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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 10:01

 

« Le règne de Gbagbo est une catastrophe…Il faudra un miracle pour qu’il gagne l’élection »

 

Samedi 20 décembre 2008. Il est 7h30. Le maire de Bouaké est déjà sur pied. Son imposante demeure sise à Kennedy, le quartier chic de Bouaké est calme. Il n’y a pas grand monde dans la cour. L’harmattan est à son comble dans la capitale du centre et les habitants sont pour la plupart encore dans leur lit. C’est un Ibrahima Fanny, jovial qui nous reçoit pour le petit déjeuner. « Tout à l’heure, nous irons visiter le nouveau site de la mairie que je suis en train de faire construire près de l’hôtel de ville », lâche-t-il. Quand nous lui disons que ce sera un entretien à bâtons rompus, il ne trouve aucun inconvénient. « Je suis un élu », précise-t-il.

 

Après cinq ans de conflit armé qui a vu Bouaké être la capitale des Forces Nouvelles, comment se porte votre  commune aujourd’hui ?

 

Aujourd’hui, du point de vue du retour de la vie, il y a une nette amélioration. La ville reste quand même totalement délabrée. C’est cela notre gros souci aujourd’hui .Je ne peux pas en dire plus. C’est vrai, les populations sont revenues, notre mairie est ouverte mais n’a pas commencé réellement à fonctionner parce que le budget mis à notre disposition, n’est pas encore débloqué. Et les services fiscaux de la mairie sont toujours entre les mains des Forces Nouvelles. Nous pensons que toutes ces choses vont rentrer dans l’ordre et qu’on pourra parler effectivement de reprise totale. Sinon, on a un excellent préfet avec lequel on se réunit tous les jours. L’administration s’est redéployée .Tous les grands chefs de services sont arrivés. Enfin, les choses reprennent en réalité. On aurait souhaité que ça aille plus vite que cela.

 

 

Quand vous dites « on aurait souhaité que ça aille plus vite  que cela », qu’est ce que vous voulez dire ?

On aurait par exemple souhaité que la mairie fonctionne normalement parce qu’elle  est la seule structure, dans une ville comme Bouaké, capable d’apporter un bien être aux populations. Vous avez vu que les routes ne sont pas entretenues, il y a des constructions anarchiques partout, les abords des voies ressemblent plutôt à un bidonville. Ce sont des choses auxquelles seule une mairie organisée peut faire face avec des populations organisées. C’est pour cela que je dis qu’on aurait souhaité que les choses aillent un peu plus vite que cela .Sinon du point de vue relation avec les Forces Nouvelles, il n’y a jamais eu de problème sérieux avec les populations. Donc, sur ce point de vue on est tranquille.

 

Les taxes sont perçues sur les marchés et ne sont pas reversés à la mairie. Comment comptez-vous régler cette situation ?

Le problème n’est pas à mon niveau. Il est au niveau du pouvoir central qui heureusement est géré par un premier ministre qui est en même temps le chef des Forces Nouvelles. Mais logiquement, compte tenu de ces deux positions les choses devraient aller vite. Mais jusque là, ce n’est pas encore débloqué.

 

Comment justifiez-vous cela ?

Les FN sont les seules à savoir les raisons. Mais lorsque quelqu’un a les privilèges comme l’a dit M. Konaté Sidiki, il y a quelques jours, ce n’est pas toujours facile de les lui enlever du jour au lendemain. Cependant, cette situation a assez duré aussi parce que ça fait bientôt six mois qu’on a été officiellement installé. Cela fait six mois que les choses sont au même niveau. Au point que la ville de Bouaké n’a pas encore confectionné son budget 2008. Sur quelle base, vous voulez confectionner le budget si les outils de productions ne sont pas mises à votre disposition. Donc, l’année 2008 risque d’être encore un problème pour Bouaké.

 

Monsieur le maire, combien générait les taxes sur le marché quand vous maîtrisiez encore les outils de production ?

Ecoutez, Bouaké, c’est une ville dont le budget gravit autour de 4milliards dans l’année. Sur le marché, on faisait 2 millions et demi à 3 millions et demi par jour. Mais, ce n’est pas le marché seulement, il y a beaucoup d’autres choses qui font la recette d’un maire. Mais entre 3 milliards et 4 milliards, c’est facilement réalisable. Et, nous étions en train de les faire lorsque la guerre a éclaté.

 

Vous êtes resté à Bouaké. On peut conclure que vous connaissez bien la situation actuelle. A combien est ce que vous pouvez estimez les taxes prélevées aujourd’hui?

Aujourd’hui, si nous suivons la loi de finance interne, c'est-à-dire les taxes qui avaient été arrêtées par le conseil municipal, on doit pouvoir faire les 4 milliards. Parce que le nombre de commerçants, à mon avis a doublé. Tout le monde est devenu commerçant. C’était la seule activité qu’il y avait. Alors, lorsque ceux là seront bien canalisés, bien comptés etc, nous pensons que notre budget doit pouvoir gravir autour de 4 milliards.

 

Il y a eu des évènements entre les Forces nouvelles. L’Onuci et le MIDH ont dénoncé des « exécutions sommaires » à Bouaké. Comment avez-vous vécu les récents évènements du 27 décembre ?

Le jour où il y a eu des tirs, moi j’étais couché. J’étais un peu fatigué donc j’étais couché. Mais en général, je ne me mêle pas de ces affaires puisque je ne m’y connais pas. Donc, je ne peux absolument rien vous dire là dessus. Je ne sais pas de quoi il s’agit. Depuis un certain moment, j’entends parler d’une affaire IB. Je ne connais ni IB, ni un autre protagoniste dans l’affaire. Donc, je ne peux pas en parler.

 

Quels sont vos rapports avec les FN ?

Les débuts ont été un peu difficiles. Il y avait beaucoup d’incompréhensions. Mais j’avoue que depuis un an, un an et demi, les choses vont nettement mieux. On peut se parler franchement et il y a moins de problème maintenant.

 

A quoi étaient liées ces incompréhensions. Etait-ce par rapport à votre personne ou à votre parti le RDR ?

Non, certainement, par rapport à ma propre personne, le RDR n’a jamais posé problème aux Forces nouvelles. Mais, je crois qu’on me reprochait de ne pas être constamment dans l’affaire. Je crois que c’est ce qu’on me reprochait. Et, il y avait quelqu’un qui, ici aussi qui s’amusait à nous opposer.

 

Dr Idrissa Diabaté ?

Enfin, moi je ne nomme personne. Mais, je sais qu’il y a quelqu’un ici qui jouait un mauvais rôle entre les Forces nouvelles et moi. Mais, il a fini par se faire découvrir et chacun paie toujours pour ce qu’il fait. Et donc, maintenant, l’on peut conclure que je ne suis pas ce qu’on pensait. Et nos rapports se sont nettement améliorés.

 

Comment avez-vous ressenti le départ de Dr Idrissa Diabaté à l’ANCI, le parti de Zémogo Fofana ?

Pour nous, c’est un non évènement parce que de toute façon au RDR, il n’était rien du tout. Donc pour nous, ce n’était rien du tout. Il n’était rien et il perturbait tout au sein du parti. Et depuis qu’il est parti, on est tranquille. Aujourd’hui, notre machine a repris son allure. Nous n’avons plus de problèmes entre nous. C’était le seul qui posait problème au sein du RDR.

 

Vous avez enregistré entre temps l’arrivée dans vos rangs au RDR de Nicolas Djibo, un poids lourd du PDCI RDA. Ce dernier montre clairement des ambitions municipales. Comment allez-vous gérer cette situation  quand on sait que vous-même êtes toujours intéressé par le poste de maire ?

Ecoutez, Nicolas, même s’il a des ambitions, c’est vous qui me l’apprenez. Je sais que nous travaillons parfaitement en symbiose. Nicolas reconnaît que je suis le leader du RDR ici. Quand il vient, vraiment on est ensemble. Il ne m’a jamais dit qu’il est intéressé par la mairie puisque nous ne sommes pas encore au stade des candidatures. S’il a des velléités mais quoi de plus normal ! Cependant, je crois qu’on lui prête des intentions. Même s’il a des velléités, nous le ferons dans un cadre concerté. Nicolas est un garçon bien élevé, un garçon qui est honnête et correct. Et, il ne commettra pas l’erreur que Diabaté a commise. Cela m’étonnerait. Au demeurant, vous savez que personne ne détient le monopole de la politique. Il faut d’abord que le parti lui-même désigne son candidat. Si, c’est Nicolas qui est choisi, je deviens son directeur de campagne. Si, c’est moi qui suis repositionné, il jouera son rôle comme il me l’avait promis. Mais Nicolas, n’est pas le seul qui nous a rejoint. Il y a aussi de bons cadres de Bouaké qui nous ont contacté, qui sont avec nous. Et on n’a pas fait trop de bruit autour d’eux.

 

2008 est l’année de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Y croyez-vous ?

Alors moi j’y crois. Evidemment, je ne vois plus ce qui peut arrêter l’organisation des élections. Nous à Bouaké ici, on a fini avec les audiences foraines. Ils sont dans les sous préfectures qui incessamment vont finir. Je suis du nord, je sais que ça avance. Dieu merci, dans quelques jours, cela va être bouclé. Si cela est fait, on aura trois ou quatre mois pour faire aussi l’identification. Vraiment, il faut une dose de mauvaise foi pour ne pas que nous organisions les élections autour de juin, juillet. Personne n’a intérêt à ce que la Côte d’Ivoire reste dans cet état.

 

Quand vous parlez de dose de mauvaise foi, à qui faites vous allusion ?Aux deux ex-belligérants ?

Bon, il n’y a qu’à eux qu’on peut dire cela. Ou c’est le président ou c’est le premier ministre. Or apparemment, le premier ministre, lui a intérêt à ce que les choses se fassent comme il l’a souhaité. Si ce n’est pas organisé, la personne à qui cela profiterait c’est bien le chef de l’Etat dont le mandat est prorogé depuis octobre 2005.

 

Des analyses politiques préviennent que les (…)le scénario kenyan est aux portes de la Côte d’ivoire avec un Laurent Gbagbo qui y a déjà fait allusion. Soutenez-vous cette thèse?

Non, je pense qu’il (Laurent Gbagbo, ndlr) fut longtemps dans l’opposition pour envoyer la Côte d’Ivoire sur ce genre de terrain. Et nous sortons d’une guerre qui a épuisé tout le monde. Il sait plus aujourd’hui que rien ne vaut la paix. Ça m’étonnerait qu’il descende dans une salissure si dégradante. Parce que ce sera dégradant pour lui, de perdre les élections et de vouloir s’imposer. Pour le peu que je sais de lui puisqu’il est quand même une relation de longue date, je puis dire que cela ne lui ressemble pas.

 

A l’analyse de la situation politique en Côte d’Ivoire, croyez-vous que Laurent Gbagbo peut gagner ces élections ?

Ça m’étonnerait qu’il gagne. Il faut vraiment un miracle. Affronter Alassane, Bédié, Mabri, Anaky, tous contre lui, il faudrait qu’il y ait un miracle pour qu’il gagne.

 

Comment résumeriez-vous le règne de Laurent Gbagbo, votre ami ?

Moi, à mon propre niveau, son règne a été une catastrophe. Voilà des gens qui ont géré pendant près de six (6) ans, près de 2000 milliards de budget, mais on n’a vu aucune nouvelle université, aucune nouvelle route. On n’a rien vu de nouveau. Sinon de belles villas à travers la Côte d’Ivoire. En dehors de cela, je ne peux pas vous dire voilà ce qu’en six ans de mandat, Laurent Gbagbo a apporté à la Côte d’Ivoire. Et ça, je ne sais pas comment pendant la campagne, il va aborder les populations. Ce qui m’ennuie, c’est que le président de la république que je connais bien est un monsieur charmant et affable. Je ne sais pas  ce qui a bien pu se passer.

 

Selon vous, qu’est-ce qui a bien pu se passer, pour reprendre vos propres termes ?

Je ne sais pas. Je vous dis que je ne sais pas. Est-ce ceux avec qui il fait équipe qui ne l’ont pas bien aidé ? Est-ce que lui-même a changé après et complètement par rapport à ce que nous qui le connaissons prévoyions ? Sinon, moi j’étais convaincu qu’il aurait pu faire un bon mandat. J’ai été surpris de voir ce qui s’est  passé après. Ça a commencé avec un terrible charnier à Yopougon. Ensuite, c’est sur les militants du RHDP qui ont voulu faire une marche, qu’il a fait tirer. Bref, il y a beaucoup de choses qui, à mon avis, n’ont pas marché. Et compte tenu de tout cela, se sera difficile pour Laurent Gbagbo de gagner les élections. Evidemment, quand il regarde les petits mouvements de foule qu’il y a, il espère. Mais Guéi soulevait aussi les foules avec sa campagne du « et, ou ». Bon enfin, vous savez que nous sommes en politique. Mais depuis quelques temps, il fait de bonnes actions. Tout dernièrement, ce qu’il a fait pour les musulmans était louable. Enfin, il se bat pour qu’on soit réconcilié. Mais se sera un peu trop tard.

 

 

Interview réalisée par André Silver Konan

Collaboration Delmas Abib (correspondant régional)

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 15:09

 

« Vous vous rendez compte une fois de plus que la promesse de Laurent Gbagbo n’engage que celui qui y croit »

 

Bonjour Monsieur le ministre,

Je ne vais pas passer par quatre chemins pour vous dire toute ma joie de ne pas vous voir gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). Je suis heureux que les présidents africains, pour une fois, se soient élevés contre la promotion de la médiocrité que notre chef de l’Etat voulait exporter. Vous transmettrez mes vives félicitations à votre frère Henri Philippe Dakoury-Tabley qui vous a coiffé au poteau et qui était en réalité le vrai candidat de Laurent Gbagbo. Lui, mérite d’être gouverneur de la BCEAO. Pas vous. Et ce n’est pas vous qui direz le contraire. Vous qui soutenez que celui-ci est un homme « de grande valeur ».

 

Monsieur le ministre,

Ne pensez surtout pas que c’est une affaire personnelle. Non. C’est une question de principe. Le principe de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. J’avoue que j’ai été étonné par la campagne que vous étiez en train de mener pour vous-même, que vous faisiez faire à vos proches et que vous avez suscitée dans la presse. Entre-nous, croyez-vous que vous seriez le gouverneur de la BCEAO ? Si vous y avez cru un instant, c’est que vous n’avez encore rien compris. Savez-vous pourquoi ? Nous sommes en 2000. Robert Guéi fait son putsch. Vous êtes nommé directeur de cabinet du ministre du Budget. Avant cette date, vous étiez enseignant de commerce international dans les amphis de sciences économiques surchargés d’Abidjan. Vous étiez, rappelez-vous, locataire d’une trois pièces où vivaient onze personnes au premier escalier du premier étage dans le premier immeuble de la cité en face de l’ISCT à Cocody. Certes, pendant deux ans vous avez travaillé comme expert sur un programme de renforcement des capacités, financé par le PNUD, au sein duquel votre mission principale était d’élaborer des procédures pour l’administration financière. Vous n’êtes donc pas un érudit de la politique monétaire encore moins un as de la haute finance mondiale qui pourrait parler d’égal à égal avec un Dominique Strauss-Kahn ou un Takatoshi Kato ou encore un Abdoulaye Bio-Tchané. Non, vous ne pourriez pas. Dans ce milieu là, vous seriez comme une Dodo Akissi bombardée PCA de la Sicogi alors qu’elle ne justifie d’aucun diplôme universitaire et ne sait même pas conduire une réunion de conseil d’administration encore moins élaborer un rapport pour défendre un dossier. J’imagine la honte que cela aurait jetée sur la Côte d’Ivoire. Fort heureusement, notre pays ne connaîtra pas cette autre humiliation.

 

Monsieur le ministre,

Revenons à l’objet principal de mon adresse d’aujourd’hui. Vous venez de faire votre deuxième expérience de la roublardise. Vous avez été enfariné une seconde fois et malheureusement vous n’aurez personne pour pleurer sur votre sort. C’est vous-même qui le dites. Je vous cite : « Je n’étais pas demandeur. Au mois de mars 2006, lorsque j’ai proposé au président Gbagbo deux noms pour succéder à Charles Konan Banny, c’est à ce moment là qu’il m’a dit qu’il pensait qu’étant donné ce que vit la Banque, j’étais l’homme de la situation. Il m’a convaincu qu’il fallait que je me présente. Donc je n’étais pas candidat, c’est lui qui m’a proposé » (Frat Mat du samedi 19 janvier 2008). Si on vous croit donc, c’est Laurent Gbagbo lui-même qui vous a mis cette idée dans la tête alors que vous, vous étiez tranquille dans votre coin. Vous parlez de mars 2006. Cette date est très importante. Elle est située à trois mois après l’avènement de Charles Konan Banny et surtout après votre chute vertigineuse de l’immeuble Sciam du Plateau. Rappelez-vous le débat qui a précédé votre limogeage du ministère de l’Economie et des finances. Rappelez-vous que certaines personnes avaient laissé entendre que Laurent Gbagbo votre mentor ne vous lâcherait jamais. Il y a même eu des comités de soutien pour votre maintien au poste de ministre de l’Economie et des finances dans les « agoras » et autres « parlements ». Confessez que vous avez cru que Laurent gbagbo ne vous lâcherait pas au profit de Charles Diby Koffi, le directeur général du Trésor dont vous étiez le patron. Il vous a lâché et vous avez difficilement accepté d’être le ministre du Plan et du développement. Trois mois après ce camouflet public, Laurent Gbagbo vous l’a encore fait. Il vous a permis de rêver. Et à la fin, il a brisé votre rêve alors que vous n’étiez pas demandeur de ce rêve. C’est exactement ce qu’il a fait à Amara Essy, qui n’était pas lui non plus demandeur du poste de président de la commission de l’union africaine. A Ouagadougou, il est parti avec vous, paraît-il dans le même avion. Vous étiez prêt à sabler le champagne. J’aimerais bien voir votre tête quand on vous a appris qu’en réalité, vous n’étiez pas son candidat. Au-delà des déclarations pour revendiquer une victoire qui n’existe pas (l’histoire retiendra que c’est Laurent Gbagbo qui a accepté que le poste de gouverneur de la BCEAO soit tournant), vous savez autant que moi que la désignation au poste de gouverneur ne se fait pas en quelques heures. C’est dire que Laurent Gbagbo avait bien préparé la nomination de son frère Henri Philippe Dakoury-Tabley. Il a fallu au moins trois mois pour préparer cette candidature et vous le savez. Le nouveau gouverneur lui-même ne s’est pas montré surpris après sa désignation. Il savait. En d’autres termes, on dirait qu’on vous a payé votre tête. D’autres diraient que vous avez été le gros dindon d’une farce de très mauvais goût.

 

Monsieur le ministre,

Cela fait la deuxième fois en moins de deux ans que vous vous faites coiffer au poteau. Vous vous rendez compte une fois de plus que la promesse de Laurent Gbagbo n’engage que celui qui y croit. Tous ceux qui croyaient qu’il était le dernier rempart en ont eu pour leur compte. Jean Paul Dahily (feu), Georges Aboké, Sébastien Zéhi, Honorat de Yédagne...Tous ceux là ont cru, peut-être naïvement, à un moment donné qu’ils ne seraient jamais lâchés. Ils en ont eu pour leur compte. Je l’ai déjà dit dans une lettre ouverte à Eugène Djué Kouadio N’Goran (des sources proches de la galaxie patriotique m’ont dit que contrairement à ce que je croyais être vrai, cet homme n’a aucun diplôme universitaire encore moins un Bac + 5), au Front populaire ivoirien (FPI) chacun fera son expérience de la refondation pour ne pas dire son expérience de Laurent Gbagbo. Ce dernier a déclaré que tous les actes qu’il pose sont guidés par la politique. Dans votre cas, j’avoue que j’ai du mal à cerner l’objectif politique qui a sous-tendu votre mise à l’écart par lui. Y avait-il une volonté d’humiliation quelque part ? Je n’ose pas le croire. Vous, vous y croyez peut-être. Même si dans votre rôle de mal aimé et de looser, vous continuez de lancer des roses à votre bienfaiteur adepte de la roublardise. La question que je me permets de vous poser est toute simple : jusqu’à quand allez-vous continuer de vous laisser infantiliser ?

 

 

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 09:59

 

« Jusqu’à quand allez-vous continuer à être le procureur d’un clan contre une partie des Ivoiriens ?"

 

 

Bonjour monsieur le procureur de la République

Avant tout propos, j’aimerais vous signaler que je ne sais pas si je dois m’adresser à vous en tant que Tchimou ou en tant que Moukki. L’histoire très récente de la justice corrompue (cf Nord-Sud n°770 du mardi 11 décembre 2007 de notre pays a montré que vous vous êtes senti concerné quand un jeune homme a pris sa plume pour dénoncer les excentricités d’un procureur nommé Moukki dans un pays imaginaire. J’avoue que je n’ai pas compris pourquoi vous vous êtes particulièrement senti concerné par cette histoire si vous n’aviez rien à vous reprocher. Je le dis et je le soutiens parce que moi, personnellement, je ne vois pas comment je me sentirais diffamé si un écrit dénonçait un journaliste vendu du nom par exemple de Nanko ou de Versil, qui exercerait dans un organe non bleu dans un bureau situé entre une église catholique et une école d’administration. L’idée que cet écrit me viserait, en dépit de certains détails tendant à  biaiser, ne m’effleurerait jamais l’esprit. Savez-vous pourquoi monsieur le procureur Tchimou ou Moukki ? Parce que tout simplement, je ne suis pas un journaliste vendu. Bref.

 

Monsieur le procureur Tchimou ou Moukki

J’ai décidé de m’adresser à vous après Mamadou Koulibaly et Eugène Djué, en connaissance de cause. Je sais que vous me poursuivez moi et mon directeur général pour une prétendue offense au chef de l’Etat Laurent Gbagbo après le dossier "les 100 « crimes » sous les régime FPI" que j’ai réalisé en février dernier. Je sais qu’à tout moment, vous pouvez envoyer des gendarmes me quérir pour aller me jeter en prison comme vous l’avez déjà fait l’année dernière. Je sais tout cela. Cependant, j’ai pris la ferme résolution de vous parler. Pas pour me prononcer sur cette affaire des « 100 crimes » qui a fait couler tant d’encre, de salive et de sueur, mais pour attirer votre attention sur l’iniquité de votre justice. Cela fait un bon bout de temps que je vous observe, que je suis vos actes, que je note vos agissements. J’ai réussi à percer le mystère de votre personnalité. Je n’exposerai pas les résultats de mon diagnostic psychologique dans le cadre de cette lettre. Je puis toutefois vous dire qu’après avoir recensé pas mal d’affaires dans lesquelles vous étiez impliqué, j’en suis arrivé à la conclusion selon laquelle vous êtes devenu le procureur d’un clan contre une partie des Ivoiriens. Je sais que vous le savez. Mais, je vais vous dire sur quoi je me fonde pour prononcer une telle sentence.

Acte un. Le cas Antoine Assalé Tiémoko. En faisant envoyer à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), ce jeune homme, vous avez pris une lourde et autant historique responsabilité. Pour la toute première fois dans ce pays, depuis le vote de la dernière loi (pernicieuse) sur la presse, un jeune homme qui n’est pas journaliste et dont le seul tort est d’avoir écrit un article mettant en cause "la justice, les criminels et la corruption", a été envoyé en prison (12 mois fermes) pour un délit de presse. Pour la toute première fois dans ce pays, une histoire d’anagrammes conduit un jeune intellectuel en prison.

 

Monsieur le procureur Tchimou ou Moukki

Vous avez avancé que Antoine Assalé Tiémoko vous a outragé et a diffamé votre secrétaire, cette "charmante demoiselle répondant au prénom de Cilecé", qui, en ma connaissance n’est pas magistrat.

Je ne vous ferai pas l’injure de vous rappeler les attributions d’un procureur de la république. Le procureur de la république dans les Etats normaux et non déglingués est le magistrat représentant du ministère public. Le ministère public étant le corps des magistrats établis près des cours et des tribunaux dont la mission est de veiller à l’application des lois, à l’exécution des décisions de justice et surtout de défendre les intérêts de la société. Le procureur de la république à ce titre poursuit les criminels et autres personnes aux comportements délictieux.

 

Monsieur le procureur Tchimou ou Moukki

Nous sommes en novembre 2007. Des gens se disant souscripteurs des maisons de placement font une descente au palais de justice. Le bilan, c’est vous-même qui le donnez dans "Le Matin d’Abidjan" du mercredi 28 novembre 2007 : "de nombreux dégâts matériels ont été enregistrés après leur passage, certains magistrats avaient été agressés". En dépit de ce cas flagrant de destruction de biens publics, de violence sur magistrats, vous n’avez rien fait. Pourquoi ? Parce que derrière ces souscripteurs, se trouvait un certain Vitalien Siahou. Et parce que derrière cet homme se trouve une certaine nébuleuse chouchoutée par le régime, qu’on appelle Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI). Et parce qu’en fin de compte qui dit FESCI dit "patriotes" ou Front populaire ivoirien (FPI). Vitalien Siahou malgré ses sorties quasi récurrentes dans la presse où il vous traitait de tous les noms sans avoir à utiliser des anagrammes, n’a jamais été inquiété. Pourquoi ? Parce qu’il est un "patriote". Parce que dans ce qui devrait être votre mission de veiller à l’application des lois, vous avez choisi ceux comme Antoine Assalé Tiémoko à qui cette loi mérite d’être appliquée dans toute sa rigueur et ceux à l’instar de Vitalien Siahou ou des "fescistes" qui ont bastonné des magistrats toujours au palais de justice, en 2004, à qui cette loi ne peut et ne doit s’appliquer.

Acte deux. Affaire Kieffer. Nous sommes le 25 août 2007. Vous déclarez devant les journalistes, concernant le témoignage de Seydou Berthé que "ce sont des divagations et des affabulations d’un homme qui veut se faire du sou et qui n’est pas le chauffeur personnel de Tony Oulaï mais l’un des chauffeurs de ses taxis". Analysons ensemble vos propos. Vous parlez de divagations et d’affabulations. Autrement dit, vous déclarez que cet homme qui se dit témoin dans l’enlèvement de Guy André Kieffer n’est ni équilibré mentalement ni moralement crédible. Vous déclarez qu’il veut (procès d’intention) se faire du sou (diffamation) sans avoir été capable d’apporter un début de soupçon de preuves. Vous, le grand procureur de la République qui poursuit les gens pour des délits cités plus haut, pris en train de faire ce que lui-même reproche aux autres. Mais pourquoi avez-vous été réduit, ce jour-là, à vous comporter exactement comme un avocat de la défense plutôt qu’en procureur de la république qui poursuit les criminels ? Parce que tout simplement l’accusateur pointait du doigt le palais présidentiel. Qui dit palais présidentiel dit Laurent Gbagbo, dit Simone son épouse, dit la famille du couple présidentiel, dit leurs proches, dit en fin de compte un clan.

 

Monsieur le procureur Tchimou ou Moukki

Regardez droit dans les yeux les Ivoiriens et dites leur pourquoi, avec tous les moyens dont vous disposez, vous n’avez jamais fait la lumière sur les escadrons de la mort qui ont endeuillé les familles de Camara Yèrèfè H, de Benoît Dakoury, de Emile Téhé et de ces dizaines de morts anonymes ou non lors de cette crise. Regardez les dizaines de milliers d’Abidjanais qui ont souffert des déchets toxiques (et en souffrent encore) et dites leur pourquoi alors que vous êtes sur l’affaire depuis le 7 septembre 2006, l’enquête sur ce crime ignoble, n’est pas encore à son terme. Regardez la mère de Habib Dodo, si vous osez et dites lui si vous poursuivrez un jour les assassins de son fils alors que le dossier est sur votre table depuis août 2007.

 

Monsieur le procureur Tchimou ou Moukki

Vous avez traité plusieurs affaires et vous continuez d’en traiter qui opposent des Ivoiriens à d’autres Ivoiriens. Pouvez-vous soutenir au moins devant les hommes et surtout devant Dieu (il parait que vous dites que vous êtes chrétien) que dans les affaires UCEE de Louis Laouré Koffi, Pierrette Adam’s contre Claude Dassé, Jesa International, Victoire Ehivet Mady contre Aristid Konan Konan, etc, vous avez agi selon la  justice ? Si oui alors que Dieu vous bénisse. Si non, qu’il vous rétribue selon vos œuvres.

Pour ma part, j’attends ma deuxième convocation. La prison ne m’effraie pas. C’est la justice corrompue et les magistrats marrons qui me font peur. Je suis convaincu que dans un pays corrompu, avec une justice corrompue, la place des hommes honnêtes se trouve en prison. Mais avant d’y être appelé, j’aimerais que vous méditiez sur cette question. Quelle image voulez-vous que l’histoire retienne de vous ? L’image d’un procureur militant, partial à la réputation et à la moralité écorchées, dont la justice a divisé les Ivoiriens, opposé les uns les autres ou l’image d’un magistrat respecté parce qu’il a su s’arrêter à temps pour se remettre sur le chemin de l’équité ?

 
Post scriptum: au moment où je publie cet article, j'apprends que le jeune homme d'affaires Aristid Konan Konan jeté en prison par la petite soeur de Simone Ehivet Gbagbo répondant au nom de Marie Victoire Ehivet épouse Madi, est décédé. Il était détenu à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) depuis le 8 mai 2007. A plusieurs reprises le procureur de la république Raymond Tchimou a refusé sa demande de mise en liberté provisoire. Il est mort sans qu'il ne sache pourquoi on l'avait arrêté. Je reviendrai longuement sur cette affaire la semaine prochaine.

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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 19:51

Le double visage hideux du racket

 

198 kms. L'axe qui part de Daloa (zone gouvernementale) à Man (zone Forces nouvelles) est la preuve vivante que les tracasseries sur les routes ivoiriennes ont la peau dure. Séparément ou ensemble, les deux forces armées ex-belligérantes rackettent sans vergogne. Nous avons été témoin de ces pratiques déshonorantes. Carnet de route sur l'axe Daloa-Man.

Le véhicule "Massa" de 23 places à bord duquel nous avons pris place est flambant neuf. Le conducteur, un jeune homme insolent, refuse d'éteindre sa cigarette. Les plaintes de quelques passagers ne l'ébranlent guère. Il est suivi quelques instants par son apprenti et par un passager assis à sa droite. Il est un peu plus de midi, ce lundi 26 novembre. La fumée et l'odeur dégagées par les cigarettes qui brûlent dans le véhicule en rajoutent à la chaleur. A la sortie ouest de Daloa, un check point est tenu par des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS). Un agent aux yeux rouges et puant l'alcool s'approche du convoi, salue les passagers et les invite à montrer leurs pièces d'identité. Ce qu'ils font tous à l'exception d'une femme d'un âge avancé qui somnolait.

 

Au Front

Il la fait réveiller. "Toi, tu n'as pas droit au contrôle ?", Lui demande-t-il sur ton franchement mal poli. "C'est une vieille, s'il vous plaît", laisse entendre une voix féminine dans le véhicule. "Et alors ? Rétorque l'agent. On peut pas la contrôler parce qu'elle est vieille ?" "Laissez-la descendre", fait-il savoir aux voisins de la vieille femme qui, apparemment, n'avait pas de pièce d'identité. Sur ce, le conducteur intervient : "chef, pardon, c'est une vieille". L'agent consent à laisser la vieille femme tranquille. Il ne s'empêche cependant pas de préciser que nul ne peut lui apprendre à faire correctement son travail. "Ça fait six ans. Je suis au front ici. Ça fait six ans que je ne vois pas ma famille. Donc faut pas chercher à m'énerver" martèle-t-il en rejoignant le poste où l'apprenti chauffeur s'était déjà rendu pour s'acquitter de son "droit de passage". Le véhicule quitte le corridor. Un élève qui dit vouloir rejoindre ses parents dans leur campement parce que "depuis la rentrée, y a pas cours", fait remarquer que l'agent a parlé de six ans de présence au front alors que le conflit est à seulement cinq ans. "Six ans qu'il rackette ici, plutôt", fait remarquer la voix féminine qui avait pris la défense de la vieille femme. Eclats de rire dans le véhicule. A tous les postes des FDS traversés, le conducteur descend si ce n'est son apprenti et va remettre de l'argent aux agents. A Guessabo, tous les passagers sont priés de descendre par le conducteur. Il dit à son apprenti d'aller voir le conducteur présent dans le mini car arrêté devant. "On va lui vendre les clients et retourner à Daloa" ajoute-t-il. Des passagers se plaignent qu'ils ne sauraient être comparés à des marchandises et qu'il n'était pas prévu au départ de Daloa qu'ils soient "vendus" à un autre conducteur. Les plaintes laissent notre conducteur indifférent. Il allume une cigarette, arrête le moteur, descend du véhicule et s'en éloigne. Son apprenti et le conducteur du véhicule garé devant le nôtre le rejoignent. Il s'en suit une longue palabre. En fin de compte, notre conducteur met la main à la poche et en sort de l'argent. Il le compte et le remet à son confrère. L'apprenti chauffeur revient vers nous et se met à descendre les bagages. Les plaintes, une fois, de plus, des passagers, le laissent indifférent "C'est pour vous arranger", laisse-t-il enfin tomber. La remarque fait piquer une crise de colère à une fonctionnaire d'un organisme international. L'apprenti conducteur avec son air indifférent, commence à aboyer "Daloa, Daloa". Il a fini de faire descendre les bagages et l'autre apprenti conducteur est en train de les monter à bord de notre nouveau mini car. Le conducteur de notre nouveau mini car est plus poli. Il demande pardon à la fonctionnaire internationale et lui fait savoir que le convoi va démarrer dans "cinq minutes". Il tint parole. Direction Duékoué. Cette ville n'a jamais été sous contrôle rebelle mais elle a été marquée par le conflit comme si elle l'avait été. Le 28 novembre 2002, c'est l'armée française qui a stoppé net l'avancée des combattants du Mouvement populaire ivoirien du grand ouest (MPIGO) et du Mouvement pour la justice et la paix (MJP) aidés de mercenaires libériens. Duékoué a payé un lourd tribut pendant cette crise notamment par les massacres de Petit Duékoué et de Guitrozon. Nous parvenons à ces villages situés dans la commune après avoir traversé la ville de Duékoué. A quelques mètres du corridor des FDS que nous passons sans difficultés, (l'apprenti conducteur est descendu et a remis de l'argent à un agent au poste), se trouve la fosse commune dans laquelle ont été inhumées les dizaines de personnes tuées il y a trois ans environ lors d'une attaque. La fosse commune est couverte par des herbes hautes. Elle est presqu'invisible.

 

Taxe sur les bagages

Nous atteignons Bangolo, ville anciennement en zone de confiance et contrôlée aujourd'hui par la force mixte FAFN-FDS. Pour permettre que des douaniers ne fouillent pas les bagages des passagers, ce qui aurait pour conséquence de faire perdre le temps aux voyageurs, l'apprenti conducteur à Guessabo avait fait lever une cotisation spéciale de 300F CFA à 500F CFA à chaque passager. Il rappelle qu'une fois que le corridor mixte à la sortie de Bangolo passé, il ne dispose plus d'argent pour que les bagages ne soient plus fouillés. Autrement dit, à Logoulé (premier poste des FN dans la région des Montagnes), chaque passager doit mettre la main à la poche. Logoualé est mal éclairée. Il fait nuit. Le mini car va s'immobiliser sur un terrain vague jouxtant la voie qui mène à Man, sur lequel a été construit en hâte, un bâtiment en bois. Celui-ci sert de poste de contrôle des identités. En réalité, c'est un poste de racket. Un élément des Forces nouvelles y est assis. C'est lui qui tient les pièces d'identité qui ont été prises quelques instants plus tôt aux passagers par un autre soldat pas du tout bavard. Aux passagers, il lance : "ça fait 300 francs". Un homme qui dit se rendre à Man, tente de négocier. Il se bute à un mur. "Mon frère, si tu veux, faut pas payer. Mais c'est les moustiques qui vont te tuer ici parce que tu vas dormir ici", lui fait savoir le soldat. La négociation commence à mettre du temps. Et d'autres passagers commencent à perdre patience. Ce sont eux qui choisissent de mettre la pression sur l'homme qui négocie pour obtenir une réduction de 100F CFA à 200FCFA. Un passager se propose de payer pour lui, en fin de compte. Le soldat des FN consent à lui rendre sa pièce d'identité. Il lui fait savoir qu'il est un sacré veinard "sans ça, tu allais dormir ici". Au moment où les passagers montent dans le véhicule, un soldat, très jeune d'à peine 20 ans, s'approche d'eux et leur fait savoir qu'il doit contrôler "tous les bagages". Une dame qui se lamentait parce qu'elle disait se rendre à des funérailles dans un village éloigné de Man, est noire de colère. Elle demande au soldat sur un ton dur pourquoi il a attendu tout ce temps avant de se manifester. Celui-ci explique qu'il voyait les gens arrêter mais qu'il ne pouvait pas savoir qu'ils étaient les passagers du mini car. L'apprenti conducteur fera savoir plus tard que c'est ainsi que les soldats de ce poste procèdent toujours en vue de faire monter les enchères. La technique semble bien marcher. Puisque tous les passagers du véhicule y compris l'homme qui négociait, il y a quelques minutes, pour obtenir un rabais sur sa "taxe", consentent à cotiser, chacun 300 FCFA. L'argent est remis au soldat. Le convoi peut redémarrer. Man n'est pas très loin de Logoualé. Nous l'atteignons sans incident. Au corridor à l'entrée de la ville, même impôt sur les identités, même taxe sur les bagages. Dans la région militaire commandée par Losséni Fofana, ces deux formes de racket, sont depuis bien longtemps une tradition.

André Silver Konan

 

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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 20:09

« Ils vont prendre drap ! »

Alpha Blony a chanté dans son dernier album Jah Glory une chanson sur la crise ivoirienne. « Gbangban, ils ont créé là, ils vont prendre drap ! », chante-t-il. A Yopougon, la chanson a été interprétée et fait le tour des quartiers. La nouvelle mouture est la suivante : « Gbagbo ils ont voté là, ils vont prendre drap ! ». Les Ivoiriens ne manquent vraiment pas d’imagination. Dans l’humour, ils disent ce qu’ils pensent. Et c’est généralement vrai. « Gbagbo, ils ont voté là, ils vont (vraiment) prendre drap ! »

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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 21:40

Gbagbo OK

 

Tornade de promesses sur  Boudépé,  Bécédi Brignan et Agou. Rien de surprenant. Les promesses, on le sait et surtout celles du chef, n’engagent que ceux qui y croient. Mais hier, Laurent Gbagbo a franchi une étape. A Yopougon, on dirait qu’ « il a fini avec promesses ». Cela est d’autant vrai qu’avec le sourire du boulanger, il a dit « ok » à presque toutes les doléances des populations. Ok pour les routes. Ok pour les écoles. Ok pour les sous préfectures. Ok. Ok. Sacré Laurent Gbagbo…OK !

 

André Silver Konan

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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 16:24
“Tu viens de faire ton expérience de la refondation, quand ouvriras-tu les yeux ?”

 

Bonjour grand frère,

Ce n'est qu'aujourd'hui que je décide de t'écrire. Je ne l'ai pas fait la semaine dernière au moment où ta bastonnade chez le chef de l'Etat par ses soldats faisait la "Une" des journaux parce que je voulais prendre le temps de t'observer. Observer ton comportement, disséquer tes propos, analyser tes réactions afin de cerner ta personnalité. J’en suis arrivé à la conclusion selon laquelle tu es un homme qui ne sait pas ce qu'il veut dans la vie. Je vais te dire pourquoi je suis arrivé à cette intransigeante conclusion, mais permets moi avant tout, de te dire "yako". Trois fois "yako". D'abord "yako" pour ta bastonnade physique. En tant qu'homme, je sais que tu as souffert dans ta chair. Recevoir des coups de bottes et de crosses de fusils sur son corps n'est pas à souhaiter à son pire ennemi. Je te dis donc "yako" pour cela. Je te dis ensuite "yako" pour ta bastonnade morale. Toi, le " maréchal " de l'Union des patriotes pour la libération totale de la Côte d'Ivoire (UPLTCI) qui revendique des milliers de combattants (d'autres diront des miliciens), te faire bastonner comme un vulgaire citoyen par des bidasses ! C'est vrai que je n'ai jamais cru que ton groupe que d'autres appellent milice, pouvait compter plus de cent jeunes gens, mais cela ne donne tout de même pas le droit à des soldats du rang de te frapper. Après tout, même si tu n'as rien fait pour mériter le grade de maréchal des "jeunes patriotes" que tu t'es arrogé, tu ne demeures pas moins le doyen des "jeunes patriotes". Rien que pour le droit sacro saint d'aînesse en Afrique, ces jeunes soldats te devaient du respect.

Enfin, je te dis "yako" pour ta bastonnade symbolique. Vois-tu, tu as été frappé à la résidence présidentielle, le lit du pouvoir, le symbole de l'âme de notre pays. C'est un lieu qui devrait symboliser la quiétude, surtout la sécurité. L'autre symbole est ta propre personne. Tu es l'un des leaders de la lutte patriotique. Tu n'es pas une icône. D'ailleurs, personne parmi vous n'est une icône puisque vous ne méritez pas d'être cités comme des modèles à imiter autant que Sidiki Konaté ou Alain Lobognon dans la rébellion. Cependant, après Blé Goudé que tu as toutes les raisons de ne pas aimer, tu es le plus en vue parmi les leaders de la nébuleuse patriotique. Donc, tu ne devais pas être bastonné par des soldats de la garde rapprochée de Laurent Gbagbo et surtout pas à la résidence présidentielle. Mais le fait est que tu l'as été.

 

Grand frère,

Je vais te faire un aveu. Quand j'ai lu dans la presse, le mardi 2 janvier que tu avais été bastonné par des soldats de la garde rapprochée du chef de l'Etat à sa résidence de Cocody le 31 décembre, je n'y ai pas cru. J'ai tout de suite pensé à une manipulation. Tu sais de quoi je parle. Dans votre milieu, on parle plutôt de "complot". Touré Al Moustapha alias Aladji Forceur sait de quoi je parle, lui dont une rumeur bien organisée avait donné un temps, pour fusillé à Yopougon. A la suite de ce "complot" qui avait fait grand bruit, de nombreuses portes lui ont été ouvertes. Blé Goudé sait de quoi je parle, lui dont on a dit dans un journal où il avait deux ou trois amis, qu'il avait échappé à la mort après l'accident ( ?) de son premier véhicule "France au revoir". Blé Goudé sait comment à la suite de ce "complot", des barons du Front populaire ivoirien (FPI) dont Marcel Gossio (chaque fois que j'écris ce nom, je ne peux m'empêcher de penser aux victimes des déchets toxiques), le directeur général du Port autonome d'Abidjan, lui ont offert des véhicules. Donc je pensais à une manipulation. Malheureusement, ce n'en était pas une. Cependant, je ne doute pas que les faits aient été exagérés. Avec cette minerve au cou alors que tes proches eux-mêmes ont confié que dans ta clinique à Yopougon, aucune radiographie n'a été faite. Mais une minerve au cou, ça fait beau à voir dans un journal. Et ça suscite aussi la compassion.

 

Grand frère,

Tu as dû te rendre compte par toi-même. Ta bastonnade n'a fait l'objet d'aucune déclaration d'indignation du FPI, ton parti selon toi, encore moins des autres membres de la nébuleuse patriotique ou du Congrès national de la résistance démocratique (CNRD) dont tu es membre. Bien sûr, il y a eu quelques visites dans la deuxième clinique où tu as été transféré. Pour cela, les Ivoiriens n'ont pas pondu des déclarations télévisées comme ils savent le faire depuis que la télé nationale est entre des mains non expertes et non professionnelles.

Est-il besoin, dans ces conditions, de te dire que tu n'es pas aimé ? Ce soldat qui t'aurait dit, selon toi-même " Je vais te tuer et il n'y aura rien ", aurait pu te loger une balle quelque part et il n'y aurait sans doute rien eu. Puisque tu le sais autant que moi, ni Kuyo Téa, ni les soldats qui t'ont frappé n'ont été sanctionnés par Laurent Gbagbo. Tu sais aussi qu'aucune enquête n'a été ouverte pour élucider l'affaire. Tu peux te réconforter en " tirant " sur des proches de Laurent Gbagbo mais tu sais très bien pour avoir été leader de la nébuleuse FESCI, qu'un chef qui ne sanctionne pas, cautionne. Tu as pu mesurer combien tu ne représentes rien aux yeux de ceux que tu suis. Et cela m'amène à te dire pourquoi je dis que tu es un quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il veut dans la vie.

 

Grand frère,

Je me permets de te rappeler que tu as au moins 42 ans, aujourd'hui. A 42 ans, tu n'as aucun emploi connu. Ce n'est pas moi qui l'invente. C'est toi-même qui le dis. Tu l'as dit à "Notre Voie" (du vendredi 4 janvier 2008) dans l'énoncé des circonstances de ton humiliante bastonnade. Tu as déclaré que tu as confié à la secrétaire du chef de l'Etat le 31 décembre, à la résidence présidentielle " trois doléances dont une urgence et deux non pressées ". L'urgence, selon tes explications était que tu souhaitais entrer en possession dare dare du "bonne année l'argent" de 15 millions Fcfa (si j'en crois un confrère) que toi et certains leaders patriotiques, comptiez prendre avec Laurent Gbagbo. " Chaque année, entre le 29 et le 30 décembre, le Président nous donne de l'argent que nous partageons à tous ces jeunes que nous avons organisés pour la résistance patriotique. Cela leur permet de fêter. C'est comme ça ", as-tu expliqué dans "Notre Voie". L'urgence pour toi donc, c'était l'argent pour aller "fêter". Cette affaire de jeunes à qui tu partagerais de l'argent n'est qu'un prétexte pour obtenir une rallonge. Cela est d'autant plus vrai qu'à 20 H le 31 décembre, je ne vois pas comment tu t'arrangerais pour partager l'argent du contribuable ivoirien avec tes pseudo jeunes qui se trouveraient par exemple à Toumodi. Mais là n'est pas le problème. Le problème c'est qu'à en croire "Notre Voie", tes deux doléances non pressées avaient " trait à (ton) état de sans-emploi que (tu) comptais soumettre au Président Gbagbo ". A 42 ans diplômé Bac+5, tu es sans emploi, dans une république où ton président, ton "vieux père" comme tu l'appelles, nomme, à coups de signature, des gens qui n'ont jamais pu produire un CV, ministres; des "semi analphabètes" PCA et des "coupeurs de route" (cf Le Matin d'Abidjan), chargés de mission. De toutes les façons, comment Laurent Gbagbo peut-il te nommer quand toi-même tu relègues au second plan, la question de ton emploi ? Comprends-tu pourquoi je te dis que tu ne sais pas encore ce que tu veux dans la vie ? Tu cries partout que tu es un cadre du FPI, mais serais-tu capable de me dire quel poste tu occupes au secrétariat général, au comité de contrôle ou à la direction de ce parti ? Je crains que tu puisses le faire parce que tu n'as aucun poste dans ce parti. Vois-tu, tu ne fais l'objet d'aucune considération à ce niveau-là encore. Tu me répondras que tu t'es engagé dans la résistance patriotique à l'avènement du conflit né le 19 septembre 2002, pour défendre une cause. Mais, tu es un intellectuel comme moi et tu sais que quand on s'engage dans la défense d'une cause juste ou mauvaise, on n'attend rien en retour. Alors que toi, tu attends de l'argent en retour au point où quand cet argent ne vient pas, tu t'énerves et tu te fais frapper comme un vulgaire petit voyou d'Adjamé, par des soldats de la garde présidentielle. Donc, tu ne défends aucune cause si ce n'est celle de ton ventre. Aussi es-tu obligé de défendre un poste : celui de Laurent Gbagbo. Raison pour laquelle tu crois que tu as le droit de te faire payer pour cela.

 

Grand frère,

Je refuse de rentrer dans le débat nauséabond du tribalisme, hélas bien réel, que toi et tes proches dénoncez. Mais, je ne peux m'empêcher de constater que pour le même travail que vous faites à savoir défendre le poste de Laurent Gbagbo, Blé Goudé et toi, êtes traités de façon inégalitaire. Lui, roule carrosses, gère une agence de communication qui décroche les plus gros marchés de l'instant, envahit la télé nationale alors que toi, tu te contentes d'expédients. Tu es obligé de tendre la main pour vivre. Tu es obligé de t'humilier en organisant une publicité à la fois gigantesque et infantilisante autour d'une bastonnade somme toute indigne dont tu as été victime. L'objectif étant, je n'en doute pas, de quémander de la pitié. Si cela n'est pas de la mendicité, ça en a tout l'air. Un homme, qui sait ce qu'il veut dans la vie, peut-il se réduire à une telle bassesse ?

 

Grand frère,

Tu as 42 ans. Tu n'es donc plus un jeune, encore moins un enfant. Tu es sous sanction onusienne pour ton activisme nationaliste et tu risques d'être traduit devant le tribunal après la chute de Laurent Gbagbo, cette année. Je parle de chute de ce dernier cette année parce qu'aucun Ivoirien lucide ne peut être suffisamment masochiste pour le voter à la prochaine présidentielle qui aura lieu certainement cette année. A défaut du tribunal, tu seras réduit encore plus à la mendicité avec le prochain pouvoir. Et ce n'est pas sûr que tu trouves des mains généreuses pour te donner de l'argent chaque 29 ou 30 décembre. Je l'ai déjà dit, chacun fera son (amère) expérience du "régime tribal et sanguinaire" (ce sont les expressions utilisées par tes proches et parues dans les journaux le 3 janvier dernier) de Laurent Gbagbo. Junior Ahua a fait la sienne. Il a choisi de quitter la confrérie. Laurent Tapé Koulou a fait la même expérience. Il a pris ses distances. Idem pour Tony Oulaï et Mathias Doué. Avant eux, on peut citer les Anaky Kobena, Paul Arnaud et autres. Plusieurs autres personnes qui ont flirté avec le régime de Laurent Gbagbo et ont découvert son réel visage, ont décidé de prendre leurs responsabilités. Tu viens de faire ton expérience à toi et Dieu merci, elle n'a pas été tragique comme cela a été le cas pour Dr Benoît Dakoury et Guy André Kieffer.

C'est à toi de savoir si tu refuses que ta vie soit un échec, que toi-même tu sois en fin de compte, un homme raté ou non, si tu continues d'être un homme que ceux que tu sers et suis ne respectent pas, qui ne sait pas ce qu'il veut dans la vie. Je t'observe. Les Ivoiriens t'observent.

André Silver Konan

 

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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 19:24

 

"Va te réconcilier avec IB "

 

Bédié s’est réconcilié avec Ouattara. Il a fait la paix avec les héritiers de Guéi. Gbagbo s’est réconcilié avec Soro. Il a fait la paix avec Compaoré. Nous sommes à l’heure des réconciliations tous azimuts. Le moment de traquer le sergent chef putschiste est inopportun dès lors qu’on n’arrive pas à prouver ce qu’on lui reproche.  Qu’est-ce qui est plus difficile ? Faire la paix avec Laurent Gbagbo le pire ennemi d’hier ou se réconcilier avec IB le grand ami d’hier ? Guillaume Soro, va te réconcilier avec Ibrahim Coulibaly !

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9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 11:17

“Vous êtes sans pitié pour vos semblables…Dieu dit qu`il va frapper”               

                                                                                   

Et rebelote ! Moïse Koré, le guide spirituel de Laurent Gbagbo, a décidé de parler. Il a choisi le passage en 2008 pour dire sa "prédication sur la parole de Dieu". Devant Laurent Gbagbo et son épouse, des barons de la refondation, des habitués du palais et de la résidence présidentielle, le pasteur Moïse Koré a parlé sous la dictée, selon lui, de Dieu. Hier mardi, le confrère Le Patriote a publié en intégralité son homélie impersonnelle. Dans laquelle il s'en prend aux refondateurs. " Vous êtes sans pitié pour vos semblables ", s'est-il adressé aux tenants actuels du pouvoir sans les citer nommément. Après Mamadou Koulibaly, voilà bien un autre " blues de la République " arrosé à la sauce…chrétienne. Fini le temps des prières patriotiques exaltées.

" La Côte d'Ivoire est la Côte d'Ivoire de Dieu. Quand on voit les gens souffrir, Dieu ne voit-il pas ? Quand vous êtes sans pitié pour les indigents dans ce pays. C'est à cause de nous que Dieu a mis les pauvres de côté pour voir s'il y a de l'humanité en nous. Ils sont là quotidiennement à côté de nous pour que Dieu voie si nous avons un cœur, si vraiment le cœur de Dieu est parti pour être remplacé par un cœur de chair. Ce que vous n'aimez pas qu'on vous fasse, c'est ce que vous faites aux autres. Si vous étiez à la place des ces gens, vous auriez souhaité qu'on ait pitié de vous. Vous êtes sans pitié pour vos semblables. Moi et moi seul. Après moi, c'est le déluge. Dieu voit tout. Dieu te voit. Dieu vous voit. En un instant, il décide d'agir, vous n'existez plus ". Moïse Koré a voulu parler. Et il a parlé. Le pasteur de Laurent Gbagbo a fait savoir que son sermon lui a été recommandé par Dieu. " Depuis quelques jours, a-t-il confessé, l'esprit de Dieu me pousse à parler. Depuis quelques jours, de retraites en veillées, de jeûne en jeûne, je suis partout (…) Dieu m'a dit : " parle !" ". A trois reprises, il a mis en garde ceux qui tenteraient de porter atteinte à son intégrité physique après avoir entendu ses vérités. " Tout ce que tu peux faire, c'est de me tuer. Mais je suis avec Dieu. Arrive-t-il une seule chose sur cette terre sans que Dieu ne l'ait ordonnée ? Essaie de me tuer. Demandez à Haman, il voulait tuer Mardochée, il a dressé une potence. La potence s'est retournée contre lui-même. Il en sera ainsi pour celui qui osera faire du mal à un enfant de Dieu ". Moïse Koré qui a été souvent cité (sans preuves formelles connues) dans des histoires d'achats d'armes de guerre, sait dans quel marigot il nage. Autant la colère de Dieu a prédit le conseiller spirituel de Laurent Gbagbo, va s'enflammer contre ceux parmi les personnes à qui il s'adresse, qui voudraient former le dessein de porter atteinte à sa vie ; autant il a fait savoir que " Dieu dit qu'il va frapper. Parce que la justice doit être la règle dans ce pays ". Plus précis, l'homme qui aurait prédit à Laurent Gbagbo quand il était dans l'opposition qu'il serait président de la République, a voulu être plus précis : " Ainsi parle l'Eternel. Voler, mentir et mentez encore et racontez des histoires. Mais cette année, ma justice paraîtra (…) c'est Dieu même qui va enlever des gens. Si demain, on accompagne des gens au cimetière, ne vous posez pas trop de questions ". Pour tout dire, Moïse Koré est remonté contre ceux qui tiennent les rênes du pouvoir. Autrement dit, contre les refondateurs dont Laurent Gbagbo, le chef de l'Etat. " Vous ne pouvez pas savoir qu'il faut aimer les gens et fermer vos visages sur eux. Ça grogne de partout dans le pays. Dieu entendait quand les enfants d'Israël pleuraient en Egypte. Dieu a entendu leurs gémissements. Mais Dieu entend les Ivoiriens pleurer dans leurs demeures. Les Ivoiriens se plaignent et Dieu a décidé de se lever. Sa justice lui viendra en appui parce que la vérité trébuche sur la place publique. Les gens sont devenus fanfarons, arrogants, ennemis des gens de bien, avares, orgueilleux…Il y en a qui ont mis une fermeture éclair sur leurs poches. Non contents, ils ont mis un cadenas. Non contents, ils ont doublé le pantalon ".

Dans son sermon inspiré de Dieu, selon lui, Moïse Koré s'est directement adressé à Laurent Gbagbo dans des termes certes indirects. " Vous savez, a-t-il laissé entendre à l'assistance, quand on est puissant, on a beaucoup d'amis. Quand on est en position, on a beaucoup d'amis. Mais vous allez connaître la solitude. C'est de cela que Dieu veut parler. Quand Dieu veut parler à quelqu'un, il lui enlève tout ce qui fait sa dignité. " C'est pourquoi, je donnerai leurs femmes à d'autres et leurs chars à ceux qui les déposséderont. Car, du plus petit au plus grand, tous sont avides de gains. Depuis le prophète jusqu'au sacrificateur, tous usent de tromperie. Ils pansent à la légère la plaie de la fille de mon peuple. Paix, paix, disent-ils et il n'y a point de paix. Ils seront confus, car ils commettent des abominations. Ils ne rougissent pas, ils ne connaissent pas la honte. Mais, ils la connaîtront. C'est pourquoi, ils tomberont avec ceux qui tombent ". Moïse Koré fait savoir qu'" il ne s'agit pas d'aller distribuer des tee-shirts dans vos régions. Les gens veulent manger. Ils ont faim. Sans les tee-shirts, ils vivaient ". Après le "blues de la République" du président de l'Assemblée nationale Mamadou Koulibaly, ce sermon de Moïse Koré, proche parmi les proches de Laurent Gbagbo, montre bien que le temps des dénonciations publiques des dérives morales, politiques, sociales, économiques des refondateurs par eux-mêmes, est bel et bien arrivé. Signe des temps…

André Silver Konan

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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 19:05

« Le niveau d’étude primaire» de Watao  

 

Si on en croit L’inter dans son édition d’hier, Ouattara Issiaka alias Wattao aurait mis en garde des éléments FN à l’ouest du pays contre IB qui, selon lui, « veut devenir président avec le niveau d’étude primaire ». Quelle profession de foi ! Si jusqu’à présent, on n’a pas encore entendu IB dire qu’il veut devenir président, on se demande bien pourquoi après tout, il ne nourrirait pas ce genre de rêve. Dans ce pays, des gens ne sont-ils pas devenus commandants et chef d’état major adjoint avec « le niveau d’étude primaire » !

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