politique ivoirienne

Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /2009 09:54
Refondation de l’échec
Résultats catastrophiques ! Ca commence à devenir une rengaine. D’ici peu, ce ne sera plus étonnant. Ca fera partie de notre quotidien. En attendant, la courbe des résultats du baccalauréat, reste inquiétante. 2009 : 79,73% d’échec. 2008 : 74 % d’échec. 2007 : 74,5 d’échec. La courbe, chacun le constate est dramatiquement descendante.
A qui la faute ? Gilbert Bleu Lainé, le ministre de l’Education nationale depuis plus de deux ans, a son idée là-dessus : « Lorsqu’on fixe la date de la rentrée, parents et élèves ne sont jamais prêts ». C’est pour lui, la première raison : le laxisme des parents et élèves.
Sa deuxième raison est plus sérieuse. Sur les antennes de la télé nationale, il a émis l’hypothèse de la propension des candidats et de leurs parents à privilégier la tricherie plutôt que la bosse. « Je vais vous faire une confidence, a-t-il dit. Les ordinateurs comportant les épreuves ont été emportés par des cambrioleurs. C’est la raison pour laquelle nous avons reporté de deux semaines les examens. Heureusement, nous avons pu les changer ».
Evidemment, le ministre de l’Education nationale n’a dit aucun mot sur les résultats de l’enquête, s’il y en a eu.
Gilbert Bleu lainé a donc choisi, comme tout « pharisien hypocrite », de voir la paille de la tricherie et de la paresse, qui est dans l’œil des parents d’élèves et des élèves, pour ne pas avoir à ôter la poutre de l’incompétence et de l’échec, du système éducatif ivoirien, dont il est le garant.
C’est un manque criant de courage du ministre Bleu Lainé, pour assumer ses responsabilités et ceux du régime de Laurent Gbagbo. Ceci n’est guère étonnant. C’est une caractéristique indéniable de tout dirigeant africain incompétent.
Gilbert Bleu Lainé sait comme Michel N’Guessan Amani, son prédécesseur à ce poste, que selon le constat fait par Alain Mingat, expert de la Banque mondiale qui travaille sur les systèmes éducatifs de plusieurs pays d’Afrique de l’ouest, que « l'école ivoirienne produit des analphabètes ». Gilbert Bleu Lainé sait que le Rapport d’Etat du système éducatif ivoirien (Resen) qui a rendu ses travaux, le 30 avril dernier, aux autorités ivoiriennes, surtout à lui, et en mains propres, a fait un diagnostic clair comme de l’eau de roche : mauvaise gestion de l’école ivoirienne. Schématiquement, ce rapport pointe du doigt, entre autres, la mauvaise qualité de l'enseignement, les dysfonctionnements dans les ministères en charge de l’éducation, dans la répartition du budget insuffisant (4,6 % du budget de l’Etat, contre 1,9 % en République démocratique du Congo) et mal reparti, la vétusté des infrastructures, le manque de suivi, la mauvaise définition des rôles et responsabilités dans l’encadrement et le pilotage de la politique éducative.... les grèves à répétition des enseignants (résultante dans certains cas, de l’incivisme des enseignants et dans d’autres cas, de l’incompétence des autorités).
Le Resen qui se trouve entre les mains aussi bien de Gilbert Bleu Lainé que des décideurs de la Côte d’Ivoire recommande qu’il soit entrepris, dans les plus brefs délais, un certain nombre de réformes destinées à optimiser la capacité du système éducatif.
En clair, les experts qui ont réfléchi sur le rapport, placent le gouvernement devant ses…irresponsabilités.
Pour revenir aux échecs des élèves u baccalauréat, il a certes des facteurs exogènes liés au fait que le jeune Ivoirien d’aujourd’hui, n’a guère plus de repère. Qui, le jeune Ivoirien de 12 à 19 ans, inscrit au collège ou au lycée, voit-il à longueur de journée, à la télé nationale et que les médias publics brandissent comme des modèles ? Ne sont-ce pas les Blé Goudé, Eugène Djué et compagnie ? Le premier n’est-il pas l’exemple parfait de ce que décriait au début de cet article le ministre Bleu lainé, avec sa licence controversée obtenue après environ une décennie passée à l’université ? Le dernier cité après un passage à l’université de Cocody, un autre, dans une école dont on ignore le nom en France, n’est-il pas rentré  en Côte d’Ivoire, près de dix ans après, sans être capable de montrer le diplôme qu’il a obtenu, aux responsables du Front populaire ivoirien (Fpi, parti présidentiel) qui le lui demandaient ?
Ces deux « modèles » de la jeunesse ivoirienne, avec leurs 37 ans et 43 ans bien sonnés (dates officielles et pas forcément réelles) ne sont-ils pas trouvé des surnoms aux intonations obscurantistes et guerrières tels « le génie de Kpô » si ce ne sont « Général Blé Goudé » ou « Maréchal Eugène Djué » ?
Dans les cités universitaires, voire dans les lycées et collèges, les différents responsables de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), devenus les modèles parfaits du respectable élève ou étudiant ne s’affublent-ils pas de sobriquets bizarres et peu enviables, du genre Kabila, Saddam, Démon, Poison, Snipper, Ali le chimiste, etc. au lieu de se faire appeler Mendel, Hegel, Adiaffi, Soyinka, Hugo, etc. comme par le passé ?
Refondation des sobriquets dans le milieu scolaire et universitaire, s’il en est.
Les résultats catastrophiques constatés au baccalauréat n’est ni plus ni moins que l’échec de la politique de refondation de l’école. Cet état de fait n’est certes pas imputable à la crise. Non ! Ces résultats catastrophiques sont surtout les résultats de l’enseignant Laurent Gbagbo, l’homme qui avait promis de régler le problème de l’école, avec 10 milliards pris sur  le budget de souveraineté présidentiel. Au moment où il tenait ses propos, le budget de souveraineté du chef de l’Etat (Henri Konan Bédié) était de 15 milliards Fcfa. Aujourd’hui, il atteint la barre de plus de 60 milliards Fcfa. L’enseignant Laurent Gbagbo, neuf ans après son accession au pouvoir, n’a pas encore daigné faire une ponction de 10 milliards Fcfa sur son budget de souveraineté. Cet échec est celui de Mamadou Koulibaly, le prolixe président de l’assemblée nationale, maître dans les diagnostics pitoyables et pitoyable dans les solutions adéquates. Cet échec est celui de Michel N’Guessan Amani, auteur peu brillant de citations loufoques du genre « Je ne serai plus jamais pauvre » ou « désormais, je vois le fond de la marmite ». Cet échec est celui des enseignants Pierre Djédji Amondji, Simone Gbagbo, Aboudrahamane Sangaré, Hubert Oulaye.
Le régime des refondateurs aurait pu échouer « en tout et partout » (l’expression est de Henri Konan Bédié) sauf dans le secteur de l’école. Hélas !
André Silver Konan
 
Par andré silver konan - Publié dans : politique ivoirienne
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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /2009 12:52
Condamné à rester libre pendant 6 mois de prison fermes. C’est un peu ainsi qu’on peut faire le résumé schématique du verdict rendu vendredi par le tribunal correctionnel d’Abidjan Plateau dans le procès relatif au drame du 29 mars 2009 au stade Félix Houphouët-Boigny dans lequel vingt personnes ont péri. Verdict risible s’il est, pour ne pas dire ridicule et pitoyable, qui démontre la gène, sinon la corruption du jugement de certains hommes (et femmes) de droits ivoiriens.
Le tribunal correctionnel d’Abidjan Plateau, qui a usé d’un artifice de droit certes, aura cependant du mal à convaincre le justiciable lambda qu’il n’avait pas d’autre choix que de reporter sa responsabilité sur le procureur de la république qui a là une chance quasi unique, de démontrer sa crédibilité aux yeux d’une bonne partie d’opinion abidjanaise.
Ce tribunal aura tout autant du mal à convaincre les victimes de ce jour de deuil, qu’il avait des raisons parfaitement légitimes de laisser libre le président du comité d’organisation du match endeuillé qui opposait les Eléphants footballeurs de Côte d’Ivoire aux « Flames » de Malawi et tête de pont des principaux suspects dans cette affaire.
Car, que peuvent bien être ces raisons qui ont motivé cette attitude, tout de même légale ?
D’une part, le verdict "sans tête ni queue" pour reprendre l’expression prosaïque bien répandue en Côte d’Ivoire, pourrait s’expliquer par le fait que le tribunal correctionnel d’Abidjan Plateau, n’avait pas assez de preuves pour établir la culpabilité sans équivoque du bras droit de Jacques Anouma, le président de la Fédération ivoirienne de football (Fif). Cela voudrait dire que, soit Anzouan Kacou n’avait rien à se reprocher, donc avait raisonnablement fait son travail, soit, le ministère public (le procureur de la république et les gendarmes de la brigade de recherche) n’ont pas fait correctement leur travail, pour une raison ou une autre (insuffisance de moyens scientifiques et techniques, insuffisance de temps, négligence, influence…) Dans ce cas, le tribunal correctionnel devrait purement et simplement prononcer la relaxe comme il l’a fait pour d’autres accusés dans la même affaire. Cela s’appelle du courage. Et le courage dans le prononcé d’un verdict est une norme de crédibilité pour un appareil judiciaire.
D’autre part, ce verdict risible et autant pitoyable, pourrait s’expliquer par le fait que le jugement du tribunal correctionnale a été frappé de corruption. Car, en réalité, qu’est-ce que la corruption ? Le dictionnaire Larousse nous dit que c’est l’action (ou le résultat de cette action) qui engage à agir contre son devoir.
Un verdict ou un jugement corrompu est donc un verdict ou un jugement étriqué, dénaturé, altéré, injuste. Le bon sens (et non le droit) impose qu’un verdict rendu par un tribunal qui laisse en liberté une personne qu’il vient juste de condamner à une peine ferme, soit donc vu comme corrompu. Le verdict du vendredi 24 juillet 2009, rendu par le tribunal correctionnel d’Abidjan Plateau pourrait donc être qualifié de corrompu, pas forcément par de l’argent mais par des influences politiques, des menaces de personnes qui avaient quelque chose à cacher ou à se reprocher, ou simplement par l’incompétence aussi bien du parquet que de la cour, ou encore (à ne pas l’occulter) par la pression de l’opinion publique, principalement des victimes. Dans ce cas encore, pour faire simple, le tribunal aurait dû prononcer la relaxe pour tous les prévenus. Par courage aussi. Ce verdict aurait au moins eu le mérite d’épargner à l’ensemble de la justice ivoirienne, cette volée de ridicule, qu’elle a prise en pleine gueule, le vendredi 24 juillet 2009.
De fait, une partie de la justice ivoirienne a habitué le justiciable ivoirien à ce genre de procès hollywoodien, dont les épilogues sont autant hollywoodiens, c’est-à-dire, spectaculaires, extraordinaires et expéditifs. Le genre de procès moulé dans un scénario à rebondissements, joués par des acteurs campant merveilleusement bien leurs rôles, mais qui laisse le spectateur sur un sentiment de frustration, puisqu’à "the end", c’est le méchant qui triomphe sur le gentil.
Ce scénario de la honte, cependant légal, en effet, n’a pas commencé seulement le vendredi 24 juillet 2009.
Le mercredi 22 octobre 2008, la cour d’assises du tribunal d’Abidjan Plateau a rendu un verdict quasi similaire dans le procès dit des déchets toxiques (au moins 16 morts). En fait ce verdict n’a surpris personne. Le procès était tout ce qu’il y avait de honteux et de ridicule. Absence des responsables administratifs pourtant brièvement suspendus (avant d’être réhabilités de façon spectaculaire par le chef de l’Etat Laurent Gbagbo) par le premier ministre Charles Banny. Absence pour cause d’immunité politique (le chef de l’Etat a accepté en échange de toute poursuite judiciaire, 100 milliards Fcfa de Trafigura) des principaux responsables de la multinationale mise en cause...
A ne point s’y méprendre. Les verdicts corrompus ne sont pas l’apanage d’une partie des tribunaux civils. Le 3 août 2001, le tribunal militaire d’Abidjan a connu son épisode de la honte avec le feuilleton du procès du charnier de Yopougon (57 corps). Le délit non constitué prononcé par le tribunal militaire d’Abidjan pour expliquer la relaxe des prévenus du camp de gendarmerie d’Abobo (qui n’ont jamais été placés en détention préventive en dépit de la gravité de l’acte d’accusation) a constitué un véritable déni de justice. Un procès sans coupable, malgré l’incontestable existence du crime…
Cette succession de verdicts corrompus, n’augure rien de bon pour un pays dont la démocratie est en piteux état et qui aspire à sortir du lot peu enviable des pays pauvres très endettés.
Si un grain de décision d’un tribunal quelconque peut à tout moment, pour quelque motif (intrusion du politique, incompétence du parquet, pressions économiques diverses, etc) que ce soit, prendre une décision altérée, alors il faut craindre qu’à un moment donné, la machine toute entière de la répression judiciaire, s’enrhume.
Le fait est simple, en effet : pourquoi un policier téméraire ou un gendarme légaliste, s’obstinerait à faire arrêter un voyou (à col blanc ou non), s’il ne peut avoir aucune garantie de la part d’un tribunal civil ou militaire, que ce dernier subira légitimement la rigueur de la loi ? Pourquoi un juge d’instruction rigoureux continuerait-il de traquer des gens répréhensibles s’il n’a pas la certitude que ces derniers, une fois entre les mains de ses patrons du parquet ou entre les griffes du tribunal, pourront bénéficier d’artifices judiciaires, pour se soustraire de la rigueur de la loi ?
Pourquoi un investisseur étranger éprouverait-il le besoin de venir investir ses capitaux en Côte d’Ivoire, s’il sait que n’importe quand, une décision controversée de justice peut mettre en insécurité son entreprise ?
Dans le grand retard pris par nos pays sous les tropiques, le politique par son manque pitoyable de vision (ou son incompétence) et son égoïsme suicidaire, a certes une bonne part de responsabilité. Cependant, sans qu’elle ne se rende compte, une bonne partie de l’appareil judiciaire par ses décisions jugées controversées parce qu’elle donne la nette impression d’être corrompue, maintient nos états dans les fers insupportables du sous-développement.
André Silver Konan
Par andré silver konan - Publié dans : politique ivoirienne
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Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /2009 16:26

 

«Le bon sens nous recommanderait que l’on n’arrête pas l’enrôlement tant que tout le monde n’est pas enrôlé. Le Président de la République a dit, et je pense que tous les Ivoiriens s’en souviennent, que tant qu’il y aura un Ivoirien en âge de voter qui ne sera pas enrôlé, il n’y aura pas d’élection» : Mamadou Koulibaly, président absentéiste de l’Assemblée nationale, numéro deux du Front populaire ivoirien (Fpi, parti présidentiel). 02 juillet 2009, colonnes de Fraternité Matin. Après l’arrêt, par la Commission électorale indépendante (Cei) le 30 juin 2009, de l’opération d’enrôlement (inscription sur les listes électorales et identification en vue de l’obtention d’une carte nationale d’identité) des populations.

« Il ne faut pas laisser des Ivoiriens sur le bord de la route. Chacun doit pouvoir exprimer son choix » : Théodore Mel Eg, président de l’Union démocratique citoyenne (Udcy, membre du camp présidentiel).

« Nous sommes arrivés à la guerre parce qu'il y a des exclus. Aujourd'hui la CEI décide d'arrêter l'enrôlement en laissant des millions d'Ivoiriens sur la touche. Est-ce que ces nouveaux exclus ne vont pas créer une autre guerre après les élections ? » : Basile Mahan Gahé, secrétaire général de la centrale syndicale « Dignité », affiliée au FPI.

Les demandes de prorogation de l’enrôlement ont été par ailleurs formulées par Charles Blé Goudé, le président des « jeunes patriotes », le Congrès national de la résistance démocratique (CNRD, regroupement de partis et associations du ou proches du FPI et du chef de l’Etat)

De l’autre côté, les sons sont en parfait désaccord avec les notes du camp présidentiel.

« On se donnera mille ans, il y aura toujours des retardataires. Le Pit a toujours souhaité que les choses se passent dans les normes. L’opération d’identification et du recensement électoral est organisée pour permettre à tous les Ivoiriens d’avoir et leurs cartes nationales d’identité et leurs cartes d’électeurs. Mais tout le monde est conscient que l’opération doit prendre fin un jour » : François Kouablan, secrétaire général du Parti ivoirien des travailleurs (PIT).

« L’Udpci se satisfait de ce que plus de six millions d’Ivoiriens aient été enrôlés et pense que la Côte d’Ivoire peut aller aux élections le 29 novembre tranquillement. Car si nous ne faisons pas la présidentielle le 29 novembre, cela risque d’être dramatique pour notre pays » : Jean Blé Guirao, secrétaire général adjoint de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI).

« Nous sommes satisfaits de l’engouement qu’a connu l’opération d’identification » : Me Affoussy Bamba, responsable des Forces nouvelles (FN, rébellion armée).

« Il faut que l’opération d’enrôlement prenne fin un jour. C’est une opération spéciale, ponctuelle, comme les audiences foraines, qui doit s’arrêter, un jour. Parce qu’à un moment donné, il faut arrêter la liste électorale et aller aux élections pour sortir de la crise. Nous sommes aujourd’hui à plus de 6 millions d’enrôlés. C’est un chiffre significatif » : Alphonse Djédjé Mady, secrétaire général du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition houphouetiste).

La position du parti de Henri Konan Bédié est celle du Rassemblement des républicains (RDR) de Alassane Ouattara et du Mouvement des forces d’avenir (MFA) de Innocent Anaky Kobenan.

Il y a donc d’un côté, le camp présidentiel qui souhaite une prorogation en avançant des arguments et de l’autre côté, les opposants politiques qui soutiennent la fin de l’enrôlement. Ces derniers contrebalancent les arguments avancés par le premier clan et leurs explications, à mon sens, sont forts justes. D’autant plus que Choi Young Jin, le représentant du secrétaire général de l’Organisation des nations unies (ONU) en Côte d’Ivoire estime que le chiffre brut de 6,5 millions de personnes enrôlées à l’issue de 9 mois et 15 jours d’enrôlement est un "progrès historique et stratégique".

Alors question : pourquoi les voix qui s’élèvent en Côte d’Ivoire pour réclamer, sinon exiger une prorogation de l’enrôlement, sont issues du camp présidentiel et du camp présidentiel seulement ? La réponse est simple : parce que c’est le camp présidentiel et le camp présidentiel seulement qui a intérêt à retarder le processus afin qu’une fois encore l’élection présidentielle prévue au 29 novembre 2009, soit reportée. Blé Goudé qui clame subitement après avoir décrié ceux qui revendiquaient la majorité des personnes enrôlées, qu’il a fait enrôler 4 millions de « patriotes », sait bien que si tel était le cas, il la bouclerait et réclamerait des élections « vite, vite, vite » (sic) pour faire mordre la poussière aux adversaires de Laurent Gbagbo, son candidat.

En réalité, les réclamations récurrentes du camp présidentiel en vue d’une prorogation de l’enrôlement, sont un avis implacable d’échec du « patriotisme » ivoirien version 2002. Si les leaders du camp présidentiel prétendent que leurs militants ne se sont pas fait enrôler après 9 mois et 15 jours d’enrôlement, c’est que leurs messages « patriotiques » distillés depuis le 19 septembre 2002 dans l’opinion, à travers la presse et les médias publics, sont un échec. Car, qu’y a-t-il de plus patriotique que de s’inscrire sur les listes électorales pour élire le candidat de son choix ou se faire identifier pour avoir une carte nationale d’identité ?

André Silver Konan

Par andré silver konan - Publié dans : politique ivoirienne
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Mardi 5 mai 2009 2 05 /05 /2009 18:43

Au cours de cette semaine, je me suis amusé à faire une toute petite enquête. J’ai joint au téléphone Carnot Tiacoh, Diomandé Moussa et un certain Nicaise Pouaton. Les deux premiers sont les secrétaires nationaux chargés de l’éducation dans leurs partis respectifs, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Mouvement des forces d’avenir (MFA). Le dernier cité serait le secrétaire national de la Jeunesse de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (JUDPCI). Aux deux premiers, j’ai demandé s’ils avaient les contacts, par ces temps de contestation dans les universités, de Flavien Traoré le porte-parole de la Coordination nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNEC) ou de Mamadou Soro, le secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement du second degré de Côte d’Ivoire (Synesci).Les deux m’ont répondu invariablement : « non ! », avec une pointe de surprise dans le ton. Au dernier, j’ai demandé s’il pouvait me mettre en contact avec le responsable actuel de l’Association générale des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (Ageeci) ou avec le secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire. Il m’a conseillé d’entrer en contact avec une autre personne dont il m’a donné le numéro.

Dans leur for intérieur, ces hommes politiques que j’ai interrogé, dans le cadre de ma petite enquête, ont dû se demander si je ne m’étais pas trompé d’interlocuteur.

En réagissant exactement comme je l’avais prédit, ces hommes politiques ignoraient qu’ils venaient de me faire gagner mon pari sur des collègues qui me disaient que sur ce coup-là, j’étais perdant. J’avais soutenu en face de certains collègues, que notre opposition se méprenait tellement sur ses responsabilités, que j’étais prêt à parier que leurs secrétaires nationaux chargés de l’éducation, seraient incapables de prouver qu’ils sont en contact avec les principaux leaders syndicaux du milieu scolaire et universitaire.

En fin de compte, qu’est-ce qu’un secrétaire national chargé de l’éducation dans un parti politique ? C’est tout simplement le ministre chargé de l’école au sein d’un parti politique. Cela veut dire que c’est lui qui détermine la politique de l’école de son parti, qui dresse l’état des lieux, qui fait des critiques, des suggestions et des propositions. Dans un parti d’opposition, outre ces rôles classiques, il se met en devoir permanent de dénonciation des tares de l’école et Dieu seul sait combien il y en a, depuis que la refondation (composée paradoxalement et essentiellement d’enseignants) tient les rênes du pouvoir. A cette tâche naturelle, s’ajoute une autre tâche profondément politique : le contact permanent et suivi avec les acteurs sociaux du monde de l’éducation, savoir les animateurs des syndicats, d’association de parents d’élèves, d’organisations non gouvernementales, etc, ayant pour champ d’activité le domaine scolaire et universitaire. A ce titre, c’est lui qui soutient et entraîne son parti à soutenir, sous cape ou officiellement, quand les syndicalistes sont en grève. C’est lui qui se bat et invite son parti à engager le bras de fer avec le pouvoir, quand les syndicalistes sont soit arrêtés soit détenus. C’est lui qui n’hésite pas à marcher et à s’afficher aux côtés de ceux qui revendiquent des droits sociaux. C’est lui qui, à défaut de susciter les contestations sociales dans le milieu éducatif, les exploite ou les récupère pour en donner de grands échos politiques.

Le Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel) avait bien compris cela quand il était à l’opposition face au PDCI. Il l’avait intégré à sa ligne de conduite politique avec sa sempiternelle inclination emphatique. Ainsi donc le FPI ne se contentait pas d’observer, de soutenir, de récupérer les acteurs sociaux de l’école et leurs problèmes, il se posait en acteur social qui crée et suscite des crises sociales. Les Laurent Akoun, N’Guessan Amani, Blé Goudé…étaient directement acteurs des contestations sociales. Ils avaient dépassé le cap de spectateurs actifs et complices des contestations sociales.

Il ne faut cependant pas s’y méprendre. L’erreur criante d’appréciation de la situation politique n’est pas le seul apanage des secrétaires nationaux chargés de l’éducation des partis du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). J’aurais, en effet, pu étendre ma petite enquête à presque tous les secrétariats nationaux (culture, sécurité, environnement, communication, affaires sociales, agriculture, etc.) dans les partis d’opposition, et le résultat, j’en suis convaincu, à une ou deux exceptions, aurait été le même. C'est-à-dire décevant !

Cette petite enquête que j’ai menée, pose, au-delà de son caractère amusant, un problème profond. Celui de la responsabilité de l’opposition ivoirienne en tant que force de pression face à un pouvoir qui expérimente chaque jour, avec une rare lucidité, les pires formes de musellement.

En réalité, l’opposition ivoirienne version RHDP, dont les responsables ont été pour la plupart déjà au pouvoir (Henri Konan Bédié a été chef d’Etat, Alassane Dramane Ouattara a été premier ministre, Albert Toikeusse Mabri a été conseiller de Robert Guéi) n’a pas encore trouvé la formule adéquate et adaptable à l’équation du pouvoir atypique du FPI. Elle est réduite à des stratégies circonstancielles, souvent efficaces, parfois impopulaires.

Ainsi, le PDCI est-il accroché aux meetings populaires et scientifiquement menés de son président candidat et aux tournées de proximité de son secrétaire général. Le Rassemblement des républicains, jadis si vivace dans le Front républicain, est désormais réduit aux sorties médiatiques de son mentor et à ses manifestations symboliques. L’UDPCI, quant à lui, s’est résigné à abandonner la bataille de la capitale pour se rabattre, sans commune mesure sur son bastion de l’ouest montagneux. Quid du MFA ? Il ne lui reste plus qu’à proclamer à satiété, la candidature unique de l’opposition houphouëtiste à l’élection présidentielle.

Là où une opposition efficace aurait obtenu, par exemple, la capitulation de tout un régime, l’opposition ivoirienne a laissé le pouvoir, dans une indifférence jamais vue nulle part au monde, gérer comme il l’entendait et comme il le voulait, le scandale des déchets toxiques.

L’opposition ivoirienne a eu son 18 février 92, le 25 mars 2004, avec la sanglante différence que la première date n’a enregistré aucun blessé grave encore moins de mort, au contraire du 25 mars qui a compté au moins 120 morts, voire trois fois plus.

L’opposition ivoirienne a eu son Ernest Boka en la personne de Robert Guéi, avec cette différence fondamentale que le second a bel et bien été assassiné et que par ailleurs les commanditaires de son assassinat, ont publiquement revendiqué leur acte.

Les refondateurs n’auraient pas raté l’occasion, quand ils étaient dans l’opposition, de pousser vers la sortie le pouvoir, si celui-ci avait commis l’imprudence de mater mortellement une marche de la société civile contre la cherté de la vie ou si le pouvoir avait trempé directement ou indirectement dans des crimes de sang, comme les escadrons de la mort, l’assassinat fort probable de Guy André Kieffer, etc.

L’opposition ivoirienne a eu plusieurs occasions de démontrer au petit peuple qu’il pouvait compter sur elle. Elle a décidé de cracher sur ces occasions qui hélas se répètent quasi mensuellement, puisqu’elles sont créées ou provoquées par le pouvoir lui-même, qui les offre à l’opposition sur le plateau d’or de son incompétence et de son cynisme.

L’opposition ivoirienne, version RHDP, croit naïvement que le dépit incontestable, je dirais, le quasi dégoût qu’inspire aujourd’hui aux Ivoiriens, le pouvoir corrompu et sanguinaire de Laurent Gbagbo, se transforme automatiquement en parfaite sympathie pour chacun des leaders de l’opposition. Elle se trompe ! Lourdement ! Elle ne sait pas, après près d’une décennie d’opposition cahin cahan que la bonne vieille théorie de la conservation de la matière ne s’applique pas forcément en politique.

André Silver Konan

Journaliste écrivain

Par andré silver konan - Publié dans : politique ivoirienne
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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /2009 14:18

16 avril 2004. Il est un peu plus de 13 H. Guy André Kieffer, journaliste franco-canadien indépendant, est enlevé à Abidjan, sur le parking d’un supermarché situé à Marcory. Le rendez-vous qu’il avait avec Michel Legré, le beau-frère de Simone Gbagbo, s’est révélé être un traquenard. Porté disparu depuis lors. Certainement mort. Assassiné. Portrait d’un journaliste d’investigation, qui n’a pas pu échapper au destin tragique de l’homme dont la tête est mise à prix par un régime de mafia.
2002. Le camarade Laurent Gbagbo est au pouvoir en Côte d’Ivoire depuis deux ans, après des « élections calamiteuses » et sanglantes. Il a besoin de cash pour financer son projet de la « refondation » qui bute sur l’incompétence d’un premier ministre qu’il a choisi dans la précipitation. Il fait appel directement ou indirectement à Guy André Kieffer (GAK), un journaliste de conviction, spécialiste des matières premières, qu’il a connu et fréquenté pendant ses moments de galère à Paris dans les années 80. Il abandonne de ce fait, les bulletins de Cyclope, mensuel qui réunit des journalistes, des économistes et des spécialistes des matières premières. Il quitte dès lors, le 20è arrondissement de Paris où il habite depuis vingt-deux ans et la rédaction de La Tribune (journal quotidien boursier, économique et financier français) pour une année sabbatique en Côte d’Ivoire. Mission : travailler pour le compte du cabinet d’audit Commodities corporates consulting (CCC) dont les travaux doivent permettre à Laurent Gbagbo d’avoir une certaine lisibilité dans le circuit mafieux que prend l’argent du binôme café-cacao, en Côte d’Ivoire. Très vite, l’année sabbatique se transforme en mauvais pèlerinage. Le consultant découvre des choses incroyables qui choquent ses principes de défenseur de la bonne gouvernance. Les conclusions auxquelles ses audits l’amènent sont sans appel : des détournements massifs sont opérés dans la filière pourvoyeuse principale de devises à la Côte d’Ivoire, qui mettent en cause de très proches collaborateurs du numéro un ivoirien. En 2005, un rapport de l’Union européenne arrivera aux mêmes conclusions.
Guy André Kieffer, le syndicaliste (il a été délégué de la puissante Confédération générale des travailleurs -CGT- de France à La Tribune), l’homme de conviction et ex rédacteur de Libération, quotidien français de gauche, troque son habit de consultant et reprend la plume. Il collabore à partir de cet instant avec le célèbre magazine panafricain La Lettre du Continent, dont les filets assassins sont le cauchemar du fameux « syndicat » des dictateurs africains. Les dossiers signés Côte d’Ivoire sont systématiquement repris par des quotidiens ivoiriens. Guy André Kieffer collabore par ailleurs, directement sous différents pseudonymes avec des quotidiens ivoiriens proches de l’opposition. Ses enquêtes font mal : transfert de fonds en Guinée Bissau, transformation de la Caisse autonome d’amortissement (CAA) en Banque nationale d’investissement (BNI)…achat d’armes.
 
Contexte de crise politico armée
En pleine crise politico-armée, alors que le régime ébranlé et désormais notoirement corrompu de Laurent Gbagbo cherche par tous les moyens de se doter de matériels de guerre pour venir à bout de rebelles téméraires et intransigeants, GAK évente une affaire sombre qui sera par la suite reconnue par l’un des principaux acteurs à savoir Bertin Kadet Gahé, conseiller du chef de l’Etat pour les affaires de défense et de sécurité. Il s’agit d’un contrat d’achat d’armes, aux contours sombres. Il s’agit plus précisément d’un mandat signé par ce proche parmi les proches de Laurent Gbagbo, pour un troc d’armes contre du cacao, d’une valeur vénale de 100 millions de dollars. C’est une société américaine qui doit échanger ses armes avec le régime ivoirien via un mercenaire français bien connu de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) française. L’affaire fait grand bruit dans la presse et dans l’opinion. Cela gêne énormément les autorités ivoiriennes.
GAK explique à certains proches qu’il sait qu’il est en danger mais ne peut rester indifférent face à de telles violations des principes élémentaires de la bonne gouvernance. Il compte quitter la Côte d’Ivoire pour se rendre au Ghana où se trouve une amie intime. Il n’a pas eu le temps de le faire. Le vendredi 16 avril 2004, il a rendez-vous avec Michel Legré, dans un supermarché de la capitale économique où ils ont l’habitude de se rencontrer pour partager des informations et des tasses de café. L’homme habituellement méfiant qui s’apprête à souffler ses 45 bougies le 25 mai, ne se soucie guère. Il est 13 H 15 mn, quand il gare son véhicule dans le parking du supermarché.
La suite de son histoire est un trou noir. Les seules zones de lumière sont la double découverte de son véhicule, sur le parking de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan Port-Bouët, début mai et de son ordinateur portable chez…Michel Legré.
 
La piste de la présidence
Deux témoignages souvent contradictoires (sur d’autres points) de « témoins », soutiennent unanimement qu’il est par la suite conduit à la présidence de la république, pour y être interrogé par un officier bien connu, qui a été commandant du théâtre des opérations sur le front ouest. « Il y a côte à côte deux témoins, relate Bernard Nicolas, journaliste français, réalisateur du film-enqûete à succès sur Canal Plus intitulé « Guy André Kieffer, un journaliste qui dérangeait » diffusé en mai dernier, interrogé par des journalistes ivoiriens. Il y a un qui met en accusation le fameux Tony Oulaï qui était accompagné de Guy André Kieffer avant que ce même Kieffer soit amené dans une 4x4 jusqu’au palais présidentiel. C’est un témoignage. Et ensuite, il aurait été évacué vers sa mort deux jours après, le 18 avril. Ça c’est le premier témoin. Et nous avons retrouvé un autre témoin au Bénin. Lui, il s’appelle Bésange Belou. Il était anciennement élément de la garde présidentielle à l’époque. Nous avons vérifié et, effectivement il était membre de la garde présidentielle. Il a bel et bien exercé au palais comme maître de garde. Lui a vu Kieffer au palais, le soir du 16 avril vers 19 h. Cette fois-ci, il n’était pas accompagné de Tony Oulai mais plutôt de Patrice Bailly. Ça fait deux témoins qui disent des versions contradictoires sur le chef du commando. Mais qui sont d’accord sur un point : le passage de Guy André Kieffer au palais présidentiel ».
Pour le réalisateur de « Jeudi investigation » sur Canal Plus, il ne fait l’ombre d’aucun doute que « notre confrère est mort ». Il précise qu’il « pense qu’il est mort assez rapidement dans les 48 heures qui ont suivi son enlèvement ».
 
Crime d’Etat(s)
Cinq ans après cet assassinat politique, la justice ivoirienne ne se donne aucun mal pour élucider l’affaire. Ce qui conforte l’épouse du disparu Osange Siélou-Kieffer, dans sa conviction qu’il s’agit d’un crime d’Etat. Surtout que sur la liste des présumées suspects du juge français Patrick Ramaêl (chargé de l’affaire et qui devrait se rendre à Abidjan dans les prochains jours pour espérer interroger enfin, le 23 avril, Simone Gbagbo et Paul Antoine Bohoun Bouabré, ministre de l’Economie et des finances au moment des faits), se trouvent des personnalités de pouvoir en Côte d’Ivoire.
En France, l’enquête enclenchée à la suite de trois plaintes formulées par la famille du journaliste, Reporters sans frontières (RSF) et la Société nationale de journalistes (SNJ-CGT) piétine pas seulement parce que Abidjan crée des artifices juridiques pour brouiller les pistes, mais, parce que les autorités politiques et diplomatiques françaises ont décidé de ne pas jouer la carte de la transparence. Cela a commencé par le portrait maculé de GAK dressé, à la grande surprise des journalistes ivoiriens qui fréquentaient « l’homme généreux, de conviction et peu intéressé par l’argent » qu’il était. Cela a été confirmé par le peu (ou le manque) d’intérêt que Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy, montrent pour ce dossier. Pour ne rien arranger, les autorités françaises ont interdit à la légendaire brigade criminelle sise au 36 quai des orfèvres Paris 1er, de continuer ses investigations sur le sujet en 2007, rendant ainsi orphelin le parquet. Manifestement, selon le site de « Vérité Guy André Kieffer », collectif (il existe un autre collectif très actif en Côte d’Ivoire) créé pour soutenir la manifestation de la vérité sur les circonstances de la disparition du journaliste franco-canadien, les autorités françaises considèrent « sans doute que cette affaire complique un peu plus les relations tumultueuses de la France et de la Côte d’Ivoire ».
Peut-être que les raisons sont plus profondes que cela.
En attendant qu’un jour, la vérité éclate, Laurent Gbagbo, qui dit les jours pairs que GAK est son ami, et les jours impairs qu’il l’a rencontré seulement deux fois dans sa vie, estime qu’en temps de conflit armé, la disparition d’une personne demeure… « un détail ».
André Silver Konan
 

Par andré silver konan - Publié dans : politique ivoirienne
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