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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 10:36

Selon les Autorités, ce sont pas moins de 100 000 véhicules qui devraient passer, chaque jour, sur le pont Henri Konan Bédié. Avec ce chiffre, je pense que le Gouvernement pourrait faire un grand cadeau de fin d’année aux Abidjanais, en fixant des tarifs de passage, accessibles à tous. Voici donc mes propositions, et j’expliquerai pourquoi elles me paraissent judicieuses.

 

-         300 FCFA pour les véhicules personnels et les taxis ;

-         500 FCFA pour les cars de moins de 32 places (transport ou non)

-         1 000 FCFA pour les cars de plus de 32 places et les gros camions.

 

Remboursement de la dette


Avec ces tarifs, en partant d’une moyenne de 500 FCFA par jour, on a une recette quotidienne de 50 millions FCFA et 1.5 milliard FCFA par mois. Cela donne 18 milliards FCFA par an. En dix ans, sans tenir compte du nombre de véhicules qui va certainement passer du simple au double, et les frais de fonctionnement, le péage aura rapporté 180 milliards FCFA, largement suffisants pour rembourser la dette de 152 milliards FCFA, contractée par l’Etat et Bouygues (les deux associés majoritaires de l’entreprise qui gère le pont), auprès de la Banque africaine de développement (BAD). Si non et dans le pire des scénarii, étant donné que l’exploitation du pont devrait durer 30 ans (si je ne m’abuse), les partenaires au projet, ont tout le temps d’entrer dans leur fonds, avec ces tarifs.

 

Pouvoir d’achat


Je propose ces tarifs parce qu’avec 300 FCFA, les propriétaires de véhicules personnels ne perdraient rien, bien au contraire. Ils épargneront sur le prix du carburant qu’ils payaient jusque-là en passant par le pont De Gaulle au Plateau, et cette somme relativement dérisoire, n’aurait pas d’impact sur leur portefeuille. Quant aux taxis et autres wôrô wôrô, avec 500 FCFA, ils ne feront pas exploser le titre de transport, entre Riviera et Marcory. Mieux, le tarif pratiqué actuellement sur le trajet, devrait baisser et cela profiterait à leurs clients qui se rendent habituellement de Riviera à Marcory, Koumassi et Port-Bouët (et vice-versa).

 

Bénéfice politique


Etant donné que l’incidence sur le pouvoir d’achat serait importante, le pont HKB, en plus d’être devenu un lieu de tourisme intérieur, et de footing quotidien (il y a donc une incidence sur la santé), serait un véritable outil de développement dans la zone Cocody, Marcory, Koumassi, Port-Bouët (l’épargne sur les frais de transport servirait à la consommation); et serait présenté comme l’un des ponts à péage les moins chers au monde (300 FCFA, soit 0.45 euros). Tout cela sera mis au compte du Président Alassane Ouattara, au moment où la pilule du double péage sur l’autoroute du Nord passe encore difficilement.

A ceux qui disent qu’ « on ne mange pas la route », il faut bien montrer, par un péage accessible, que « la route fait manger ». Telle est ma doléance pour la nouvelle année. A bon entendeur, salut ! L’expression n’est pas de moi…

 

André Silver Konan

Journaliste-écrivain

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 16:44

Qui doit payer la note de la censure ?

 

Chaînes étrangères d’informations générales suspendues. Messageries écrites et alertes à la newsletter de l’actualité nationale impossibles. Radio et télé nationales boudées. Pendant plus de trois semaines, certains consommateurs d’information et de télécommunication ont subi le black. Mais qui doit donc en payer le prix ?

Jean Béda ne décolère pas contre la Radio télévision ivoirienne (RTI). Ce jeune travailleur de l’administration publique n’a pas assez de moyens pour s’offrir une antenne parabolique ou un abonnement Canal Horizons. « Je ne regarde plus la télévision ivoirienne depuis bien longtemps, car je l’assimile à la télé LMP (La majorité présidentielle, qui a porté la candidature de Laurent Gbagbo, à l’élection présidentielle, NDLR) faite pour les militants LMP et animés par des journalistes LMP. Cependant, chaque fois qu’on me donne ma facture d’électricité, je dois payer 2.000 FCFA comme redevance RTI. Je suis obligé de payer puisque si je choisis de payer seulement le prix de ma consommation, cela me fera un reliquat et au bout d’un moment, la CIE (Compagnie ivoirienne d’électricité, NDLR) va me couper la fourniture en électricité. Comment peut-on  m’obliger à payer une redevance pour une télé que je ne regarde pas ?», martèle Jean Beda. Comme Jean Beda, ils sont nombreux les Ivoiriens qui sont pris dans ce dilemme depuis des années.

 

Coût fixe mensuel

Tout comme, ceux qui ont un abonnement Canal Horizons et qui doivent honorer leur facture à un coût fixe mensuel. Début décembre, M. Gbagbo avait fait couper le signal de plusieurs médias d’informations générales, européennes et panafricaines, sur le réseau Canal Horizons. Celles-ci étaient succinctement accusées de traitement déséquilibré de l’information. En fait, les responsables de LMP dont le président sortant, Laurent Gbagbo, n’acceptaient pas que ces médias équilibrent l’information en donnant la parole au camp du président élu, Alassane Ouattara. « J’ai pris mon abonnement surtout pour les chaînes d’information. Alors, quand on me coupe ces chaînes, je ne regarde rien du tout », révèle Adama Dembélé, un farouche militant du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, mouvement d’opposition d’alors, qui a soutenu la candidature de M. Ouattara au second tour). Celui-ci déclare qu’il aura un pincement au cœur quand il va payer sa facture du mois. Lui, ne compte pas porter plainte contre son distributeur, qui a pris le soin, en dépit de la très forte médiatisation de la décision de censure, de l’avertir par courriel et s’excuser auprès de lui.

 

« Suspension abusive »

Une position que ne partage pas Jean-Paul Ouraga, un gérant de cabine téléphonique à Angré-Mahou, pour qui, ses collègues et lui, devraient envisager une action en justice contre les maisons de téléphonie mobile qui ont suspendu, sur décision de l’Agence des télécommunications de Côte d’Ivoire (ATCI) les sms, pendant plusieurs jours. « Cela ne nous arrange pas. Il y a des personnes qui ne communiquent que par sms. Et ces personnes sont de grands consommateurs d’unités que nous transférons ou de cartes de recharge », fait-il remarquer. Pour lui, cela n’est rien d’autre qu’une « suspension abusive » qui doit être combattue. La suspension des sms a aussi pénalisé les abonnés aux newsletters d’agences de presse qui alertent leurs clients par ce procédé. « Ce n’est certes pas notre faute, puisque nous sommes aussi des victimes de cette censure qui ne dit pas son nom », objecte un responsable de l’une de ses agences.

 

Qui paye la note ?

Qui doit donc payer la note ? Pacôme Ahouré, doctorant en droit des affaires à l’université de Cocody, répond que « chaque consommateur qui se sent lésé dans un contrat qui le lie à une entreprise, que cette dernière officie dans le domaine des télécommunications ou dans celui de l’information, a le droit de saisir les juridictions pour obtenir réparation d’un préjudice subi ».

Cependant, note-t-il, « il faut bien voir que la rupture momentanée du contrat, si elle est liée à un cas de force majeure, indépendant de la volonté de l’entreprise, comme cela semble être le cas dans les exemples cités, alors, induit que l’action quoique fondée risque d’être inconséquente ».

En ce qui concerne le non paiement de la redevance RTI, Pacôme Ahouré rappelle « le principe du parallélisme des formes ». En clair, « il est évident que la redevance RTI a été décidée à l’Assemblée nationale par les députés. Il appartient aux téléspectateurs et auditeurs de la RTI, qui ne se reconnaissent pas dans sa façon de traiter l’information, de mettre la pression sur leurs élus, pour que la question soit débattue à l’Assemblée nationale et que le payement de la redevance RTI ne soit plus obligatoire sur les factures de la CIE.», explique Pacôme Ahouré. En attendant, les factures du mois de décembre, marqué par le black-out tous azimuts, commencent à tomber… avec leur date limite de payement.


André Silver Konan

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 11:21
Le chef de l`Etat Laurent Gbagbo s`est exprimé, quarante-trois jours après l`annonce officielle du début du délestage. Il a soutenu que cette situation devrait prendre fin dans une semaine, ce qui est techniquement impossible, au décryptage de ses propres propos. Nous avons décelé des contrevérités dans ce discours.
Premier couac dans le discours du chef de l`Etat : des chiffres non concordants. "Nous produisions, déclare-t-il, 830 mégawatts (MW), pour une demande moyenne de 875 mégawatts par jour. Soit un déficit de 30 mégawatts hors pointe". La différence entre 875 MW et 830 MW n`est pas 30 MW mais 45 MW. Un lapsus linguae, peut-être… La deuxième information qui ne semble pas juste est celle liée à l`importation de l`électricité du Ghana. "Depuis début février, ce pays nous fournit 25 MW par jour", note Laurent Gbagbo.
La date indiquée ne colle pas avec celle avancée par le ministère des Mines et de l`Energie. En effet, c`est début février que ledit ministère a annoncé le début du délestage. A cette période, aucune autorité ne parlait de l`importation de l`électricité du Ghana. C`est seulement le 4 mars que Simon Eddy, le directeur général de l`Energie, a prononcé une conférence de presse et a confié que la Côte d`Ivoire commençait à importer de l`électricité du Ghana.
 
La fin du délestage dans une semaine ?
"Nous avons encore une semaine à subir le délestage, le temps que la turbine d`Azito soit réparée", révèle Laurent Gbagbo.
Faux ! La contrevérité dans cette allégation est contenue dans la déclaration elle-même. En effet, le chef de l`Etat révèle que deux centrales d`une "capacité de production totale de 105 mégawatts" seront mises en service, "l`une, fin mars et l`autre, début mai". Pendant le même temps, il affirme que "la centrale Ciprel qui a une capacité de production de 110 mégawatts, va s`arrêter pour cause d`entretien". Quand va-t-elle rouvrir ? Il reste muet là-dessus. Une chose est sûre, la fermeture de Ciprel va entraîner un déficit de 5 MW même si les centrales de location sont mises en service. La première centrale de location (laquelle ? Celle de Vridi dont personne ne parle ?) ne devrait être ouverte que "fin mars", par quelle magie le délestage pourrait prendre fin le samedi prochain, 20 mars surtout que même si le groupe d`Azito est réparé au cours de cette semaine, il restera toujours un déficit de production que les 25 MW importés du Ghana ne pourront combler. Au demeurant, le chef de l`Etat et les producteurs du secteur de l`énergie ne parlent pas le même langage : "Les opérateurs m`ont assuré que les équipements seront à nouveau fonctionnels avant la fin de ce mois de mars. Je leur demande de tout faire pour que, dans un délai d`une semaine, Azito retrouve son rythme normal de production".
 
Propos contradictoires
Du coup, l`on est amené à douter de la sincérité des propos du chef de l`Etat quand il déclare que "Depuis le début de cette pénurie d`électricité, aucun effort n`est épargné pour faire face à l`urgence". Le seul effort visible qui a été jusque-là consenti, après plus d`un mois de délestage, est l`importation de 25 MW du Ghana. L`on est d`autant plus amené à douter de la sincérité du propos, dès lors que le chef de l`Etat révèle que la panne survenue sur le groupe numéro un de la centrale d`Azito remonte au "22 décembre 2009". Les autorités ont mis près de deux mois (1er février 2010) pour annoncer la nouvelle aux Ivoiriens et pour solliciter le Ghana.
Concernant la cause du délestage, Laurent Gbagbo et son ancien ministre des Mines et de l`Energie, Léon Emmanuel Monnet, se contredisent. Le premier soutient que "cet accident sur la centrale d`Azito est la cause du délestage que nous subissons actuellement". Le second, invité le jeudi 11 février dernier par TV2 pour se prononcer sur la question, a révélé que "toutes les estimations concordaient sur le fait que la croissance de la demande était forte et que fin 2009, si rien n`était fait dans l`urgence, nous serions à cette période pris en délestage". Plus précis, il a soutenu qu`"en 2006, pour prévenir cette situation, nous avons organisé un séminaire important.
Tous les acteurs étaient présents : les opérateurs gaziers, les opérateurs producteurs d`électricité, l`administration elle-même. Et nous avons défini un plan qui devrait normalement nous éviter cette situation".
La position défendue par Léon Emmanuel Monnet, qui n`a pas assez de mérite en ce sens qu`il n`a pas eu assez d`entregent pour faire réaliser des investissements, est plus proche de la vérité que celle soutenue par Laurent Gbagbo. Cette position est corroborée par Jean Louis Billon, le président de la Chambre de commerce et d`industrie de Côte d`Ivoire (CCI-CI). Depuis février, il répète que "depuis 2006, l`Etat était prévenu par les soins de la CIE".
Du coup, quand le chef de l`Etat affirme que "d`après les spécialistes, le type d`accident survenu à Azito en décembre dernier est rare. Ni l`Etat ni les opérateurs eux-mêmes ne pouvaient le prévoir", cela résonne comme une autre contrevérité. L`explication est, ici encore, contenue dans la révélation faite par le chef de l`Etat lui-même, quand il explique que "la centrale Ciprel va s`arrêter pour cause d`entretien". C`est ce qui a manqué à la centrale d`Azito, surexploitée et contrainte de fonctionner en dépit des alertes des dirigeants.
Une autre contrevérité est celle qui veut que le délestage relève du fonctionnement normal d`un Etat : "On se souvient des séries de pannes d`électricité qui ont ébranlé les pays d`Amérique et d`Europe en 2003. Ici même en Côte d`Ivoire, nous avons connu une situation analogue en 1984.
Les délestages ont duré au moins trois (03) mois", souligne Laurent Gbagbo. Dans le premier cas, contrairement à ce qu`il déclare, ce ne sont pas "les pays d`Amérique" qui ont été touchés par des pannes électriques mais l`Amérique du nord. Ce ne sont pas en outre, "les pays d`Europe" mais seulement la Suisse et l`Italie. Ces pays ont géré en moins de deux semaines leurs pannes électriques, qui ne relevaient pas d`un manque de prévision mais de faits ponctuels qualifiés par la "Revue de l`Energie" de "pannes spectaculaires".
 
Faux espoirs
Laurent Gbagbo qui a mis quarante-trois jours pour réagir à la question de délestage en a profité pour régler ses comptes : "La politique des barrages hydroélectriques produisant de l`électricité à bon marché, a été abandonnée au profit de centrales thermiques. Ces infrastructures nous ont certes permis de combler le déficit de production mais elles ont contribué à creuser le déficit financier structurel du secteur". Laurent Gbagbo feint d`ignorer que c`est parce qu`elles avaient tiré les conséquences du délestage de 1984 (dû à la grande sécheresse de la même année, qui a provoqué, ce que lui-même appelle "la baisse saisonnière du niveau de l`eau dans les barrages") que les autorités d`alors, conduites par Henri Konan Bédié, ont choisi de trouver une autre source de production d`électricité, à savoir les centrales thermiques. Quand Laurent Gbagbo déclare que "La construction (du barrage de Soubré) nous permettra d`apporter une réponse durable à l`équilibre du secteur", il ne dit pas que la construction d`un barrage peut, à en croire l`ex-ministre des Mines et de l`Energie, prendre quatre ans. Dans quatre ans, (il est bien de souligner que les travaux n`ont pas encore commencé), les 270 MW du barrage de Soubré, seront insuffisants pour couvrir une demande nationale qui croît de façon exponentielle. Ce n`est donc pas juste de soutenir que la construction d`un seul barrage hydroélectrique "permettra d`apporter une réponse durable à l`équilibre du secteur".
En définitive, il est bien dommage que Laurent Gbagbo ne montre aucune volonté d`encourager la production d`électricité à partir des énergies renouvelables (EnR) que sont l`énergie solaire, les ordures ménagères (dont la Côte d`Ivoire est l`une des grandes productrices mondiales) et la biomasse énergie (cabosses de cacao dont la Côte d`Ivoire est premier producteur mondial).
André Silver Konan
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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 19:03

Analyse économique sur les dangers de la non application

 

En France, précisément à Rouen, dans le cadre d’un test pour l’obtention d’un certificat en journalisme, je suis avec attention, à travers Internet, les développements de l’actualité en Côte d’Ivoire. Il y a un sujet qui retient particulièrement mon attention. C’est celui relatif au débat sur l’application ou non de la convention collective interprofessionnelle des journalistes. L’application, sinon le respect de cette convention devrait être effective à la fin du mois de juin. Malheureusement, c’est un rendez-vous manqué. En ma qualité d’économiste, de spécialiste en ressources humaines surtout, et moins du fait de mon statut de journaliste professionnel, je me sens invité dans ce débat qui fait couler tant d’encre et de salive dans le microcosme de la presse privée ivoirienne.

En économie, il y a ce qu’on appelle l’aspect fiduciaire d’un billet de banque. Cet aspect fiduciaire est un peu le prix, le coût d’un billet sauf que ce prix, cette valeur s’apprécie selon la confiance du consommateur. Ainsi, un dollar coûte-t-il plus cher qu’un franc Cfa, qui lui-même est plus cher qu’un GNF (franc guinéen). Pourtant, tous ces billets sont faits en papier, presque avec les mêmes matières.

Cet aspect fiduciaire du marché monétaire se transpose sur le marché de la consommation des œuvres de presse. Ainsi, une plume, un nom d’auteur est-il plus lu, plus respecté, plus crédible qu’un autre, qui l’est beaucoup plus qu’un autre encore. Et tutti quanti. On pourrait parler de coût de crédibilité, comparable au coût d’opportunité, pour un business à lancer.

La valeur d’un nom sur le marché de la presse écrite est mesurée par le client, ici le lecteur. La valeur est mesurée certes à travers les écrits mais aussi et surtout à travers l’engagement, la fidélité, la constance, le respect des principes édictés et défendus par le journaliste.

La presse écrite privée ivoirienne dans son ensemble a atteint un niveau fiduciaire tel que de nombreux clients prennent pour agent comptant tout (ou presque) ce qui est écrit par certains journaux, certains journalistes. Cette valeur se mesure à l’aune des transhumances politiques dénoncées, des retournements de vestes et des reniements de la parole donnée d’acteurs politiques critiqués, etc.

Si des acteurs politiques bien connus dans notre pays, n’ont plus aucune valeur, c’est bien parce que la presse écrite privée a, chaque fois, dénoncé leurs impostures, leurs inconstances, leurs duplicités.

Aujourd’hui, après que la presse écrite privée eut dénoncé les roublardises, elle se trouve sous les feux de la rampe de ses propres responsabilités et principes, savoir le respect de la parole écrite, des engagements pris, des signatures volontaires.

C’est la problématique du respect et de l’application de la convention collective interprofessionnelle.

C’est à ce niveau d’ailleurs que le lecteur attend les acteurs et les décideurs de la presse écrite privée. D’où le coût de crédibilité. D’où l’aspect fiduciaire des noms des différents signataires du document portant convention collective.

L’enjeu est grand. Puisque la situation est exactement comme celle de la crise ivoirienne. Les différents signataires de la convention collective interprofessionnelle peuvent-ils regarder droit dans les yeux du politique et lui demander de respecter son engagement vis-à-vis du 30 novembre 2009 (date théorique de l’élection présidentielle) en se dérobant devant l’échéance qu’eux-mêmes se sont librement fixés ? Les différents signataires peuvent-ils regarder droit dans les yeux de leurs lecteurs et continuer de dénoncer les politiques qui évoquent des conditions encore non réunies pour aller à l’élection présidentielle, alors qu’eux-mêmes brandissent d’autres conditions pour refuser d’assumer leurs engagements ?

Si donc le journaliste refuse de respecter ses propres principes, son nom d’auteur risque d’être dévalué vis-à-vis du lecteur. La conséquence immédiate sera la sanction du lecteur qui n’achètera plus le support dans lequel il signe.

Au demeurant, sur le plan des ressources humaines, les acteurs du microcosme de la presse écrite privée risquent de ne point être épargnées par les effets négatifs du non respect de la convention collective interprofessionnelle.

La motivation, c’est connu, est le secret du rendement. Il est de ce fait fort à craindre que les uns et les autres, las d’attendre le respect d’une promesse qui commence à devenir un sinueux poisson de mer, se laissent aller à la démotivation. Les conséquences dans ce cas, en terme de qualité et de volume de travail, sont aussi connues.

Sans compter les tensions sociales qui pourraient en découler.

En définitive, on a un journaliste démotivé face à un mirage, une corporation qui devient aigrie et nerveuse avec une nette inclination vers le bras de fer social, un client (le lecteur) frustré et se sentant abusé du fait du non respect de certains principes défendus par le journaliste, un lectorat dubitatif.

Tout est réuni pour un sinistre généralisé et plus étendu de la presse privée, à moyen terme, si ce n’est dans le court terme.

En conclusion, que perd la presse privée à appliquer et à respecter la convention collective interprofessionnelle ? Rien. Sinon la perte d’une relative marge bénéficiaire d’une catégorie d’acteurs du microcosme qui n’est rien face aux gains substantiels qui pourraient être tirés de la confiance redoublée du lecteur.

Par contre, que perd-on à ne pas respecter nos propres engagements ? Ici encore rien. Sinon une explosion sociale fort prévisible d’une autre catégorie d’acteurs et un désintérêt progressif incontestable du lecteur pour les supports de presse, incapables de respecter leurs propres engagements.

Mon opinion est que, certains acteurs ont certes peur de perdre certains privilèges parce qu’ils font une mauvaise lecture économique de la situation. Ils ont plutôt tout à gagner à appliquer la convention collective interprofessionnelle. Et rien à perdre ou presque.


André Silver Konan

Diplômé d’économie

Master Gestion des Ressources Humaines

Journaliste écrivain

 

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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 23:50

13è producteur mondial de café

L’information mérite d’être sue des Ivoiriens. La Côte d’Ivoire n’est plus la 4è productrice mondiale de café. Elle occupe désormais le 13è rang mondial. L’information est donnée par l’Organisation internationale du café (OIC). A titre d’exemple, le Vietnam qui était le 31è producteur en 1987 est depuis 2004, le 2è producteur mondial après le Brésil. En 1984, notre pays était le 4è producteur mondial avec 289.000 tonnes. En 2004, nous sommes 13è avec 105.000 tonnes. Comment en est-on arrivé là ? Devinez. Les refondateurs sont passés par là. Encore et toujours !

André Silver Konan

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 13:23

« On vous a trop volés !»

 

Bonjour parents planteurs de café et de cacao,

J’ai choisi aujourd’hui de m’adresser à vous après les derniers rebondissements qui plombent encore la marche normale de votre filière. En terme de derniers rebondissements, il s’agit plutôt de la dernière révélation qui a mis à nu les intrigues politiciennes qui maintiennent votre filière dans l’artisanat et vous même dans la pauvreté. En effet, le communiqué officiel du ministre de l’Agriculture Amadou Gon Coulibaly en date du mercredi 6 février a jeté un pavé dans la mare. « Instructions de monsieur le président de la république ». C’était bien l’objet du communiqué. Pour sa première intrusion dans le magma de l’or brun, le ministre de l’Agriculture, connu pour être au-dessus des contingences dans la filière café-cacao, n’a pas voulu endosser des responsabilités à lui imposées. Aussi, a-t-il décrété que « toutes les instances de gestion actuelles des structures suivantes : BCC, FRC, FDPCC, notamment leurs conseils d’administration et leurs bureaux restent en place jusqu’aux enquêtes en cours sur la filière sous l’égide du procureur de la république ». Le communiqué a insisté pour dire qu’ « il reste entendu que pour la BCC, le conseil d’administration et son bureau d’avant la crise au sein de cette structure restent en place ». Il est clair que le communiqué, sinon l’instruction de Laurent Gbagbo ne visait seulement qu’à réhabiliter Lucien Tapé Do qui avait été démis de son poste de président du conseil d’administration (PCA) de la Bourse café cacao (BCC) quelques jours plus tôt.

 

Parents planteurs de café-cacao,

Mon intervention de ce jour se situe dans un contexte de crise, je dirais de pagaille totale dans votre filière, pourtant locomotive de l’économie de la Côte d’Ivoire. Une pagaille à la limite scientifique instiguée par une intrusion mafieuse du politique dans votre filière pourtant libéralisée. Comment en est-on arrivé là ? Nous sommes en 2000. Laurent Gbagbo arrive au pouvoir, comme vous le savez, dans des conditions calamiteuses. Coup sur coup, Laurent Gbagbo met en place les structures. Bourse du café cacao (BCC), Fonds de développement et de promotion des activités des producteurs de café et de cacao (FDPCC), Fonds de garantie des coopératives café cacao (FGCCC), Fonds de régulation et de contrôle (FRC). L’Autorité de régulation du café et du cacao (ARCC). L’Association nationale des producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire (Anaproci) mise en place sous le régime militaire de Robert Guéi constitue un terreau où pêche le chef de l’Etat pour contrôler les nouvelles structures de la filière. La plupart des personnes qu’il positionne sont ses proches triées très souvent dans l’entourage régional ou immédiat. Angéline Kili, Lucien Tapé Do, Jean Bayou Bagnon, Placide Zoungrana…La réponse de Laurent Gbagbo de la libéralisation de la filière suite à la question liée à la liquidation de la Caisse de stabilisation (CAISTAB) est donc une erreur de gestion. La lourdeur de la structure qui a plombé le fonctionnement de la CAISTAB dans les deux décennies 80-90 n’a pas servi d’exemple au nouveau pouvoir. La multiplication des structures dont les missions pourtant claires en théorie s’enchevêtraient dans la pratique a été une erreur économique doublée d’un manque de vision stratégique. De fait, le fonctionnement des structures devenait plus budgétivore que celui de la défunte CAISTAB. A titre d’exemple, 55 FCFA et 7 FCFA sont prélevés sur chaque kilogramme de café et de cacao respectivement pour le FDPCC et la BCC pour constituer leur budget. Le nombre pléthorique des structures obéissait dès lors à une vision de récompense de copains et échappait à la vision préalable qui a prévalu à la « mort » de la CAISTAB à savoir redynamiser un secteur, pourtant essentiel.

 

Parents planteurs de café-cacao

L’erreur est venue de là. La faute aussi. Car les ponctions cumulées reversées comme ristournes pour le fonctionnement des innombrables structures avait une incidence lourde sur le prix d’achat au producteur. Conséquence : le kilogramme de café et de cacao n’a jamais été payé à 3.000 FCFA comme l’avait promis Laurent Gbagbo. Aujourd’hui, le prix d’achat varie en dents de scie sur le marché national avec une barre qui n’a jamais dépassé le quart du prix d’achat promis. A l’analyse, ce prix aurait pu être meilleur si le financement des structures ne pesait pas sur le prix d’achat bord champ des matières premières. Quand, l’Etat encaisse son Droit unique de sortie (DUS), quand les différentes ponctions sont faites pour financer les nombreuses structures de la filière dont on ne voit guère l’importance, quand des acheteurs de produit et des pisteurs-intermédiaires marrons se torchent avec les prix fixés par la BCC, il ne reste plus au petit producteur qui se trouve dans les zones de production de la nouvelle boucle du cacao que de se contenter de miettes.

 

Parents planteurs de café-cacao

Le système mis en place par Laurent Gbagbo est pire sinon au même niveau que celui discriminatoire voire esclavagiste du colon. Quand vous avez voulu prendre vos responsabilités en dégageant les copains qui se partageaient pour certains sans mérite (ils ne possèdent pas un seul pied de cacao) le fruit de votre labeur, le chef de l’Etat a exigé que le ministre de l’Agriculture les rétablisse. Il a demandé que vous attendiez tranquillement les résultats des enquêtes ouvertes par le procureur Raymond Tchimou qui vous le savez autant que moi, est le champion des enquêtes interminables.

La Côte d’Ivoire est le premier producteur de cacao au monde. Mais notre pays n’a aucune voix au chapitre au marché à terme de Londres. Cela veut dire que des gens qui n’ont jamais vu un grain de cacao ni été jamais piqué par une fourmi magnan sur un caféier sont ceux qui en même temps qu’ils fixent le prix de nos matières premières, les achètent. Voici le défi de votre génération. Celle d’être les décideurs sur le marché de Londres. Mais, vous ne devez pas vous méprendre. Ce n’est pas avec des analphabètes « aux grands chapeaux » ni avec des intellectuels aux compétences limitées que se relèvera ce défi. La guerre du cacao devra avoir lieu. Celle de l’uniformisation du prix a été menée par vos aînés, à savoir les pionniers du Syndicat agricole africain. Félix Houphouët Boigny a bravé le colon le 22 décembre 1932, en  rédigeant sous un pseudonyme, un article engagé intitulé « On nous a trop volés » qui paraît dans un éditorial socialiste publié en Côte d’Ivoire dénommé le « Trait d’union ». L’article a fait mouche. Et a été le déclencheur de la lutte pour l’uniformisation des prix aux producteurs qu’ils soient africains (indigènes) ou Européens.

 

Parents planteurs de café-cacao,

Cela fait 76 ans que le plus grand planteur de tous les temps en Côte d’Ivoire a lancé le cri du ralliement et de la rupture. Sa lutte a payé, à son temps. 76 ans après, votre condition de vie est demeurée en l’état. On vous a trop volés ! Vous le savez plus que moi. Il vous reste à vous mettre en route pour l’affirmation de votre responsabilité. Soit vous acceptez qu’un système abject et esclavagiste (des temps nouveaux) continue de vous maintenir dans la pauvreté, soit vous décidez, comme l’ont fait vos aînés en 1932, de crier votre holà pour vous mettre en demeure de reconquérir vos richesses spoliées. Chaque génération a un défi à relever. Le votre sera de vous rendre à vous-mêmes votre propre filière tant sur le plan interne qu’au niveau du marché international. Il vous reste à décider si vous allez être les acteurs de cette nouvelle histoire ou si vous allez continuer à regarder l’histoire se dérouler pour que les générations futures constatent, à votre grande honte, que vous n’avez pas été capables de prendre vos responsabilités. L’histoire vous regarde. Les Ivoiriens vous observent. Le monde entier vous attend. La balle est inexorablement dans votre camp.

 

André Silver Konan

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