, tous les organes d'Etat dépendaient du pouvoir central, c'est-à-dire le chef de l'Etat. On continue la même chose jusqu'à présent. Il n'y a qu'un pouvoir, c'est le pouvoir exécutif. Le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire ne sont même pas des autorités. Le fait qu'il n'y ait pas séparation des pouvoirs, d'autonomie judiciaire, empêche le respect des droits de l'homme". En outre, fait-il savoir "les forces de l'ordre appliquent systématiquement ce qu'elles connaissaient avant, c'est-à-dire qu'elles violent systématiquement les droits de l'homme". Ces violations se résument en "arrestations arbitraires et illégales, des traitements cruels, inhumains et dégradants, des tortures". Dr Sow Thierno ajoute "qu'il y a beaucoup de lieux d'arrestations qui ne sont pas contrôlés par la justice. Il y a des endroits même où le procureur de la république ne peut pas aller". A l'en croire, il existe encore aujourd'hui en Guinée "des lieux de détention secrets" qui ne sont certes pas comparables au tristement célèbre camp Boirro (aujourd'hui banal camp militaire devant lequel deux vieux DCA modèle 39-45 rappellent une histoire douloureuse et sanglante de la Guinée) de Sékou Touré puisqu'au moins "c'était connu". Il donne un exemple précis : les îles Delos. Triste bagne sous la colonisation française transférée en Amérique latine et située à 8km de Conakry. Les arrestations sont très souvent politiques. Sous le couvert "d'atteinte à la sûreté nationale", les abus se justifient surtout avant, pendant et après les échéances électorales. Cela a été le cas d'Alpha Condé, arrêté à la frontière ivoirienne en 1998, accusé de vouloir recruter des mercenaires pour renverser Lansana Conté. Il a passé près de 30 mois en prison avant de bénéficier d'une grâce présidentielle acquise sous la pression internationale.

ASK

 

 

 

 

Lansana Conté : grandeur et déchéance

 

Il était venu pour balayer la maison et rendre le pouvoir aux civils. Il ne l'a jamais fait et ne le fera peut-être jamais. Son parcours est semblable à celui de tous ces soldats ambitieux qui ont écrit des pages noires dans l'histoire de l'Afrique. Né en 1934 à Moussayah Loumbaya, il fréquente l'école primaire de Dubréka après ses études coraniques puis est admis sur concours au collège technique des enfants de troupe. Bingerville en Côte d'Ivoire puis Saint Louis au Sénégal l'accueillent. A 21 ans, il est incorporé dans l'armée française et fait la guerre d'Algérie. Fin décembre 1958, il débarque à Conakry et se met à la disposition de Sékou Touré qui quelques temps avant venait de dire "non" à De Gaulle. C'est le début d'une brillante carrière. Très vite, il gravit les échelons. Aspirant, sous-lieutenant, lieutenant, commandant de compagnie. En 1970, il entre à l'Etat major interarmées. Lors du putsch (portugais) mâté du 22 novembre 1970, l'officier Conté défend avec hargne la capitale. Un an après, Sékou Touré le promeut à titre exceptionnel (il n'avait pas le niveau requis) et "pour services rendus à la nation" au grade de capitaine. 4 ans plus tard, il est nommé chef d'Etat major adjoint de l'armée de terre. En mars 1982, il est nommé colonel. Le 3 avril 1984, 8 jours après la mort de Sékou Touré, à la tête d'un groupe d'officiers, il prend le pouvoir. "Sans effusion de sang". La deuxième république est proclamée. Pendant un an, il s'attelle au balayage en rétablissant les libertés individuelles et en engageant une politique d'ouverture qui vaut la reconnaissance de la communauté internationale. Le 4 juillet 1985, le balayage tourne à l'épuration. Prenant prétexte d’une tentative de putsch avérée, le président du Comité militaire de redressement national (Cmrn) fait éliminer les putschistes réels ou supposés ainsi que de nombreux dignitaires de l'ancien régime y compris le Premier ministre de Sékou Touré (le successeur légal démis) Lancina Béavogui. C'est le début de la dictature. L'espoir dans le cœur des Guinéens commence à se transformer en cauchemar. Ils ont encore en mémoire l'accession triomphale du "petit fils de Samory Touré" comme Sékou Touré se plaisait à se présenter et sa tyrannie meurtrière pendant son règne de 26 ans (1958-1984) rythmé par les assassinats et arrestations politiques, l'autarcie (apprentissage du Malinké, du Soussou et du Poular en lieu et place du Français, à l'école, nationalisation des sociétés, etc) et la restriction des libertés individuelles. Le tout couronné par un manque criant de gouvernance qui a laissé le pays au niveau où les colons français l'avaient laissé en 1958 dans leur départ hâtif. L'histoire recommençait. Après avoir autorisé le multipartisme en 1988, il organise les premières élections multipartites en 1993. Alpha Condé le leader du Rassemblement du peuple de Guinée (Rpg, parti d'opposition) est donné gagnant. Mais la Cour suprême par une décision surréaliste annule les votes de la préfecture où l'opposant est majoritaire. Le Général président réussit son deuxième putsch. Ce sera réédité 5 ans plus tard et aussi en 2003. Après 22 ans passés au pouvoir, Lansana Conté n'est plus qu'un chef d'Etat hémiplégique victime d'un diabète aigu et qui ne quitte presque plus ses appareils de dialyse. Déterminé à mourir au pouvoir comme son prédécesseur (sauf que lui voudrait que ce soit en Guinée), il a réussi par une sorte de force mystique, à arrimer le destin de son peuple au sien.

ASK

 

 

 

 

Bah Rabiatou Sérah Diallo : la nouvelle bête noire du régime

 

Au terme de 11 jours de bras de fer, elle a réussi à faire plier un pouvoir qui passe pour être l'un des plus autoritaires du continent. Il reste que les avantages obtenus (relèvement de l'âge de la retraite, statut particulier des enseignants, indemnités, etc) soient traduits en actes. Cependant dans l'histoire de la Guinée, jamais une femme n'a été autant propulsée au devant de la scène. "C'est clair, nous avons dit que la grève est suspendue, elle n'est pas levée. S'ils (entendez le gouvernement et le patronat, Ndlr) ne respectent pas les engagements pris, nous reviendrons à la charge", nous a-t-elle confié. La dernière responsable de la Centrale de Sékou Touré déclare à qui veut l'entendre qu'elle ne veut pas utiliser le syndicat comme l'a fait le premier président guinéen, pour faire une intrusion en politique. "Nous n'avons pas les mêmes visions et nous n'avons pas les mêmes objectifs", fait-elle savoir. Sa distance vis-à-vis de la politique est d'autant plus importante que "pour le moment (elle) pense qu'il n'y a aucun parti politique qui a un programme répondant aux aspirations des travailleurs". La nouvelle bête noire du régime après l'opposant Alpha Condé est à la tête comme elle se plait à le dire de "la centrale la plus vieille et la plus représentative". La Cntg compte "plus de 60.000 membres à jour de leurs cotisations" dans 17 branches professionnelles et est présente dans les 38 sous-préfectures du pays.

André Silver Konan

 

 

 

 

 

 

La Guinée en bref

 

Superficie : 245.860 km2

Capitale : Conakry

Population : 7.164.823 habitants (recensement 97)

Langue officielle : Français

Religion : Islam (75%), Animisme (20%), Christianisme (5%)

Monnaie : Franc guinéen (Gnf)

Principales villes : Kankan, Labé, Nzérékroré

Pays limitrophes : Guinée Bissau, Côte d'Ivoire, Sénégal, Mali, Liberia, Sierra Leone

PNB (1998) : 3,8 milliards de dollars

Budget (1997) : Recettes, 629 milliards Gnf : dépenses, 755 milliards Gnf

Dette extérieure (1997) : 3,52 milliards de dollars

Production minière : bauxite : 13 millions de tonnes (2ème rg mondial)

Routes : 19000 km dont 10% bitumés

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